La philosophie dans l’Académie de Créteil
Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

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Programme d’enseignement de spécialité d’humanités, littérature et philosophie de première générale BO
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Préambule

L’enseignement de spécialité d’humanités, littérature et philosophie vise à procurer aux élèves de première et de terminale une solide formation générale dans le domaine des lettres, de la philosophie et des sciences humaines. Réunissant des disciplines à la fois différentes et fortement liées, il leur propose une approche nouvelle de grandes questions de culture et une initiation à une réflexion personnelle sur ces questions, nourrie par la rencontre et la fréquentation d’œuvres d’intérêt majeur. Il développe l’ensemble des compétences relatives à la lecture, à l’interprétation des œuvres et des textes, à l’expression et à l’analyse de problèmes et d’objets complexes.
Comme tous les enseignements, cette spécialité contribue au développement des compétences orales à travers notamment la pratique de l’argumentation. Celle-ci conduit à préciser sa pensée et à expliciter son raisonnement de manière à convaincre. Elle permet à chacun de faire évoluer sa pensée, jusqu’à la remettre en cause si nécessaire, pour accéder progressivement à la vérité par la preuve. Si ces considérations sont valables pour tous les élèves, elles prennent un relief particulier pour ceux qui choisiront de poursuivre cet enseignement de spécialité en terminale et qui ont à préparer l’épreuve orale terminale du baccalauréat. Il convient que les travaux proposés aux élèves y contribuent dès la classe de
première.
Cette formation s’adresse à tous les élèves désireux d’acquérir une culture humaniste qui leur permettra de réfléchir sur les questions contemporaines dans une perspective élargie. Avec une pluralité d’aspects, et en prise directe sur un certain nombre d’enjeux de société, cette formation constituera un précieux apport pour des études axées sur les sciences, les arts, les lettres, la philosophie, le droit, l’économie et la gestion, les sciences politiques, la médecine et les professions de santé. Elle sera particulièrement recommandée aux élèves souhaitant s’engager dans les carrières de l’enseignement et de la recherche en lettres et sciences humaines, de la culture et de la communication. Les contenus d’enseignement se répartissent en quatre semestres, chacun centré sur une grande dimension de la culture humaniste, donc sur l’un des objets des études rassemblées sous le nom d’humanités. Ce sont :

1) la parole, ses pouvoirs, ses fonctions et ses usages ;
2) les diverses manières de se représenter le monde et de comprendre les sociétés humaines ;
3) la relation des êtres humains à eux-mêmes et la question du moi ;
4) l’interrogation de l’Humanité sur son histoire, sur ses expériences caractéristiques et sur son devenir.
L’approche de ces questions s’effectue, pour chaque semestre, en relation privilégiée avec une période distincte dans l’histoire de la culture :

1) de l’Antiquité à l’Âge classique ;
2) Renaissance, Âge classique, Lumières ;
3) du romantisme au XXe siècle ;
4) époque contemporaine (XXeXXIe siècles).

Cet ancrage historique ne doit pas exclure d’autres approches. On travaillera à approfondir les problématiques développées au cours de la période de référence en les comparant à des problématiques plus anciennes ou plus récentes. Cette comparaison, pratiquée à travers l’étude d’œuvres et de textes significatifs (œuvres littéraires, artistiques, philosophiques, œuvres intégrales ou extraits), permettra aux élèves tout à la fois de développer leur conscience historique, d’affiner leur jugement critique et d’enrichir leur approche des grands problèmes d’aujourd’hui.
Pour chaque semestre, l’intitulé général se décline en trois entrées qui correspondent à une grande subdivision de la thématique considérée. Il en résulte le tableau suivant :

  • Première, semestre 1
    Les pouvoirs de la parole
    Période de référence : De l’Antiquité à l’Âge classique
    L’art de la parole
    L’autorité de la parole
    Les séductions de la parole
  • Première, semestre 2
    Les représentations du monde
    Période de référence : Renaissance, Âge classique, Lumières
    Découverte du monde et pluralité
    des cultures
    Décrire, figurer, imaginer
    L’homme et l’animal
  • Terminale, semestre 1
    La recherche de soi
    Période de référence : Du romantisme au XXe siècle
    Éducation, transmission et émancipation
    Les expressions de la sensibilité
    Les métamorphoses du moi
  • Terminale, semestre 2
    L’Humanité en question
    Période de référence : Période contemporaine (XXe-XXIe siècles)
    Création, continuités et ruptures
    Histoire et violence
    L’humain et ses limites

Aucune de ces entrées n’est spécifiquement « littéraire » ou « philosophique ». Chacune d’entre elles se prête à une approche croisée, impliquant une concertation et une coopération effectives entre les professeurs en charge de cet enseignement qui doit être assuré à parts égales sur chaque année du cycle.
Chaque thème est abordé à partir de textes littéraires et philosophiques français ou traduits en français, choisis comme particulièrement représentatifs de la problématique concernée. À cette fin, la présentation de chacun de ces thèmes s’accompagne d’une bibliographie indicative comprenant des œuvres intégrales et des parties d’œuvres. Cette bibliographie est fournie à titre d’illustration, et ne prédétermine en aucun cas le choix des textes proposés dans le cadre des épreuves du baccalauréat. Les professeurs en charge de cette formation construisent leur propre itinéraire en s’appuyant sur les textes de leur choix.

Programme

Semestre 1 : les pouvoirs de la parole

La première partie de l’enseignement a pour objet le rôle du langage et de la parole dans les sociétés humaines. Elle porte sur :

 les arts et les techniques qui visent à la maîtrise de la parole publique dans des contextes variés, notamment judiciaires et politiques, artistiques et intellectuels ;
 les formes de pouvoir et d’autorité associées à la parole sous ses formes diverses ;
 la variété de ses effets : persuader, plaire et émouvoir.

Cette étude s’appuie sur une période de référence qui permet de mettre au jour les liens entre l’Antiquité et l’Âge classique. De l’aède grec récitant Homère de cité en cité à l’éloquence de la chaire, de la scène ou même de la conversation classiques, en passant par les disputes des universités médiévales ou les orateurs qui s’adressèrent à l’Assemblée athénienne ou au Sénat romain, ces périodes offrent le contexte et les œuvres dans lesquels l’art de la parole a trouvé un développement particulier..
Nourri par la découverte d’œuvres et de discours principalement issus de la période de référence, cet enseignement a en particulier pour objectif d’apprendre à :

 repérer, apprécier et analyser les procédés et les effets de l’art de la parole ;
 mettre en œuvre soi-même ces procédés et ces effets dans le cadre d’expressions écrites et orales bien construites ;
 mesurer les questions et les conflits de valeurs que l’art de la parole a suscités.

L’enseignement se distribue en trois volets ou selon trois axes, portant respectivement sur l’art de la parole, l’autorité de la parole et les séductions de la parole.

 L’art de la parole
La constitution de la rhétorique, art réglé de la parole et de l’éloquence, forme le premier axe d’étude. Celui-ci permet d’aborder les différents aspects et les divisions classiques de la rhétorique, les genres de discours et les parties du discours, ainsi que les qualités et la culture de l’orateur. L’héritage de la rhétorique antique dans l’esthétique de l’Âge classique, qui a pu être appelé L’Âge de l’éloquence, constitue un axe d’étude aisément identifiable.
L’étude prend en compte la diversité des situations de prise de parole (débats publics en assemblée, procès, cérémonies…) et celle des formes littéraires qui s’y rattachent (poèmes sacrés et profanes, discours écrits, dialogues…), ainsi que la spécificité des contextes historiques, sociaux et institutionnels dans lesquels ces savoirs et techniques se sont développés et transmis.
Les différences et les relations entre parole et écriture sont également prises en considération.

 L’autorité de la parole
Les formes d’autorité associées à l’exercice de la parole constituent le deuxième axe de ce thème.
En Grèce ancienne, le poète invoquant la Muse apparaît comme premier maître de vérité et garant de la mémoire. Sont également étudiées les autres formes de la parole autorisée qui se sont développées dans la période de référence : parole politique, religieuse, savante, didactique… L’attention est portée sur la façon dont chacune établit et manifeste la forme d’autorité qu’elle revendique, sur les principes et les valeurs qu’elle invoque pour ce faire, et sur les stratégies qu’elle privilégie.

Au-delà du cadre antique, médiéval et classique, cette étude peut se prolonger dans une réflexion sur les règles auxquelles est soumise la parole publique sous ses diverses formes, sur les codes sociaux qui régissent les différentes sortes de communication, et sur les rapports entre la parole et l’action.

 Les séductions de la parole
Les effets de la parole, son pouvoir de plaire, de séduire et d’émouvoir constituent le troisième axe de ce chapitre.
Ces effets sont étudiés en premier lieu à partir des corpus poétiques, rhétoriques et philosophiques des périodes de référence. Cette étude a notamment pour objets :

 la parole poétique ; la mise en scène de la parole et sa relation avec les autres arts ; les procédés de fiction (fable, parabole, allégorie…) ;
 les valeurs du véridique, du sincère et de l’authentique dans la communication verbale ; la parole séductrice et les procédés d’emprise ; l’amour et ses déclarations.
Les séductions de la parole ont été dès l’Antiquité un objet de polémique. Le poète et le dramaturge ont mis en scène, parfois sur le mode de la satire, l’orateur et le philosophe ; le philosophe a fait à l’orateur et au poète un procès en sophistique et en mensonge. L’étude de ces arguments et de ces représentations fournit aux élèves de première l’occasion d’aborder la philosophie dans ses relations d’emblée complexes avec les arts du langage. Si l’étude des pouvoirs de la parole doit s’appuyer principalement sur des textes antiques, classiques et médiévaux, elle peut s’enrichir de références comparatives à d’autres sociétés et cultures que celles qui ont constitué et recueilli l’héritage gréco-latin. Moyennant l’usage de certains textes et documents d’époques ultérieures, elle engage à une mise en perspective de l’héritage antique et médiéval et à une réflexion sur sa transmission jusqu’à notre époque.

Semestre 2 : les représentations du monde

La seconde partie du programme de première est articulée à la période qui s’étend de la Renaissance aux Lumières (XVe siècle - XVIIIe siècle). Cette période commence avec le développement des idées humanistes et la découverte de « nouveaux mondes » ; elle est aussi marquée par une série de révolutions dans les sciences et les techniques. Ces bouleversements sont inséparables de mutations dans l’économie, dans les sociétés politiques, dans les formes artistiques et littéraires, dans les esprits et dans les mœurs. C’est à la variation et à la transformation des représentations du monde (de la terre habitée comme du cosmos) que cette partie est consacrée. Elle est abordée par trois entrées, qui peuvent se recouper en pratique :
Découverte du monde et pluralité des cultures ; Décrire, figurer, imaginer ; L’homme et l’animal. Sans être propres à la période de référence, ces thématiques y trouvent une expression particulièrement riche.

Découverte du monde et pluralité des cultures
Avec la redécouverte de la culture antique et la crise religieuse, deux sortes de bouleversements ont marqué la culture européenne dans la période de référence : la découverte de nouvelles terres ; le changement des dimensions du monde, lié à la révolution astronomique et à l’invention des instruments d’optique. De même que la cruauté des guerres de religion, la violence des conquêtes lointaines a provoqué une crise de conscience et suscité un nouveau regard critique sur les sociétés européennes. Simultanément, le passage de l’image médiévale d’un monde clos et ordonné à celle d’un espace ouvert, voire infini, a impliqué une remise en question de la place de l’homme dans l’univers, et l’émergence de nouveaux systèmes métaphysiques.

Les échos de ces mutations ont été démultipliés par la nouvelle production et diffusion d’ouvrages imprimés, et portés par toute une variété de textes et d’œuvres : mémoires sur les conquêtes et les colonisations, récits de voyages, fictions d’îles désertes ou de voyages intersidéraux, introduction de l’exotisme dans l’art, mises en scène de la rencontre avec des représentants de cultures lointaines, traités sur les mœurs des peuples et sur l’histoire du genre humain, essais de critique sociale et politique.
C’est dans ce répertoire que les professeurs choisissent les textes à étudier, en ménageant à la fois la relation et la distance entre les interrogations de cette période et celles d’aujourd’hui.

Décrire, figurer, imaginer
Sous un second aspect, on s’intéresse aux formes que la représentation du monde et des choses du monde a prises au cours de la période considérée, dans les sciences et la philosophie comme dans les lettres et les arts. À ce titre, on peut être conduit à évoquer par exemple :

 le développement du livre imprimé, avec ses modes d’illustration, d’organisation et de diffusion ;
 le goût pour les inventaires du monde, à travers les livres d’histoire naturelle, les atlas terrestres ou célestes et la cartographie, l’idéal encyclopédique, les descriptions exotiques et l’intérêt pour l’extraordinaire ;
 l’invention de la perspective artificielle en peinture et les enjeux de la représentation dans les arts visuels ;
 les problématiques de l’imitation en poésie et en littérature, et l’évolution des formes littéraires ;
 le rôle de l’imagination et l’usage de la fiction dans le développement des savoirs sur la nature et sur l’homme.

L’homme et l’animal

La relation à l’animal constitue un révélateur de la place que l’homme s’attribue dans la nature et dans le monde, avec de fortes implications philosophiques, éthiques et pratiques.
La période de référence se caractérise par une remise en question de la frontière entre l’homme et l’animal, telle qu’elle était généralement admise au Moyen Âge. De Montaigne à Buffon, cette séparation apparaît plus fragile ou discutable. Le statut de l’animal devient un enjeu majeur, comme en témoigne l’importance de la querelle sur « l’animal-machine ». Les questions de l’intelligence animale et de la communication entre animaux sont abondamment débattues. Les ressemblances, les analogies et les dissemblances entre hommes et bêtes sont méticuleusement explorées, par le fabuliste comme par le naturaliste.
L’étude des textes de la période de référence permet d’explorer la complexité de ces relations et de réfléchir sur ce que la connaissance des autres espèces apporte à la connaissance de l’homme. Elle permet également d’aborder certaines questions vives d’aujourd’hui : l’exploitation animale, les droits des animaux, les « cultures animales »…

P.S. :

Bibliographie indicative

Comme indiqué dans le préambule, les listes ci-dessous constituent des suggestions et n’ont aucun caractère prescriptif. Elles donnent un exemple de l’éventail des textes susceptibles d’être étudiés au titre des différents thèmes inscrits au programme de la classe de première.

Ces listes comprennent de grands classiques couramment sollicités en classe, mais aussi des titres plus rares, qui figurent ou devraient figurer dans des anthologies accessibles.

Les pouvoirs de la parole
1) L’art de la parole
Gorgias, Protagoras, Antiphon [extraits]. Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane [extraits de tragédies et de comédies]. Thucydide, Guerre du Péloponnèse [livre 5, dialogue des Athéniens et des Méliens] (Ve s. av. J.-C.). Isocrate, Sur l’Echange [éloge du logos], Platon, Phèdre [les procédés de la rhétorique]. Aristote, Rhétorique [premier et troisième livres].
Orateurs attiques [Lysias, Démosthène] (IVe s. av. J.-C.).
Cicéron, De l’invention, Brutus, L’orateur [extraits] (Ier s. av. J.-C.). Quintilien, Institution oratoire [extraits] (Ier s.).
Jean de Salisbury, Metalogicon [I.17, Éloge de l’éloquence] (1148). Guillaume de Machaut, Prologue, Le Veoir Dit (vers 1364). François Villon, Le Testament, et Ballades (milieu XVe s.). Sermons joyeux et parodiques [par ex. saint Hareng ou sainte Andouille] (XVe s.)

2) L’autorité de la parole
Homère, Iliade, chant II [discours d’Agamemnon] ; chant VIII [l’ambassade]. Hésiode, Théogonie [invocation des Muses] (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.). Solon, Élégies, IV Notre cité »].
Xénophane, fr. 2 [le savoir dans la cité] (VIe s.). Parménide, Poème [rencontre de la déesse].
Pindare [extraits]. Hérodote, Enquête, I.1. Thucydide, Guerre du Péloponnèse [livre 2, oraison funèbre de Périclès] (Ve s.) ; Platon, Apologie de Socrate, Ménexène, Théétète [digression sur l’orateur et le philosophe] (IVe s.).
Cicéron, Catilinaires, Philippiques (Ier s. av. J.-C.). Tite-Live, Histoire romaine [21 et 34, discours insérés dans la trame du récit historique] (Ier s. av. J.-C. – Ier s.). Tacite, Dialogue des orateurs, Annales [I.31-52, révolte des légions de Germanie et allocution de Germanicus] (Ier-IIe s.). Saint Augustin, Les Confessions [extraits] (IVe-Ve s.).
La Chanson de Roland [extraits, discours épiques] (XIIe s.). Rutebeuf, Le miracle de Théophile (XIIIe s.). Jean de Meung, Roman de la Rose [2e partie] (XIIIe s.). Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils [extraits]. Vincent de Beauvais, Miroir de la doctrine [Prologue, livre 1] (XIIIe s.).

3) Les séductions de la parole
Homère, Iliade [chant VI, les adieux d’Hector], Odyssée [chant VIII, Démodocos ; chant XII, les sirènes] (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.). Tyrtée, fr. 12 [la cité pleure ses guerriers] (VIIe s.).
Gorgias, Éloge d’Hélène. Aristophane, Les Nuées (Ve s.). Platon, Ion, Gorgias, Phèdre, République [extraits]. Aristote, Rhétorique [deuxième livre sur la persuasion], Poétique (IVe s.).
Sénèque, Consolations, tragédies (Ier s.). Boèce, La Consolation de la philosophie (VIe s.).
Abélard, Histoire de mes malheurs (XIIe s.). André le Chapelain, Traité de l’amour (XIIe s.).
Le jeu d’Adam (XIIe s.). Tristan et Iseult (XIIe s.). Boncompagno da Signa, La Roue de
Vénus (XIIe-XIIIe s.). Dante, La Vie nouvelle [extraits] (1292-1295). Le Roman de Renart
[branches I, IV, X] (XIIe-XIIIe s.). Le Roman de la Rose [le discours de Raison, Raison contre
Amour] (XIIIe s.). Le Roman de Flamenca (XIIIe s.). La Farce de Maître Pathelin (XVe s.).

Prolongements
Érasme, La civilité puérile (1530). Baldassar Castiglione, Le livre du courtisan (1528).
Shakespeare, Jules César [discours d’Antoine] (1623). Descartes, Discours de la méthode (1637).
Baltasar Gracián, L’Homme de cour (1647). Corneille, Racine, Molière [extraits de tragédies et comédies]. Pascal, Les Provinciales (1656-1657). La Fontaine, Fables (1668-1694). Bossuet, Sermons (à partir de 1669). Boileau, Art poétique (1674). Madame de Sévigné et épistoliers des XVIIe et XVIIIe siècles [extraits]. Dumarsais, Des tropes ou des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue (1730).
Rousseau, Essai sur l’origine des langues (1781). Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782).
Hugo, Les Contemplations [Réponse à un acte d’accusation)] (1856). Exemples d’éloquence
parlementaire et politique des époques modernes et contemporaines.

Les représentations du monde

1) Découverte du monde et pluralité des cultures
Bartolomé de las Casas, Brève relation de la destruction des Indes (1552). Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil (1578). Giordano Bruno, De l’infini, de l’univers et des mondes (1584). Montaigne, Essais, I.31 [Des Cannibales] (1588). Galilée, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (1632). Descartes, Le Monde (1633), Discours de la méthode (1637). Denis Veiras, Histoire des Sévarambes (1677). La Hontan, Dialogues de Monsieur le baron de La Hontan et d’un sauvage, dans l’Amérique (1704). Defoe, Robinson Crusoé (1719). Montesquieu, Les Lettres persanes (1721). Voltaire, Micromégas (1752), Essai sur les mœurs (1756), Candide (1759), L’Ingénu (1767), Dictionnaire philosophique [en particulier : Anthropophages, De la Chine] (1769), Lettres chinoises, indiennes et tartares (1776). Kant, Histoire générale de la nature et théorie du ciel (1755). Diderot, Supplément au voyage de Bougainville (1772).

2) Décrire, figurer, imaginer
Alberti, De la Peinture (1441). Dürer, Traité des proportions (1528). Thomas More, Utopia (1516). Rabelais, Le Quart-Livre (1552). André Thévet, Les singularitez de la France antarctique (1557). Benvenuto Cellini, Vie de Benvenuto Cellini par lui-même (1567). Vasari, Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes [Discours préliminaire, De l’origine des arts du dessin] (1568). Montaigne, Essais, III.6 [Des coches] (1588). Campanella, La Cité du soleil (1604). Francis Bacon, La Nouvelle Atlantide (1627). Cyrano de Bergerac, États et empires de la Lune, États et empires du soleil (1662). Charles Le Brun, Expressions des passions de l’âme (publ. 1727). La Bruyère, Les Caractères (1688-1696). Marivaux, L’île des esclaves (1725). L.-S. Mercier, L’An 2440, Rêve s’il en fut jamais (1771). Diderot, Les Salons (1759-1781), De la poésie dramatique (1758), Paradoxe sur le comédien (1773-1777).

3) L’homme et l’animal
Montaigne, Essais, II.12 [Apologie de Raymond Sebond] (1580-1588). A. Paré, Des monstres et prodiges (1573). Descartes, Discours de la méthode [5e partie] (1637). La Fontaine, Fables (1668-1694). La Rochefoucauld, Réflexions diverses [Du rapport des hommes avec les animaux] (publ. 1731). Malebranche, la Recherche de la vérité (1674-1678). Perrault, Contes (1697). Madame d’Aulnoye, Contes [La Belle et la Bête] (après 1696). Mandeville, La fable des abeilles (1714). Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver (1735). Buffon, Histoire naturelle (1749-1804). La Mettrie, L’homme-machine (1748).
Voltaire, Zadig (1748). Condillac, Traité des animaux (1755). Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité (1755). Voltaire, Dictionnaire philosophique [Bêtes] (1764). Diderot, Le Rêve de D’Alembert (1769). Restif de la Bretonne, La Découverte australe (1781).

 Prolongements :
Homère, Odyssée [chants 9 à 12] (8e s. av. J.-C.). Hérodote, Histoires [livre 2 et 4] (5e s.).
Platon, Timée, Critias (4e s.). Aristote, Histoire des animaux, Du Ciel (4e s.). Cicéron, La République (1er s.). Tacite, La Germanie (1er s.). Pline l’Ancien, Histoire Naturelle [extraits livre 2, 8-11] (1er s.). Plutarque, Sur intelligence des animaux ; Sur la consommation de chair ; Que les bêtes ont l’usage de la raison (1er-2e s.). Lucien, Histoires vraies (2e s.).
Les Questions de Milinda (Milindapanha). Vincent de Beauvais, Miroir naturel [extraits] (vers 1250). Saga d’Erik le Rouge (13e s.). Marco Polo, Le Devisement du monde (1298).
Laplace, Exposition du système du monde [livre V : Précis de l’histoire de l’astronomie] (1796). Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique (1798). Darwin, L’origine des espèces (1859). Jules Verne, Voyages extraordinaires (1863-1919). Colette, Sept dialogues de bêtes (1905). Bergson, L’Évolution créatrice (1907). M. Mauss, Essai sur le don (1923-1924). Victor Segalen, Les Immémoriaux (1907), Essai sur l’exotisme (1955). Kafka, La Métamorphose (1915). Henri Michaux, Un barbare en Asie (1933). G. Bachelard, La Formation de l’esprit scientifique (1938). George Orwell, La Ferme des animaux (1945). Vercors, Les Animaux dénaturés (1952). C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques (1955). T. s. Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques (1962). Nicolas Bouvier, L’Usage du monde (1963).


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