Donner à voir l’inexistant : politiques du visible, de Paul Celan aux arts visuels (I)

mercredi
04
mars
2020
18h30 - 20h30
horaire Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Vicky « SKOUMBI »
Inscription obligatoire sur ce lien
Mer 4 mars, Mer 11 mars, Mer 18 mars, Mer 25 mars, Mer 1 avr, Mer 6 mai, Mer 13 mai,
Mer 27 mai
Séminaire organisé en collaboration avec la revue grecque αληthεια.

À l’intersection du poème et des arts visuels, nous aimerions questionner les modes d’apparition de l’inexistant dans l’art, poésie comprise. Malgré le déluge d’images qui saturent notre vue, des poètes et des artistes tentent de faire voir ce qui hante les marges d’une visibilité supposée sans reste. Diverses stratégies sont mises en place pour donner à voir le plus inapparent.
La première année du séminaire nous essaierons de cerner les figures de l’absence dans l’œuvre de P. Celan. On y trouve un chiasme entre regard et voix qui aurait beaucoup à nous apprendre. Celan s’attache à donner à voir ici et maintenant, ce qui fut à jamais perdu, et dont les traces mêmes furent annihilées. Pour ce faire, le poète invente des procédés qui ouvrent des brèches au sein du visible. Par une singulière empathie, le sujet même de la vision s’en trouve affecté, dans la mesure où les yeux deviennent le support d’inscription du manque à voir, qui troue le visible après l’extermination. L’œil devient ainsi la surface où une trace de la perte est sauvegardée. Parallèlement à cette dé-complétude du visible et à son inscription dans l’œil, s’affirme le pouvoir photophore de la voix : c’est elle qui apporte la lumière qui manque à l’œil défaillant.
Nous aborderons aussi la question du statut de l’image dans l’œuvre de Celan : métaphore « dissonante », allégorie construite à partir d’images contradictoires ou bien image dialectique ? Nous procéderons par la lecture détaillée d’une série de poèmes, tirés des recueils Grille de parole, La rose de Personne et Renverse du souffle.
Le poème Attaque de violoncelle finit par ce tercet : tout est moins qu’il / n’est, / tout est plus.
Nous tenterons de démontrer que ce qui fait le « plus » n’est autre que le « moins » qui le
précède. Ce sont justement les modalités d’inscription dans le visible de ce « moins », site
d’émergence du « plus », qui constituent le véritable objet de notre travail de recherche.
Séance avec intervenant :
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Mercredi 18 mars : Bertrand Badiou, responsable de l’unité de recherche Paul Celan,
ENS-Ulm : Paul Celan et l’image

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