La philosophie dans l’Académie de Créteil
Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

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La recherche de soi Présentation des Chapitres Bibliographie

Bibliographie indicative programme de la classe terminale et de leurs périodes de référence
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  • Terminale, semestre 1
    La recherche de soi
  • Période de référence :
    Du romantisme au XXe siècle
  • Chapitres

    Éducation, transmission et émancipation
    Les expressions de la sensibilité
    Les métamorphoses du moi

Aucune de ces entrées n’est spécifiquement « littéraire » ou « philosophique ». Chacune d’entre elles se prête à une approche croisée, impliquant une concertation et une coopération effectives entre les professeurs en charge de cet enseignement qui doit être assuré à parts égales sur chaque année du cycle.
Chaque thème est abordé à partir de textes littéraires et philosophiques français ou traduits en français, choisis comme particulièrement représentatifs de la problématique concernée. À cette fin, la présentation de chacun de ces thèmes s’accompagne d’une bibliographie indicative comprenant des œuvres intégrales et des parties d’œuvres. Cette bibliographie est fournie à titre d’illustration et ne prédétermine en aucun cas le choix des textes proposés dans le cadre des épreuves du baccalauréat. Les professeurs en charge de cette formation construisent leur propre itinéraire en s’appuyant sur les textes de leur choix.

Le premier semestre de la classe terminale est consacré à la problématique de la recherche et de la formation de soi – problématique à tous égards centrale dans la culture, dans la
littérature et la philosophie modernes.
La période de référence – du romantisme au XXe siècle – a été dans toute l’Europe celle de grandes mutations sociales et politiques, mais aussi intellectuelles et esthétiques, qui ont entraîné de profondes transformations dans la manière de concevoir les rapports entre l’individu et la société, les modèles d’éducation et les formes de la liberté.
L’étude de « la recherche de soi » se décline en trois chapitres, le premier consacré à l’éducation et aux idéaux d’émancipation, le deuxième aux nouvelles manières de sentir et à
leur exploration, le troisième aux aspirations et aux inquiétudes de l’âme moderne et au problème de la connaissance de soi.
Des références peuvent être choisies avec profit parmi les œuvres des périodes antérieures, notamment l’Antiquité et l’Âge classique.

 Éducation, transmission, émancipation

L’époque des Lumières a marqué une double rupture avec les modèles d’éducation hérités de l’humanisme de la Renaissance. Pour un grand nombre d’auteurs, l’apprentissage des choses doit désormais primer la culture des mots, et l’éducation se centrer sur l’utile (pratique et social). Une nouvelle attention est portée aux manières de penser des enfants et au langage à tenir avec eux. Sur ces questions, les idées pédagogiques de Rousseau (Émile ou de l’éducation, 1762) ont essaimé jusqu’au milieu du XXe siècle avec les mouvements dits d’éducation nouvelle.
Dans le même temps, l’idée s’impose qu’une nation moderne doit se préoccuper de la formation des individus et par conséquent se doter d’un véritable système d’éducation publique. Dans la lignée de Condorcet, l’instruction des enfants des deux sexes devient la clé de la démocratie et des libertés. Les penseurs révolutionnaires mettent quant à eux l’accent sur les conditions sociales et politiques de l’émancipation des individus. En Europe comme en Amérique, le tournant du XXe siècle est le moment d’un vaste débat sur les finalités de l’éducation scolaire, ses méthodes et son extension.
Le rôle nouveau de l’institution scolaire se marque par la place que prennent dans les récits du XIXe siècle les souvenirs d’écoliers, qu’ils soient romancés ou autobiographiques. Il s’agit toujours de comprendre ce qu’un individu est devenu à partir de ce qu’il a reçu, mais aussi de ce avec quoi il a rompu.
Les textes de cette période fournissent matière à réflexion, par exemple, sur les différents âges de la vie et ce que veut dire être adulte ; les formes de l’enseignement et celles de l’apprentissage ; les parts respectives de la famille, de l’école et de la société dans l’éducation ; l’aspiration à la liberté dans ses rapports avec les institutions et les traditions. À l’horizon de ces interrogations se trouvent la définition d’une éducation moderne et la question de la justice sociale et de l’équité au sein d’un système éducatif.

Bibliographie indicative : Éducation, transmission, émancipation

Rousseau Émile ou de l’éducation,).
Stendhal, Le Rouge et le Noir (1830).
Balzac, Louis Lambert (1832).
Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1835-1840).
Sand, Consuelo (1842).
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe (1849), livres I à V.
Tolstoï, Enfance, Adolescence, Jeunesse (1852-1857).
Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l’Église (1858), 5e étude (De l’éducation).
Nietzsche, Sur l’avenir de nos établissements d’enseignement (1872).
Vallès, L’Enfant (1878).
Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883), chap. 3.
J. Ferry. Lettre aux instituteurs (1883).
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra [extraits] (1883-1885).
Vallès, L’Insurgé (1886).
Bourget,Le Disciple (1889).
Bergson, Le Bon Sens et les études classiques (1895).
Gide, Les Nourritures terrestres (1897).
Dewey, Mon Credo pédagogique (1897).
Colette, Claudine à l’école (1900).
Dewey, L’Éducation au point de vue social (1913).
Péguy, L’Argent (1913).
Durkheim, L’Éducation morale ([1903] 1925).
Freinet, Œuvres pédagogiques [extraits] (1994).
Alain, Propos sur l’éducation (1932).
Guilloux, Le Sang noir (1935)(1961).

 Les expressions de la sensibilité

La revendication des droits de la sensibilité s’est progressivement affirmée au XVIIIe siècle.
Diderot, Rousseau, Goethe introduisent dans leurs œuvres un nouveau langage, au plus près de la variation et de la complexité des sentiments. À ce titre, ils ont ouvert la voie aux romantismes européens, attentifs à tous les mouvements de l’âme, à sa communication avec la nature et aux forces qui trament la destinée des individus.

La restitution, sur divers modes (direct ou indirect, analytique ou symbolique…), des perceptions dans ce qu’elles ont de subjectif, des passions dans leur développement, des pensées telles qu’elles surviennent, constitue l’un des grands objets de la littérature et des arts dans la période de référence. Ce souci a croisé les courants « réaliste » ou « naturaliste » et le nouveau regard porté sur des sociétés transformées par la révolution industrielle.
Dans le même temps, la philosophie et la psychologie ont exploré les données premières de la conscience, l’expérience subjective du corps, les relations de la sensibilité et de l’intelligence, les pathologies de l’esprit et des sens, et jusqu’à la possibilité de décrire le flux du vécu. L’attention s’est portée sur la formation des sentiments moraux ainsi que sur les formes et objets de l’émotion esthétique en lien avec les différents arts. De là notamment une nouvelle sacralisation de l’art et de la personnalité créatrice, et la recherche de nouvelles relations entre art et spiritualité.
Comment décrire le monde ou la vie selon l’expérience qu’un individu en fait ? Comment exprimer la manière intime dont un événement affecte un sujet ? Comment caractériser la vie intérieure d’un personnage de fiction et dépeindre sa sensibilité ? Ces questions sont aussi celles des rapports entre l’expérience privée et le langage commun : lorsque nous communiquons les uns avec les autres, comment faisons-nous pour donner le même sens aux mots que nous employons ?

Bibliographie indicative : Les expressions de la sensibilité


Rousseau, La Nouvelle Héloïse (1761).
Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1764).
Goethe, Les Souffrances du jeune Werther (1774).
Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire (1782).
Goethe, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister (1795).
Schiller, Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme (1795).
Chateaubriand, René (1802).
Madame de Staël, Corinne ou l’Italie (1807).
Hegel, Cours d’esthétique [extraits] ([1818-1829]). Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation [extraits] (1819-1859).
Austen, Raison et sentiments (1811).
Constant,Adolphe (1816).
Lamartine, Méditations poétiques (1820).
Hugo, Les Chants du crépuscule (1835).
Emerson, La Nature (1836).
Musset, Confession d’un enfant du siècle (1836).
Balzac, Le Lys dans la vallée (1836).
Stendhal, La Chartreuse de Parme (1839). Ravaisson, De l’habitude (1838). Emerson, La Confiance en soi (1841).
Ruskin, Les Pierres de Venise (1853).
Kierkegaard, Le Journal du séducteur (1843).
Nerval, Sylvie (1853) ; Les Chimères (1854).
Thoreau, Walden ou la vie dans les bois (1854).
Hugo, Les Contemplations (1856).
Fromentin, Dominique (1863).
Baudelaire, Le Spleen de Paris (1869) ; Le Peintre de la vie moderne (1863-1869). Flaubert, L’Éducation sentimentale (1869).
Taine, De l’intelligence (1870).
Nietzsche, La Naissance de la tragédie (1871).
Fromentin, Les Maîtres d’autrefois (1876).
Taine, Philosophie de l’art (1881).
Maupassant, Une vie (1883).
Huysmans, À Rebours (1884).
Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889). W. James, Précis de psychologie (1892). Les Formes multiples de l’expérience religieuse (1902).
Husserl, L’Idée de la phénoménologie (1907).
Kandinsky, Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier (1911). Scheler, Nature et formes de la sympathie (1913). L’Homme du ressentiment (1919).
Bergson, L’Énergie spirituelle (1919).
Proust, « Sur le style de Flaubert » (1920) ; À la recherche du temps perdu (1927)
V. Woolf, Les Vagues (1931).
Focillon, Vie des formes (1934)
Sartre, La Nausée (1938).
Camus, Noces (1938).
Bachelard, Psychanalyse du feu (1938).

  • Benjamin, Baudelaire [1940].
  • Notes sur les “Tableaux parisiens” de Baudelaire (1939) par Nathalie Raoux
    Texte de la conférence prononcée par Walter Benjamin lors de son séjour au “Foyer d’Etudes et de repos” de l’Abbaye de Pontigny en mai 1939. Prononcée en français et sténographiée, cette conférence, dont il déclara qu’elle était un “abrégé” de ses travaux sur Baudelaire est restée inédite de son vivant.
  • Wittgenstein, Recherches philosophiques (1953) ; Le Cahier bleu (1958).
  • Des extraits des journaux de Maine de Biran (1827), Joubert (1838) Berlioz (1870), Amiel (1882).

 Les métamorphoses du moi

Que désigne-t-on précisément par ce mot, « moi » ? Ce qu’on appelle communément le moi
a-t-il une réalité nette et stable ? Comment caractériser son unité et son identité ? Qui le connaît le mieux, et comment le décrire ? Quelle part accorder, dans sa définition, à la société et au regard des autres ? Toutes mes actions et toutes mes pensées émanent-elles de « moi » au même degré ? Ces questions sont anciennes ; certaines d’entre elles remontent à l’Antiquité (cf. les Confessions de saint Augustin : « Je suis devenu pour moi-même une énigme »). Pour le sujet moderne, contraint de chercher sa place dans une société élargie, transformée et traversée de multiples tensions, de telles questions n’ont pu que gagner en acuité.
Prétention à un contrôle absolu ou abandon à l’impulsion immédiate, ivresse créatrice ou expériences de la dépersonnalisation, enthousiasme révolutionnaire ou souci exclusif de l’intérêt privé, recherche des émotions les plus raffinées ou paroxysme du conflit intérieur, passion du lointain ou mystique de l’enracinement, ferveur religieuse ou exaltation de l’extrême liberté : toutes ces figures de la subjectivité et d’autres encore coexistent dans la culture du « long XIXe siècle » (1789-1914).
Avant même les immenses traumatismes des deux guerres mondiales, nombreux sont les écrivains, artistes et penseurs à mettre en scène, figurer et souligner dans des formes nouvelles les déchirements internes à l’individualité moderne. C’est ainsi notamment que la diffusion des théories et des pratiques psychanalytiques a profondément marqué la culture du XXe siècle. À quelle connaissance de nous-mêmes sommes-nous capables d’accéder ?Cette interrogation est encore la nôtre.


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