La philosophie dans l’Académie de Créteil
Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

Rhétorique et preuve
Visites : 129 - Popularité :
6%
logo imprimer
  • Une des questions que soulève le discours rhétorique est le statut de la preuve qu’il établit

La rhétorique selon Aristote est un art qui ne doit son existence qu’au nombre insuffisant des lois : Il faut, nous le répétons, abandonner le moins de questions possible à la décision souveraine du juge ; mais la nécessité veut qu’on lui laisse à décider si la chose s’est produite ou ne s’est pas produite, si elle sera possible ou impossible ; si elle a ou n’a pas le caractère prétendu ; car il ne se peut que le législateur prévoie ces choses. (Rhétorique I, 1354b, page 73). La rhétorique n’est alors nécessaire que pour les questions auxquelles le législateur n’a pu donner de réponse déterminée et pour lesquelles le juge seul doit en décider (Rhétorique I, 1354a, page 72). Mais le juge est facilement corrompu par les passions
. D’où l’étude des caractères, d’une anthropologie.

« Des lois bien faites doivent, à la vérité, déterminer elles-mêmes autant de cas qu’il se peut, en laisser le moins possible à la décision des juges, d’abord parce qu’un ou quelques hommes de saine intelligence et aptes à légiférer ou juger sont plus faciles à trouver qu’un grand nombre ; ensuite parce que les lois ne se font qu’après un long examen, tandis que les jugements se prononcent séance tenante ; aussi est-il difficile que ceux qui sont appelés à juger décident comme il faudrait du juste et de l’utile. Mais de toutes les raisons la plus importante est que le jugement du législateur ne porte pas sur le particulier, mais sur le futur et le général, tandis que le membre de l’assemblée et le juge ont à prononcer immédiatement sur des cas actuels et déterminés. Dans leur appréciation interviennent souvent amitié, haine, intérêt personnel ; aussi ne sont-ils plus en état de se faire une idée adéquate de la vérité et leur jugement est-il obnubilé par un sentiment égoïste de plaisir ou de peine. » (Aristote, Rhétorique I, 1354a- 1354b, [1932], pages 72-73, Les Belles Lettres)

Exemples :

La solution qu’il a plu à Votre Altesse me faire l’honneur de m’envoyer, est si juste, qu’il ne s’y peut rien désirer davantage ; et je n’ai pas seulement été surpris d’étonnement, en la voyant, mais je ne puis m’abstenir d’ajouter que j’ai été aussi ravi de joie, et ai pris de la vanité de voir que le calcul, dont se sert Votre Altesse, est entièrement semblable à celui que j’ai proposé dans ma Géométrie. L’expérience m’avait fait connaître que la plupart des esprits qui ont de la facilité à entendre les raisonnements de la métaphysique, ne peuvent pas concevoir ceux de l’algèbre, et réciproquement, que ceux qui comprennent aisément ceux-ci, sont d’ordinaire incapables des autres ; et je ne vois que celui de Votre Altesse, auquel toutes choses sont également faciles. Il est vrai que j’en avais déjà tant de preuves, que je n’en pouvais aucunement douter ; mais je craignais seulement que la patience, qui est nécessaire pour surmonter, au commencement, les difficultés du calcul, ne lui manquât. Car c’est une qualité qui est extrêmement rare aux excellents esprits et aux personnes de grande condition.

(Novembre 1944)

  • Discours qui laisse une place au vraisemblable et au probable, réhabilitant ainsi l’opinion. Sur la question du vraisemblable voir ce lien
  • Discours qui fait usage du figuré et de figures de style. L’esthétique trouve sa place à l’intérieur du discours rhétorique.
  • Ordre du discours :

    VII. Les parties sont, comme on l’a si souvent répété, l’invention, la disposition, l’élocution, la mémoire et le débit. L’invention trouve les moyens vrais ou vraisemblables qui peuvent soutenir la cause. La disposition est l’art de les distribuer et de les mettre en ordre. L’élocution revêt des idées et des expressions convenables les choses créées par l’invention. La mémoire retient d’une manière sûre et inaltérable les pensées et les mots. Le débit règle le geste et la voix, et les proportionne aux idées et aux paroles.

    Cicéron De l’invention, I, 7

Quintilien définit la rhétorique : QUINTILIEN INSTITUTION ORATOIRE. Livre II, 14-16.


Téléchargements Fichier à télécharger :
  • quintilien_def_de_la_rhetorique.pdf
  • 101.4 ko / PDF
Forum
Répondre à cet article


pucePlan du site puceContact puceEspace rédacteurs pucesquelette

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2008-2019 © La philosophie dans l’Académie de Créteil - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.89
Version Escal-V4 disponible pour SPIP3.2