Les repères

Les repères

Les programmes de philosophie des voies générale et technologique rattachent à l’étude des notions et des auteurs une liste fixe de « repères », identique pour les deux voies :

Absolu/relatif – Abstrait/concret – En acte/en puissance – Analyse/synthèse – Concept/
image/métaphore – Contingent/nécessaire – Croire/savoir – Essentiel/accidentel –
Exemple/preuve - Expliquer/comprendre – En fait/en droit – Formel/matériel – Genre/
espèce/individu – Hypothèse/conséquence/conclusion – Idéal/réel – Identité/égalité/
différence – Impossible/possible – Intuitif/discursif – Légal/légitime – Médiat/immédiat –
Objectif/subjectif/intersubjectif – Obligation/contrainte – Origine/fondement – Persuader/
convaincre – Principe/cause/fin – Public/privé – Ressemblance/analogie – Théorie/pratique
– Transcendant/immanent – Universel/général/particulier/singulier – Vrai/probable/certain.

L’enseignement de la philosophie en terminale repose sur l’étude de notions et s’adosse à la lecture d’œuvres des auteurs de la tradition. Dans ce contexte, les repères sont, conformément à leur définition nominale, des moyens de s’orienter dans les espaces notionnels ouverts par les auteurs de la tradition. De ce fait, est exclue une étude des repères qui les isolerait, en tant que tels, pour en faire l’objet de savoirs positifs déterminés. Le cours de philosophie n’égrène pas des définitions formelles et isolées de toute réalité. En revanche, les repères contribuent avec efficacité à l’affinement et à l’approfondissement des notions du programme, sur lesquelles ils portent un éclairage indispensable. Ils permettent donc, non seulement de problématiser les notions du programme, adossées à la lecture des textes, mais aussi de multiplier les perspectives selon lesquelles ces mêmes notions sont abordées.
L’examen des notions et l’étude des œuvres sont précisés et enrichis par des repères que le professeur sollicite dans la conduite de son enseignement. Explicitement formulés afin que les élèves se les approprient, les repères ne font en aucun cas l’objet d’un enseignement séparé ni ne constituent des parties de cours. Les repères prennent la forme de distinctions lexicales et conceptuelles qui, bien comprises, soutiennent la réflexion que l’élève construit pour traiter un problème. Leur caractère opératoire et leur usage ajusté à des situations déterminées d’étude et d’analyse interdisent de les réduire à des définitions figées. Les repères les plus fréquemment sollicités et les plus formateurs sont indiqués ci-dessous par ordre alphabétique.

À titre d’exemple :

• L’art : qu’est-ce que l’art abstrait ? y a-t-il de l’essentiel dans l’art ? l’art est-il simple intuition ? qu’est-ce qu’un idéal de l’art ? quels sont le principe et la fin de l’art ? Le goût est-il subjectif, objectif, intersubjectif ?
• La raison : quels sont les rôles de l’analyse et de la synthèse dans les processus démonstratifs ? raisonne-t-on sur des exemples ou sur des preuves ? qu’est-ce qui distingue raison théorique et raison pratique ? que sont un principe ou une fin ?
• Le temps : le temps est-il absolu ou relatif ? est-il intuitif ou discursif ? idéal ou réel ?subjectif ou objectif ?

Il ressort de ces exemples que les repères ne s’ajustent pas, pour certains, à telles notions, tandis que d’autres s’ajusteraient à telles autres notions. Toutes les notions du programme sont éclairées par un nombre significatif de repères, ceux-ci circulant parmi elles selon les exigences du cours et les perspectives choisies en toute responsabilité par le professeur.
Il ressort aussi du statut des repères que, s’ils ne peuvent servir à déterminer, en tant que tels, les intitulés de sujet de l’épreuve écrite de philosophie au baccalauréat, ils ne peuvent non plus manquer d’en inspirer les intitulés.

Ainsi, par exemple :

• Toute croyance est-elle nécessairement subjective ? ne peut pas constituer un intitulé de sujet pour le baccalauréat de philosophie, car ni « croire », ni « subjectif », ni « nécessaire » ne sont des notions au programme, mais seulement des repères ;
• En revanche : Toute croyance religieuse est-elle nécessairement subjective ? pourrait constituer un intitulé de sujet pour le baccalauréat de philosophie, car « la religion, sur quoi il porte, compte au nombre des notions du programme.

S’ils n’ont donc pas vocation à être étudiés en tant que tels, les repères ont vocation à enrichir le cheminement de la réflexion à travers les notions et les auteurs du programme et à permettre ainsi aux élèves, non seulement de s’orienter, comme au moyen de balises sémantiques, mais bien de se repérer dans des territoires naturellement étrangers à leur culture initiale.