La philosophie dans l’Académie de Créteil
Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

Conférences, colloques, séminaires Mars 2019

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A noter : pour certains événements, il faut s’inscrire et se munir de l’invitation quand cela est indiqué

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Lundi 18 mars 2019

Lundi 18 mars 2019

Centre Antique et médiéval
UFR de Philosophie
17, rue de la Sorbonne
75231 Paris Cedex 05

Actualités du scepticisme ancien

Programme :
14h : Richard Bett (Johns Hopkins University) : "The Modes in Sextus : Theory and Practice"
16h : Lorenzo Corti (Université de Lorraine) : "Scepticisme, croyance et doute chez les Pyrrhoniens"
Lieu : Salle de formation de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne

Lundi 18 mars 2019

Séminaire « Philosophies allemandes » – 2018-2019

18h00 à 20h00
Isabelle Aubert (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : « Quelles traces de Marx reste-t-il chez Habermas ? »

UFR de Philosophie - D007
17, rue de la Sorbonne
75231 Paris Cedex 05

Tél. : (33) 01 40 46 27 93
hiphimo-sorbonne@univ-paris1.fr

Les séances ont lieu à l’UFR de philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (17, rue de la Sorbonne, escalier C, 1erétage), en salle Halbwachs au premier semestre et en salle Cavaillès au second.

Mardi 19 mars 2019

Mardi 19 mars 2019


Formes de vies et expressivité Séminaire de recherche.

Alexandre Gefen et Sandra Laugier
De 17h30 à 19h30.
Maison de la recherche de Paris 3
4, rue des Irlandais 75005 Paris.
Séminaire ouvert à tous.

Mardi 19 mars, salle Claude Simon : introduction

Gestes, signes, plaintes, aveux, excuses ; projections imaginaires, vies ordinaires, récits d’extase ou de souffrance, quête de justesse et de perfection, cri de révolte ou de solidarité : l’ère démocratique a ouvert un espace d’expression personnelle et collective, impossible à délimiter mais toujours à investir. Enquêtes philosophiques et récits autobiographiques, ethnographies et mobilisations sociales, revendications partiales et quêtes introspectives participent d’une culture commune de l’expressivité et répondent à une même demande de maîtrise émotionnelle, d’éducation sémantique et de valorisation des singularités, spectaculaires ou minoritaires.

L’expressivité traverse les frontières de la description et de la performance, du social et du vital, dans une élucidation des formes de la vie humaine et de leurs diverses façons d’apparaître et de se transformer. Elle porte des valeurs et différences inédites, des personnes et groupes invisibles. Elle subvertit des divisions conceptuelles établies : action et passion, parole et écriture, liens forts et faibles, illocutoire-perlocutoirelocutoire, expertise et amateurisme, individuel et collectif, élitisme et populaire.

C’est ce territoire, autant littéraire et artistique que philosophique et éthique, où s’expose à la fois la confiance en soi de l’individu.e et sa fragilité, que nous voudrions explorer.

Contact : gefen@fabula.org

Jeudi 21 Mars 2019

Jeudi 21 mars 2019


Les jeudis de l’HPS 2018-2019

17:00 - 19:00
ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Cavaillès
Département de philosophie

Les Jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences, séminaire du département de philosophie, organisés par Lucie Fabry, Mathias Girel et Ange Pottin

Programme

  • Sezin Topçu (CEMS, CNRS-EHESS),
    Technosciences, pouvoirs et résistances (années 1970)
Jeudi 21 mars 2019

L’héritage philosophique de l’Antiquité à l’époque tardo-antique et médiévale
Séminaire dirigé par Anca Vasiliu

Ousia : essence ou substance ?

14h30-18h30, Sorbonne Université, Maison de la recherche, salle D040 (rdc)

  • Adrien Lecerf (Centre Léon-Robin, CNRS-Sorbonne Univ.) : Essence, puissance, activité dans l’Antiquité tardive
  • Izabela Jurasz (Centre Léon Robin, CNRS-Sorbonne Univ.) : La notion itya dans la pensée de Bardesane et son école

Vendredi 22 mars 2019

Vendredi 22 mars 2019

16h-19h

Atelier de traduction et d’étude des Manuscrits du groupe C de Husserl

Organisation : Dominique Pradelle et Claudia Serban
29 rue d’Ulm, salle 235B. (l’entrée du 29 rue d’Ulm se fait par le 24 rue Lhomond)

Les Manuscrits du groupe C de Husserl, rédigés entre 1929 et 1934 et édités par Dieter Lohmar en 2006 sous le titre Späte Texte über Zeitkonstitution (Textes tardifs sur la constitution du temps), représentent la dernière étape de la pensée husserlienne de la temporalité, qui commence à s’élaborer dans les Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps en 1905 à Göttingen et se poursuit, en 1917-1918, dans les fameux Manuscrits de Bernau (édités en 2001 et traduits en français en 2010). En même temps, par une variété et une richesse thématique qui peuvent parfois surprendre par leur éclectisme, les Manuscrits du groupe C offrent un aperçu particulièrement saisissant de la philosophie tardive de Husserl. Notre atelier, dont les travaux ont commencé en 2014-2015 et qui s’est poursuivi en 2016-2017 et 2017-2018, se propose de fournir une traduction collective intégrale de ce volume. Les séances donneront l’occasion à chaque participant de présenter sa traduction d’un texte précis et de la soumettre à la discussion. Elles sont ouvertes à tout chercheur s’intéressant à l’œuvre de Husserl comme à tout germaniste.

  • Carlos Lobo, présentation d’une partie du texte C 17

Samedi 23 mars 2019

Samedi 23 mars 2019

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
UMR 8103 ISJPS
PhiCo-EXeCO

Du sens et du sensible
Séminaire de recherche 2019 coordonné par Jocelyn Benoist (Paris 1, ISJPS, PhiCo-EXeCO) et Pauline Nadrigny (Paris 1, ISJPS, PhiCo-EXeCO)

La conjonction du sens et du sensible est apparemment inscrite dans les mots eux-mêmes « sens » et « sensible ». Et en effet, l’histoire de la philosophie semble traversée d’une double recherche : de faire porter à tout sensible un sens et, symétriquement, de rendre constitutivement sensible tout sens, ou en tout cas de lui trouver un correspondant sensible. D’un tel attelage risque, alternativement, de résulter une domestication du sensible et une adultération du sens. Le sens a-t-il à être sensible ? Peut-il l’être et en quel(s) sens ? Le sensible a-t-il à être, en lui-même, porteur de sens ? Et s’il peut l’être, s’identifie-t-il au(x) sens qu’il peut porter ? Telles seront, entre autres, les questions posées dans ce séminaire, déclinant les relations possibles du sens et du sensible tant dans l’ordre ontologique qu’épistémologique et esthétique, sans ignorer non plus la portée éthique et politique du problème. Le séminaire nourrira la réflexion philosophique par une attention particulière aux usages effectifs – « esthétiques » ou non – du sensible : que fait-on, aujourd’hui, que peut on, que doit-on faire, du sensible ?

10h30-12h30
(Centre Sorbonne, salle Cavaillès) :

Magali Bessone
(Paris 1, ISJPS, PhiCo-NoSoPhi)
« Maman, regarde le Nègre, j’ai peur ! » (Fanon) Du sensible au(x) sens des groupes racialisés

En raison des mesures de sécurité en vigueur, toute personne ne possédant ni carte professionnelle, ni carte d’étudiant d’une institution ancrée en Sorbonne doit s’inscrire plusieurs jours à l’avance à l’adresse : Philo-Recherche@univ-paris1.fr

Samedi 23 Mars 2019

Séminaire Wittgenstein 2018-2019 : formes logiques et formes de vie

Organisé par Christiane Chauviré, Pierre Fasula et Sandra Laugier
10h30-12h30
Lieu : Sorbonne, Université Paris 1, UFR de philosophie, 17, rue de la Sorbonne, Paris 5e, escalier C, 1erétage, droite, salle Lalande

Le séminaire porte depuis 2015 sur le concept de forme de vie qui se situe aujourd’hui au confluent de la philosophie de Wittgenstein et de la Théorie critique, du biopolitique, du pragmatisme et de l’anthropologie de la vie. Il s’agit d’explorer l’intrication du social (sens horizontal) et du biologique (sens vertical) dans les forms of life, et l’intégration de formes vitales (Lifeforms) dans les formes ordinaires du langage et de la vie.
En 2018-2019, le séminaire sera consacré à la relation entre formes logiques et formes de vie. Cela peut être compris comme une manière de replacer les premières dans les secondes, mais aussi d’évaluer le rôle des formes logiques et de raisonnement dans la forme de vie humaine.

Jean-Philippe Narboux (Université Bordeaux Montaigne)
« Négation et réactions naturelles chez Wittgenstein »

Renseignements et inscriptions : Pierre.Fasula@univ-paris1.fr

Samedi 23 Mars 2019

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103, CNRS-Paris 1)
Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne
de 10h45 à 12h45.
Sauf indication contraire, les séminaires se tiennent cette année dans la salle de formation de la bibliothèque de la Sorbonne.

Séminaire Hegel 2018-2019 animé par Jean-François Kervégan (Université Paris I et IUF) et Gilles Marmasse (Université de Poitiers)

Ce séminaire relève de l’Institut des sciences juridiques et philosophiques de la Sorbonne (UMR 8103) et de l’équipe d’accueil "Métaphysique allemande et philosophie pratique" (EA 2626, Université de Poitiers).

Page web du séminaire : http://nosophi.univ-paris1.fr/groupes/hegel.htm

David WITTMANN (Insa, Lyon) : Le rapport théorie/pratique et son évolution dans l’esprit subjectif

Lundi 25 mars 2019

Lundi 25 mars 2019

Les lundis de la philosophie
Voici le programme du séminaire pour le second semestre.
Toutes les séances ont lieu à l’ENS (45 rue d’Ulm) en salle Dussane, de 17h à 19h.

Jeanne-Marie Roux (Université Saint-Louis, Bruxelles) : La parole et la possibilité de la vérité

Lundi 25 mars 2019

La philosophie et ses autres
18h30-20h30
Salle Cavaillès

Organisateurs :
Vincent LEGEAY, Christian BONNET, Paul RATEAU

Centre d’histoire des philosophies modernes de la Sorbonne.

OBJECTIFS DUMINAIRE COMMUN :
Le Centre d’histoire des philosophies modernes de la Sorbonne regroupe des chercheurs qui ont en commun de tous pratiquer l’histoire de la philosophie, mais sur des sujets suffisamment variés pour que la question des méthodes mises en œuvre pour faire de l’histoire de la philosophie mérite d’être posée. L’objectif du séminaire est de créer la possibilité de ce questionnement, en organisant la rencontre, parfois inédite, de deux objets de recherche. Chaque séance comprendra deux interventions de trente minutes : celle d’un doctorant et celle d’un chercheur confirmé. La présence d’un « modérateur » est destinée à permettre d’engager une réflexion, avec l’aide des participants, sur les différentes manières dont un historien de la philosophie peut saisir ses objets et les constituer. En produisant des articulations théoriques entre des objets parfois thématiquement, mais également historiquement distincts, il s’agit d’éclairer l’histoire de la philosophie au travers de ses pratiques.

  • Marion Chottin : La philosophie à l’épreuve de la cécité. Vers la nuit de John Hull.
  • Pierre Brossard : Bayle et Voltaire, l’histoire au crible de la raison.

Mardi 26 mars 2019

Mardi 26mars 2019

Séminaire "Fictions et Economie au Siècle des Lumières"
Si la littérature, sous la forme du roman, du théâtre ou de la fable, peut instruire l’économie, elle vient aussi, sous celle de la fiction, et à l’intérieur même des textes économiques les plus classiques, donner à penser ce que la rationalité discursive peine, voire échoue à appréhender. Telle est l’idée au point de départ de ce séminaire ouvert à tous, qui accueillera, à chaque séance, deux chercheurs invités à présenter et à discuter l’un ou l’autre de ces deux aspects de l’articulation entre littérature et économie.


Les séances ont lieu de 18 h 30 à 20 h 30, salle Cavaillès, 17 rue de la Sorbonne ( escalier C, 1) étage), accès par RER Luxembourg, Métro Saint Michel ou Odéon, 27, 21, 84, 89 et 38.

Séminaire coordonné par : Marion CHOTTIN ; Claire PIGNOL ; Élise SULTAN

Courriels de l’équipe organisatrice :

  • marion.chottin@ens-lyon.fr
  • claire.pignol@univ-paris1.fr
  • amsoline@hotmail.com

Slaven Waelti (Enseignant-chercheur, post-doctorant, Université de Bâle)
"Fiction littéraire et dématérialisation de la monnaie : le prix (secret) de l’argent dans les Lettres persanes"

Mercredi 27 mars 2019

Mercredi 27 mars 2019

Séminaire CIPh Printemps 2019 (27 mars - 12 juin)
Formes de « Nous ». Y a-t-il des individus isolés ? par Marc Pavlopoulos.

Un des traits saillants de notre début de 21è siècle serait l’effacement des collectifs.
L’idéologie néolibérale célèbre l’individu roi, unique et souverain artisan de son destin, tandis qu’une certaine critique sociale brosse le portrait d’un individu tragiquement isolé face à des dispositifs sociaux, économiques et politiques de domination qui le broient.
Si elles divergent dans leur conclusion, ces deux analyses partent d’une même prémisse : le sujet contemporain serait seul face à lui-même et face au pouvoir (l’Etat, la Nation « l’Empire »). L’effacement des « corps intermédiaires » (syndicats, associations, partis politiques, églises, etc.) expliquerait la résurgence très actuelle de régimes autoritaires voire fascisants. Une pensée « de gauche » bon teint sonne alors le tocsin, en appelant sur un ton de Cassandre à construire du collectif, du « lien social », là où il n’y en aurait plus. Mais cet appel est abstrait, incantatoire et vain. On ne peut construire qu’à partir des pratiques effectives, qu’il convient avant toute chose d’examiner de manière critique. Cet examen conduit à mettre en question le postulat de départ : le collectif n’a peut-être pas autant disparu qu’on voudrait le croire.
Dans ce semestre conclusif, des chercheuses et chercheurs venant de multiples horizons analyseront des façons de dire et de faire « nous », dans différents champs de l’activité humaine et sociale (au travail, en politique, en art notamment). Faut-il choisir entre faire nous et dire « je » ? Suffit-il de partager une activité pour faire partie d’un « nous » ? Le collectif s’oppose-t-il au sujet individuel ou au contraire le soutient-il, voire le précède-t-il, y compris quand plus personne ne dit « nous » ? Peut-on ne pas penser de manière collective, ne pas penser à la première personne dite du pluriel ? Etc. La solitude du sujet néolibéral pourrait n’être que l’effet certes très réel, mais surdéterminé et somme toute bien fragile, d’un complexe d’idées fausses. Partant d’une analyse à plusieurs voix de diverses formes de « nous », nous tenterons de dégager des lignes théoriques permettant de fracturer ce complexe.

Modalités pratiques

Les séances auront lieu le mercredi 18h30-20h30 en salle Germaine Tillon au MESR, 25 rue
de la Montagne de la Montagne Sainte Geneviève 75005 Paris, métro Maubert-Mutalité ligne
10 ou Luxembourg RER B.


ATTENTION. Une inscription préalable est nécessaire pour accéder au site du MESR
Sur www.ciph.org rubrique « activités » ; ou par téléphone (répondeur) au 01 44 41 46 80 ou 01 44 41 46 82 (laisser un message avec vos nom, prénom, coordonnées téléphoniques, mon nom (Marc Pavlopoulos) et la date de la séance).
Les inscriptions seront ouvertes courant février 19 et closes le jour de la séance concernée à
10h.
Vous pouvez vous inscrire pour plusieurs, voire pour toutes les séances en une seule fois.
Une pièce d’identité vous sera demandée à l’entrée du MESR.
Il est recommandé d’arriver 10 à 15 minutes à l’avance du fait des contrôles de sécurité.

  • Judith Revel, Université Paris Nanterre / Sophiapol :
    « Nous, condition de possibilité ou effet des pratiques ? »

Jeudi 28 mars 2019

Jeudi 28 mars 2019


Les jeudis de l’HPS 2018-2019

17:00 - 19:00
ENS, 45 rue d’Ulm, Salle Cavaillès
Département de philosophie

Les Jeudis de l’histoire et de la philosophie des sciences, séminaire du département de philosophie, organisés par Lucie Fabry, Mathias Girel et Ange Pottin

Programme

  • Andreas Mayer Centre Alexandre Koyré, CNRS-EHESS-MNHN),
    Comment écrire l’histoire des sciences du psychisme ?
Jeudi 28 mars 2019

17h-19h, Salle de lecture de NoSoPhi

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103, CNRS-Paris 1)
Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne

Séminaire « Raison(s) pratique(s) »

Organisé par Élodie Djordjevic, Jean-François Kervégan, Jamila Mascat et Sabina Tortorella,
avec le soutien de l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103)


Franck FISCHBACH (Université de Strasbourg), « Quelle norme pour la critique ? Réflexions à partir de Hegel, des jeunes-hégéliens et de Marx ».

Argumentaire

Le vocabulaire de la norme et de la normativité connaît aujourd’hui une faveur croissante. Plus avant, par delà le simple usage de termes d’ailleurs susceptibles de recevoir des acceptions fort distinctes, les enjeux et interrogations soulevés par la normativité, son statut, la manière dont il faut la comprendre et dont elle peut s’effectuer, sont massivement présents, notamment dans le champ académique et les différentes disciplines qui le composent, notamment dans les domaines du droit, de la philosophie, des sciences humaines et sociales.

Dans ce contexte, certains auteurs de la philosophie classique allemande ont fait l’objet d’un intérêt renouvelé et l’on connaît, à cet égard, la fortune de la philosophie habermassienne, dans la reprise et les transformations qu’elle opère avec la pensée kantienne. De même, l’idéalisme allemand a connu, à partir de la fin des années 1970, une certaine renaissance dans le cadre du projet de la Rehabilitierung der praktischen Philosophie. Depuis plusieurs décennies, la fécondité de la pensée hégélienne a été mise en lumière, notamment s’agissant des enjeux soulevés par les questions attenantes à la normativité pratique. Grâce aux travaux de L. Siep et d’A. Honneth – et d’A. Kojève avant eux –, le thème de la reconnaissance s’est ainsi imposé au cœur des débats contemporains en philosophies politique, sociale et du droit, inaugurant à l’échelle internationale une voie de réflexion riche et fructueuse (Ch. Taylor, J. Habermas, A. Honneth, N. Fraser, P. Markell, F. Neuhouser, E. Renault, F. Fischbach, J.-Ph. Deranty). Longtemps rejetée par la philosophie dite “analytique”, la philosophie hégélienne – et singulièrement sa “philosophie pratique” – est en outre désormais régulièrement convoquée par des auteurs issus de cette tradition comme une pensée d’intérêt pour penser le droit, les rapports sociaux, le monde social et la normativité qui y est à l’œuvre. Ainsi a-t-on pu parler d’un « Hegel Revival » (P. Redding) qui a notamment conduit à déceler une théorie de l’« agentivité » (agency) chez le philosophe sans doute le plus connu de l’idéalisme allemand, duquel on propose d’ailleurs volontiers des lectures « pragmatistes » (R. Pippin, T. Pinkard). S’il s’agit là d’usages, comme d’ailleurs de méthodes d’interprétation et de lecture, très différents, il semble toutefois que ces divers recours soulignent la fécondité que la contemporanéité reconnaît à la philosophie de Kant et des auteurs de l’idéalisme allemand pour penser des objets qui n’étaient pas toujours immédiatement les leurs, par delà, donc, le travail exégétique ou historique qui peut être fait sur ces pensées.

Toutefois, ces recours à certains aspects de la philosophie pratique kantienne et/ou des philosophes de l’idéalisme allemand ne vont la plupart du temps pas sans une certaine renonciation – voire un abandon et un rejet radicaux – de la conception de la raison qui semble pourtant au cœur de ces pensées et, peut-être, du tournant philosophique qu’elles constituent : celle d’une raison qui, comprise comme faculté de l’universel, a fondamentalement une vocation pratique. Si l’on peut en effet tenir que l’idée d’un primat de la raison pratique est l’un des traits qui caractérise les pensées qui, assumant le tournant critique kantien, peuvent être regroupées sous le nom d’« idéalisme allemand », c’est précisément les thèses les plus fortes sur la raison et la rationalité qui semblent être mises de côté par beaucoup des « réactualisations » contemporaines qui en sont faites, soit que la raison alors mobilisée soit jugée métaphysiquement trop « lourde », soit que l’histoire du dernier siècle ait conduit à la remise en cause d’un certain optimisme ou d’une certaine idée du progrès attachés à la conception de la raison liée à l’Aufklärung. C’est ainsi à un scepticisme de la raison que semble conduire dans son mouvement le tournant post-métaphysique, de telle sorte encore qu’on a pu dire de la raison moderne qu’elle connaissait une véritable « crise ». De cette « crise », il s’agit de mesurer les conséquences s’agissant de la pratique elle-même comme de sa saisie rationnelle. Se confronter à cette crise, est-ce nécessairement renoncer à la raison en un sens plein, c’est-à-dire une raison qui ne soit précisément pas réductible aux raisons (de l’agent) sur lesquelles semble essentiellement se concentrer, notamment, la philosophie contemporaine de l’action ? La crise de la raison moderne doit-elle conduire à reléguer la saisie de la pratique et la position de sa critique à de simples raisons, toujours ultimement particulières ? Autrement dit conduit-elle à renoncer, en matière pratique, à l’exigence de l’universel : de renoncer à quelque chose comme une raison pratique à la faveur de simples raisons ? Serions-nous alors acculés à l’alternative dont les deux branches seraient constituées, s’agissant des normes, au fait de les reléguer à l’irrationnel ou bien de les faire dépendre d’un simple espace logique des raisons ?

Mais s’il est vrai que la crise est ce qui doit conduire à « revenir aux questions elles-mêmes et requiert de nous des réponses » (H. Arendt), ne faut-il pas plutôt voir en celle que connaîtrait la raison une invitation à reprendre les investigations sur cette raison elle-même et sur la conception que, dans son lien intime avec la pratique, les penseurs de l’idéalisme allemand ont pu en proposer ? En effet, en rejetant, sans plus de procès, la conception de la raison telle que la détermine, à la suite de Kant, l’idéalisme allemand et à laquelle semblent au moins pour part liées ses thèses pratiques les plus fortes, ne renonce-t-on pas par là même à ce qui en constitue peut-être la grande fécondité pour notre contemporanéité, dans la mesure où de cette raison procèderait à la fois les moyens de la critique, de l’action et de transformation du réel ? Ne peut-on plus sans absurdité se revendiquer, pour paraphraser et en renversant Gramsci, de l’optimisme de la raison pratique ?

Tels sont certains des enjeux et questions que le séminaire « Raison(s) pratique(s) » souhaiterait aborder, en faisant dialoguer des traditions possiblement distinctes, mais qui semblent toutefois animées par des problèmes et des enjeux sans doute moins éloignés qu’ils ne peuvent d’abord paraître.

Vendredi 29 mars 2019

Vendredi 29 mars 2019

14h30-17h30

Cycle de conférences Léon-Robin : la question de l’âme chez Platon et dans la tradition platonicienne II

Univ. Paris-Sorbonne, Maison de la Recherche, salle D116
Catherine Darbo-Peschanski (Centre Léon Robin) : "La question des lieux de l’âme à la lumière de celle des lieux affectés : Galien lecteur de Platon et de sa tradition"
Répondant : Julien Devinant

Vendredi 29 mars 2019

Le séminaire Transferts culturels se poursuit cette année 2018-2019 avec la présentation de chantiers récents ou en cours dans le domaine de l’histoire transnationale (histoire culturelle et histoire des sciences et des savoirs) Les séances sont ouvertes aux collègues et étudiants intéressés. Attention, les salles varient selon les séances, comme précisé dans le programme.

L’entrée est libre : il n’est pas nécessaire d’être inscrit pour assister aux séances, sauf dans l’optique d’une validation.
Les séances ont lieu en français, allemand ou anglais.

Lieu et horaires :
Le vendredi de 9h30 à 12h30, alternativement au 29, au 45 et au 46 rue d’Ulm. Attention aux variations ! voir programme ci-dessous. NB. L’accès au 29 rue d’Ulm se fait par le 24 rue Lhomond.
Pour l’année 2018-2019 les dates sont les suivantes :
5 octobre • 12 octobre • 9 novembre • 30 novembre • 14 décembre • 12 janvier • 1 février • 15 février • 15 mars • 29 mars • 12 avril • 10 mai • 24 mai

Contact : michel.espagne@ens.fr, pascale.rabault@ens.fr

Philosophie européenne, philosophie africaine : quelles relations ?

  • Migrations, circulations : modèles et échelles d’analyse
    Salle 235B, 29 rue d’Ulm

Claire Zalc (Paris) : Essai de microhistoire globale : trajectoires migratoires et trajectoires de persécution d’un groupe de Juifs polonais dans le premier vingtième siècle

Il s’agit de présenter un projet en cours, qui vise à reconstituer dans une démarche qui croise prosopographie, approche nominative et analyses de trajectoires, les parcours de l’ensemble des Juifs présents dans un shtetl en Pologne, du début des années 1920 au milieu des années 1950. Si ce projet s’inspire d’une approche transnationale du phénomène migratoire, il y adjoint l’étude de ceux qui restent en Pologne, ceux qui y sont assassinés, et ceux qui, parfois, survivent à la Shoah. Penser autrement dit ensemble migration et persécution, mais en reconstituant des parcours individuels, afin de comprendre comment on peut expliquer les comportements d’émigration, leurs scansions chronologiques et les conséquences sociales, économiques mais ici aussi bien souvent vitales. Le projet étant à ses débuts, la présentation consistera à en présenter les principales lignes historiographiques directrices et quelques perspectives qui se dessinent.


Adèle Sutre (Paris) : Du parcours du monde à son invention : approche géohistorique des circulations tsiganes à travers le monde (1880-1950)

À la fin du XIXe siècle, quelques groupes tsiganes quittent l’Europe et s’embarquent vers de nouveaux continents. Au cours de la première moitié du XXe siècle, ils parcourent le monde et acquièrent une grande maîtrise de la circulation internationale. Cette étude ne concerne qu’une minorité parmi les populations dites « tsiganes » et l’absence de données quantitatives précises induit une* démarche qualitative. Dans cette perspective, il s’agit d’analyser les modalités de circulation d’un petit groupe d’individus à l’échelle mondiale et de saisir, au-delà des mécanismes qui permettent de comprendre une telle mobilité, la façon dont ces groupes s’inscrivent localement dans les territoires et élaborent leur propre grille de lecture du monde.
Faire l’histoire de parcours familiaux à travers le monde soulève un certain nombre de questions méthodologiques sur lesquelles nous nous pencherons. Au-delà d’un simple parcours du monde, ces circulations participent à son invention. Tout d’abord, les familles tsiganes élaborent leur propre cartographie du monde. Mais elles participent également à la transformation des espaces parcourus et habités en s’inscrivant dans le paysage urbain et rural et, par-là, dans des identités spatiales en constante recomposition.

Vendredi 29 mars 2019

17h-19h
Salle NoSoPhi

Séminaire « Pratiques extra-philosophiques de la philosophie. Dialogues autour d’A. Kojève » : « Philosophie et politique : qu’est-ce que l’autorité ? ».

Séminaire du Collège International de Philosophe, organisé et animé par Jamila Mascat et Sabina Tortorella - en partenariat avec l’Istituto Italiano per gli Studi Filosofici de Naples Programme et informations complets


Intervenants : Massimo PALMA (Université Suor Orsola Benincasa) et Hager WESLATI (Kingston University London).

À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort en 1968, ce projet propose une relecture sélective des œuvres du Kojève de la maturité autour de sept axes thématiques : le droit, le pouvoir, l’économie, l’histoire, l’esthétique, la psychanalyse et, finalement, la science.

Dans le but de rendre hommage aux travaux de cet intellectuel éclectique et versatile qui a traversé plusieurs domaines de la connaissance, cette recherche trouve son point de départ dans le constat de la disparition de Kojève de la scène philosophique et académique contemporaine.

Après les célèbres leçons sur la Phénoménologie de l’esprit livrées à l’École pratique des hautes études dans les années 1930, leçons qui ont inauguré un tournant crucial dans la réception française de Hegel et déterminé la renommée de Kojève au sein du débat philosophique de l’époque, il convient de relever un manque d’intérêt à l’égard de la pensée élaborée par le philosophe russe dans les décennies suivantes.

La publication des œuvres tardives de Kojève au cours des années 2000, notamment en France et en Italie (Kojève 2002 ; 2004a ; 2004b ; 2005 ; 2010a ; 2010b ; 2017a ; 2017b), n’a pas coïncidé, comme on aurait pu l’espérer, avec une véritable reprise des études kojèviennes à l’exception de quelques contributions significatives (Vegetti 2005 ; Filoni 2011 ; Lussy 2014 ; Pirotte 2015).

Ce constat va de pair avec deux autres remarques. En premier lieu, force est de déceler que Kojève a toujours été considéré surtout en tant que lecteur et interprète de Hegel et que l’attention portée à sa pensée, indépendamment de son commentaire à la Phénoménologie hégélienne, n’a pas encore fait l’objet d’une mise en perspective cohérente. Par ailleurs, et comme le remarque Jean-François Kérvégan, « l’image convenue d’un Kojève commentateur subtil et imprudent de la Phénoménologie de l’esprit a longtemps masqué l’audace et la profonde originalité » de toute son œuvre.

A l’encontre de cette tradition, ce projet ne vise à aborder que les textes kojèviens de la maturité qui demeurent très peu débattus. Il s’agira ainsi de se pencher sur les écrits rédigés par Kojève au cours de l’Après-guerre, au moment où il commence à travailler en tant que conseiller au service du Ministère de l’Economie et des Finances et lorsque son regard s’éloigne de Hegel pour se tourner vers les enjeux du temps présent. Par voie de conséquence, on s’intéressera particulièrement à analyser les transformations qui traversent sa manière de concevoir la philosophie ainsi que le rapport de sa philosophie à d’autres objets de réflexion tels que le droit, le pouvoir, le futur de l’Europe, le nouvel ordre mondial, l’esthétique, le cours de l’histoire et les tâches de la spéculation.

Le propos de cette recherche est d’aborder la philosophie de Kojève sous le prisme de son lien avec l’actualité de son temps. Cela étant, saisir la pensée de Kojève au-delà de Hegel permettra au séminaire de s’adresser à un public plus vaste que le cercle des spécialistes hégéliens ainsi que de présenter le travail intellectuel de ce penseur, « classique méconnu » comme l’observe Marco Filoni, sous un nouveau jour : au lieu de considérer Kojève uniquement en tant que commentateur de l’histoire de la philosophie, il s’agira de mettre en valeur sa réflexion originale qui se dessine face aux événements de l’époque, qui dépasse les frontières des disciplines et qui se développe à travers un dialogue continu avec ses contemporains, de Schmitt à Weil, de Kandinsky à Strauss.

Le projet vise également à développer et à compléter une recherche en cours d’élaboration portant sur des écrits inédits du Kojève de la maturité, en vue d’une prochaine publication. Il s’agit notamment de manuscrits archivés dans le « Fonds Kojève » auprès de la Bibliothèque nationale de France (Site Richelieu) qui pourront ainsi faire l’objet d’une discussion publique.


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