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Les « apparitions » du miroir. Image et ressemblance
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Miroir et reflet

(miroir en bronze d’Etrurie Miroir à manche en bronze avec représentation gravée au revers du disque.
Le talon est orné de deux volutes liées d’un chevron au droit, il n’a pas de décor au revers.
Une guirlande de feuilles de laurier orne le pourtour du miroir.
Dimensions Diam. : 17, 4 cm ; H. : 25, 4 cm Artiste atelier étrusque
Datation fin du IVe s. av. J.-C. ;

  1. Le miroir : quelle est la nature de l’image renvoyée ?

Il s’agit de s’interroger sur le sens de ce « double » que nous renvoie le miroir. Double a deux sens. Ce peut être la duplication, la copie. Ce peut être aussi le traître, dans la mafia par exemple.

    1. Alhazen en l’an 1000 fait une expérience radicale : une lumière trop intense peut fort bien blesser les yeux de celui qui la fixe. Elle n’est donc pas produite par les yeux mais entre au contraire dedans. Euclide avait tort et Aristote avait raison sur ce point. Il a aussi constaté que la lumière change de direction lorsqu’elle passe d’un milieu transparent dans un autre : de l’air dans le verre, par exemple. C’est le phénomène de réfraction. Mais il n’a pas mesuré de quel angle la lumière était ainsi déviée.
    2. Descartes va mesurer la réfraction. Dans cet extrait de la dioptrique il définit ainsi l’image obtenue par réfraction :

      Il faut, outre cela, prendre garde à ne pas supposer que, pour sentir, l’âme ait besoin de contempler quelques images qui soient envoyées par les objets jusqu’au cerveau, ainsi que font communément nos philosophes ; ou du moins il faut concevoir la nature de ces images tout autrement qu’ils ne font : car, d’autant qu’ils ne considèrent en elles autre chose, sinon qu’elles doivent avoir de la ressemblance avec les objets qu’elles représentent, il leur est impossible de nous montrer comment elles peuvent être formées par ces objets, et reçues par les organes des sens extérieurs, et transmises par les nerfs jusqu’au cerveau ; et ils n’ont eu aucune raison de les supposer, sinon que, voyant que notre pensée peut facilement être excitée par un tableau à concevoir l’objet qui y est peint, il leur a semblé qu’elle devait l’être en même façon à concevoir ceux qui touchent nos sens par quelques petits tableaux qui s’en formassent en notre tête : au lieu que nous devons considérer qu’il y a plusieurs autres choses que des images qui peuvent exciter notre pensée, comme, par exemple, les signes et les paroles, qui ne ressemblent en aucune façon aux choses qu’elles signifient. Et si, pour ne nous éloigner que le moins qu’il est possible des opinions déjà reçues, nous aimons mieux avouer que les objets que nous sentons envoient véritablement leurs images jusqu’au dedans de notre cerveau, il faut au moins que nous remarquions qu’il n’y a aucunes images qui doivent en tout ressembler aux objets qu’elles représentent, car autrement il n’y aurait point de distinction entre l’objet et son image, mais qu’il suffît qu’elles leur ressemblent en peu de choses ; et souvent même que leur perfection dépend de ce qu’elles ne leur ressemblent pas tant qu’elles pourraient faire, comme vous voyez que les tailles douces, n’étant faites que d’un peu d’encre, posée çà et là sur du papier, nous représentent des forêts, des villes, des hommes, et même des batailles et des tempêtes, bien que, d’une infinité de diverses qualités qu’elles nous font concevoir en ces objets, il n’y en ait aucune que la figure seule dont elles aient proprement la ressemblance, et encore est-ce une ressemblance fort imparfaite, vu que, sur une superficie toute plate, elles nous représentent des corps diversement relevés et enfoncés, et que même, suivant les règles de la perspective, souvent elles représentent mieux des cercles par des ovales que par d’autres cercles, et des carrés par losanges que par autres carrés, et ainsi de toutes les autres figures ; en sorte que souvent, pour être plus parfaites en qualité d’images et représenter mieux un objet, elles doivent ne lui pas ressembler. Or il faut que’nous pensions tout de même des images qui se forment en notre cerveau, et que nous remarquions qu’il est seulement question de savoir comment elles peuvent donner moyen à l’âme de sentir toutes les diverses qualités des objets auxquels elles se rapportent, et non point comment elles ont en soi leur ressemblance. Comme, lorsque l’aveugle, dont nous avons parlé ci-dessus, touche quelques corps de son bâton, il est certain que ces corps n’envoient autre chose jusqu’à lui, sinon que, faisant mouvoir diversement son bâton, selon les diverses qualités qui sont en eux, ils meuvent par même moyen les nerfs de sa main, et ensuite les endroits de son cerveau d’où viennent ces nerfs ; ce qui donne occasion à son âme de sentir tout autant de diverses qualités en ces corps qu’il se trouve des variétés dans les mouvements qui sont causés par eux en son cerveau.

    3. Chercher le sens de « reflet ». Qu’est-ce qui introduit la différence entre le modèle et son image ?
  1. Le miroir est (dé)doublement de soi qui peut se jouer à l’infini. On finit alors par perdre l’original et l’origine.
    Le miroir se traverse et ouvre sur un envers. Le miroir ne se réduit donc pas au reflet.
    1. L’Odyssée raconte diverses traversées du miroir ( un sens possible de sa traversée maritime), à partir de l’aveuglement du Cyclope. Ce moment est essentiel pour nous faire quitter le monde grec et ses lois.

Le miroir des illusions

  • le Cyclope et personne : expliquer la rencontre entre Ulysse et le cyclope. Montrer l’inversion des valeurs et en quoi le miroir est aussi ce qui « révèle ».
    — l’oeil crevé : IX 504
    — Ulysse et la « métis », la ruse : Ulysse dit s’appeler personne, renvoyant ainsi une image fausse de lui.

Les « apparitions » d’Ulysse.

  • les nuées d’Athéna :
    — L’Odyssée VI, 187 Nausicaa : cacher Ulysse pour en révéler la splendeur
    — L’Odyssée XIII Le retour à Ithaque : le transformer en une hideuse non-semblance, en vraiment « personne ».
    Si le miroir peut tromper, il en va de même de « l’apparition-apparence » humaine.. Expliquer.

Le miroir et le cadavre

  • Gorgone
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Miroir et révélation

Le miroir et l’au-delà

Hans Memling Le prêteur et sa femme

P.S. :

Dans cet exercice, on réfléchira au lien entre la technique et le déploiement de la réflexion philosophique.


Téléchargements Fichier à télécharger :
  • BnF - Homère, sur les traces d’Ulysse
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