LES CAHIERS D’EXERCICES DU SITE DE PHILOSOPHIE DE L’ACADEMIE DE CRETEIL


 <a href="http://philosophie.ac-creteil.fr/spip.php?article980" class='spip_out' rel='external'>Programme Humanités, Littérature et Philosophie Classes de terminales</a>

Terminale, semestre 1

 <span class="caps">LA</span> <span class="caps">RECHERCHE</span> <span class="caps">DE</span> <span class="caps">SOI</span>

EXERCICE : définir les mots

- « RECHERCHE » : les différents sens et étymologie du mot Voir Le dictionnaire en ligne https://www.cnrtl.fr/etymologie/rechercher
- SOI/moi/NOUS


 DOSSIER 1 Les deux figures du moi :

- Descartes ou le solipsisme. Le moi sépare. Chez Descartes le « moi » est d’abord un sujet à qui on attribue des opérations telles que penser, douter...
Etude de la recherche de l’ego par Descartes. Méditation 1

Cette séparation s’accentue avec l’amour-propre, où le moi est une « qualité », un trait de caractère.
- Etude d’un texte de Pascal pour qui il vaut mieux renoncer au moi.

A lire : Le portrait du moi. Connaissance et représentation de soi chez Pierre Nicole par Charles-Olivier STIKER-METRAL Université de Lille 3

Pierre Nicole De la connaissance de soi

L’homme veut se voir, parce qu’il est vain. Il évite de se voir, parce qu’étant vain il ne peut souffrir la vue de ses défauts et de ses misères. Pour accorder donc ces désirs contraires, il a recours à un artifice digne de sa vanité, par lequel il trouve le moyen de les contenter tous les deux en même temps. C’est de couvrir d’un voile tous ses défauts, de les effacer en quelque sorte de l’image qu’il se forme de lui-même et de ne laisser que les qualités qui le peuvent relever à ses propres yeux. S’il ne les a pas effectivement, il se les donne par son imagination ; et s’il ne les trouve pas dans son propre être, il les va chercher dans les opinions des hommes, ou dans les choses extérieures qu’il attache à son idée, comme si elles en faisaient partie ; et par le moyen de cette illusion, il est toujours absent de lui-même et présent à lui-même : il se regarde continuellement sans jamais se voir véritablement, parce qu’il ne voit au lieu de lui-même que le vain fantôme qu’il s’en est formé

- Rousseau introduit une distinction : amour de soi et amour-propre.
Etude de texte
Pour Rousseau le moi est une production sociale et à ce titre il est facteur de division. Le premier qui ayant enclôt un terrain cria ceci est à moi...

 DOSSIER 2 : Métamorphoses du moi et expression de soi

Etude et propositions d’exercices

- Le « soi » se donne en effet dans de multiples apparitions.

** Le soi de la mémoire. Voir A la recherche du temps perdu de Proust. Notre moi se donne à l’autre dans le récit présent de la mémoire.
**Recherche de l’humain « d’un soi » par l’éducation et l’instruction. Cela présuppose une rupture avec la nature, à moins que le « soi » se réalise comme fin de la nature.
**Les âges , une représentation fractionnée du temps biologique. Qu’est-ce qui permet d’affirmer que l’on est un soi identique à soi derrière ce morcellement chronologique ?

- Qu’est-ce qu’une représentation de soi ?

Exemples :La faiblesse de l’enfant

L’enfant, soumis à ses émotions

Max et les maximonstres de Spike Jonze

Max, un garçon sensible et exubérant, se sent incompris chez lui. Après avoir été, une fois de plus, envoyé au lit sans souper, il s’enfuit de la maison familiale et, au terme d’un périple, atterrit dans un pays peuplé de mystérieuses et étranges créatures aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Ces Maximonstres attendent un chef, qui sera capable de les diriger. Max, lui, rêve d’un royaume sur lequel étendre son pouvoir. Couronné par les Maximonstres, Max monte sur le trône sans se douter des aventures qui l’attendent…

- Voir l’extrait sur le site Anouk
Les émotions propres à l’enfance ne sont ni simplifiées ni édulcorées. Incarnées par des monstres dont il ne comprend pas toujours les réactions, les émotions qui submergent Max n’appellent ni éclaircissement ni explication – voir la scène, mémorable, des deux chouettes. Au terme d’un long parcours, Max comprend qu’il ne peut pas tout maîtriser, et retourne finalement chez lui. L’orage est passé, son père passe le prendre pour le week-end : le monde des adultes, qui lui est encore étranger, reprend finalement ses

- Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État. » (article 16). Dans sa concision, ce texte donne à la famille une valeur universelle, enracinée dans la nature, antérieure aux différences culturelles. La famille, creuset de toutes les formes sociales, aurait alors droit à la protection de la société et à celle de l’État.

Enfants loups (Les) de Mamoru Hosoda
Dossier Transmettre le cinéma

Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l’abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d’une forêt luxuriante…


A quels moments les enfants se transforment en loups (7’59)

La mort du père (3’03)
Les Enfants Loups, Ame & Yuki (Bande-annonce VO)


TEXTES à mettre en perspective

- Rousseau :

exercice : cliquer. Répondre aux questions https://www.quiziniere.com/#/PartageExercice/5G6BO9MBGQ

Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes : Dédicace Préface Avertissement sur les notes Question posée par l’académie de Dijon
Hegel :
- Nature et immédiateté ; s’arracher à la nature. Principes de la philosophie du droit §10-28. Hegel Principes de la philosophie du droit. Préface Jean Hyppolite. L’individu des désirs et des inclinations s’humanise en s’émancipant d’une sorte de première animalité.
La famille, comme premier moment à dépasser : Principes de la philosophie du droit Hegel : De la société civile à l’Etat Claude Obadia
- Aristote :Le pouvoir domestique Livre I Les politiques
- Locke Les deux traités duGouvernement Civil Chapitre VI Du Pouvoir paternel

 DOSSIER 3 / ANIMALITÉ SAUVAGERIE BARBARIE

EXEMPLES DE FILMS POUR INTRODUIRE À DES QUESTIONNEMENTS
- La valeur des cultures.

- http://www.cnc.fr/web/fr/detail_res...

- Koko, le gorille qui parle par Barbet Schroeder
- La Traversée
17/11/2014 un scénario de Thibaut Wohlfahrt et Marie Brauener / Offshore
Luca guide son père Marc en canoë sur la rivière où Arthur a disparu trois semaines plus tôt. C’est dans cette nature angoissante et inconnue que père et fils s’enfoncent, avec l’espoir de trouver une trace, un signe, quelque chose pour expliquer l’absence...
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court métrage | fiction | scénariothèque

TEXTES ET VIDÉOS
Vidéos en ligne sur le site de l’Académie de Créteil Animal et animalité

 DOSSIER 4 : EDUQUER POURQUOI ?

- Éducation et sociologie, Émile Durkheim Librairie Félix Alcan 1922 Paris (wikisource)

- Rousseau Emile ou de l’éducation
https://ia800304.us.archive.org/2/items/h1762mileou01rous/h1762mileou01rous.pdf Tome 1
https://archive.org/download/e1762emileoudel02rous/e1762emileoudel02rous.pdf, tome 2
https://archive.org/download/h1762mileou03rous/h1762mileou03rous.pdf, Tome 3
https://archive.org/download/h1762mileou04rous/h1762mileou04rous.pdf tome 4

- Compte rendu de la matinée du mercredi 15 janvier 2003 (9h-12h) Séance consacrée à la lecture et à la discussion des Principes de la Philosophie du Droit de Hegel
La vie éthique, première section, la famille Académie de Versailles
Établi par Jean-Jacques Jolly

  DOSSIER 5 : L’ELEVE, LE DISCIPLE, L’INSURGE

- Présentation des chapitres. Bibliographie Académie de Créteil Période de référence : Du romantisme au XXe siècle
- Corpus de textes réalisé par ac-Metz-Nancy

Chapitres
Éducation, transmission et émancipation

Thèmes : les différents âges de la vie et ce que veut dire être adulte ; les formes de l’enseignement et celles de l’apprentissage ; les parts respectives de la famille, de l’école et de la société dans l’éducation ; l’aspiration à la liberté dans ses rapports avec les institutions et les traditions. À l’horizon de ces interrogations se trouvent la définition d’une éducation moderne et la question de la justice sociale et de l’équité au sein d’un système éducatif.

  • La rupture avec le modèle scolastique : la critique humaniste. Une tête bien faite.
  • Rabelais
    Texte : comment former l’homme ? Gargantua, 23
  • Comparer le texte de François RABELAIS , Pantagruel (1532) chap. 8, « Gargantua écrit à son fils Pantagruel une lettre pour l’exhorter à étudier. » et celui de Voltaire extrait de Micromegas

RABELAIS , Pantagruel (1532) chap. 8

« Gargantua écrit à son fils Pantagruel une lettre pour l’exhorter à étudier. »,
© Éditions Pocket, 1992. Translation en français moderne de Marie-Madeleine Fragonard.
C’est d’Utopie que Gargantua envoie à son fils, parti étudier à Paris, ses recommandations pour ses études. Maintenant toutes les disciplines sont restituées1 , les langues établies. Le grec, sans lequel c’est une honte de se dire savant, l’hébreu, le chaldéen, le latin. Des impressions2 si élégantes et si correctes sont en usage, elles qui ont été inventées de mon temps par inspiration divine, comme, à l’inverse, l’artillerie l’a été par suggestion diabolique. Le monde entier est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de bibliothèques très amples, si bien que je crois que ni au temps de Platon, ni de Cicéron, ni de Papinien, il n’était aussi facile d’étudier que maintenant. Et dorénavant, celui qui ne sera pas bien poli en l’officine3 de Minerve ne pourra plus se trouver nulle part en société. Je vois les brigands, bourreaux, aventuriers, palefreniers de maintenant plus doctes que les docteurs et prédicateurs4 mon temps. [ ... ]
Mon fils, je t’admoneste5 d’employer ta jeunesse à bien profiter de tes études. Tu es à Paris, tu as ton précepteur Épistémon6 : l’un peut te donner de la doctrine par ses instructions vivantes et vocales, l’autre par des exemples louables. J’entends et veux que tu apprennes les langues parfaitement : d’abord la grecque, comme le veut Quintilien. Puis la latine. Puis l’hébraïque pour l’Écriture sainte, ainsi que la chaldaïque et l’arabe. Et que tu formes ton style, pour la grecque à l’imitation de Platon, et pour la latine, de Cicéron. Qu’il n’y ait d’histoire que tu n’aies présente à la mémoire, à quoi t’aidera la cosmographie7. Les arts libéraux, géométrie, arithmétique, musique, je t’en ai donné quelque goût quand tu étais encore petit, vers tes cinq six ans. Continue le reste ; et sache tous les canons d’astronomie ; laisse l’astrologie divinatrice et l’art de Lulle, abus et vanités. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes, et que tu les rapproches de la philosophie. Quant à la connaissance des sciences naturelles, je veux que tu t’y adonnes avec zèle ; qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine dont tu ne connaisses les poissons ; tous les oiseaux de l’air ; tous les arbres, arbustes, et fruitiers des forêts, toutes les herbes de la terre ; tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de l’Orient et de l’Afrique : que rien ne te soit inconnu. Puis avec soin, relis les livres des médecins : grecs, arabes, latins, sans mépriser les talmudistes et cabalistes8 ; et, par des fréquentes dissections, acquiers la parfaite connaissance de ce second monde qu’est l’homme. Et, pendant quelques heures chaque jour, commence à apprendre les Saintes Écritures : d’abord le NouveauTestament en grec, les Épîtres des apôtres, puis en hébreu l’Ancien Testament. En somme, que je voie un abîme de science.
Car maintenant que tu te fais grand, et que tu deviens un homme, il te faudra sortir de cette tranquillité et de ce repos consacré aux études, et apprendre la chevalerie et les armes, pour défendre ma maison, et secourir nos amis dans leurs débats contre les assauts des malfaisants. Et je veux que rapidement tu essaies de tester combien tu as 30 profité : ce que tu ne saurais mieux faire qu’en soutenant des thèses publiquement sur toutes choses, envers et contre tous, et en fréquentant les gens lettrés qui sont à Paris et ailleurs. Mais parce que, selon le sage Salomon, sagesse n’entre dans une âme mauvaise, et que science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te faut servir, aimer et craindre Dieu, et mettre en lui toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par une foi orientée par la charité, lui être uni au point que tu n’en sois jamais séparé par le péché. [ ... ]
Mon fils, la paix et grâce du Seigneur soient avec toi. Amen.
D’Utopie, 17 mars,
ton père, Gargantua

1. Par rapport au Moyen Âge, pendant lequel de nombreuses connaissances antiques avaient disparu.
2. livres imprimés.
3. Atelier.
4. Orateurs, prêcheurs.
5. Avertis.
6. Du grec « epistemè », science.
7. Histoire universelle.
8. Spécialistes de la tradition orale juive.

Voltaire, Micromégas, 1752, chapitre I

Quelques algébristes, gens toujours utiles au public, prendront sur-le-champ la plume, et trouveront que, puisque monsieur Micromégas, habitant du pays de Sirius, a de la tête aux pieds vingt-quatre mille pas1, qui font cent vingt mille pieds de roi, et que nous autres, citoyens de la terre, nous n’avons guère que cinq pieds, et que notre globe a neuf mille lieues1 de tour, ils trouveront, dis-je, qu’il faut absolument que le globe qui l’a produit ait au juste vingt-un millions six cent mille fois plus de circonférence que notre petite terre. Rien n’est plus simple et plus ordinaire dans la nature. Les Etats de quelques souverains d’Allemagne ou d’ltalie, dont on peut faire le tour en une demi heure, comparés à l’empire de Turquie, de Moscovie ou de la Chine, ne sont qu’une très faible image des prodigieuses différences que la nature a mises dans tous les êtres. La taille de Son Excellence étant de la hauteur que j’ai dite, tous nos sculpteurs et tous nos peintres conviendront sans peine que sa ceinture peut avoir cinquante mille pieds de roi de tour : ce qui fait une très jolie proportion.
Quant à son esprit, c’est un des plus cultivés que nous avons ; il sait beaucoup de choses ; il en a inventé quelques-unes ; il n’avait pas encore deux cent cinquante ans, et il étudiait, selon la coutume, au collège des Jésuites2 de sa planète, lorsqu’il devina, par la force de son esprit, plus de cinquante propositions d’Euclide3. C’est dix-huit de plus que Blaise Pascal, lequel, après en avoir deviné trente-deux en se jouant, à ce que dit sa soeur, devint depuis un géomètre assez médiocre, et un fort mauvais métaphysicien. Vers les quatre cent cinquante ans, au sortir de l’enfance, il disséqua beaucoup de ces petits insectes qui n’ont pas cent pieds de diamètre, et qui se dérobent aux microscopes ordinaires ; il en composa un livre fort curieux, mais qui lui fit quelques affaires. Le muphti4 de son pays, grand vétillard5, et fort ignorant, trouva dans son livre des propositions suspectes, malsonnantes, téméraires, hérétiques, sentant l’hérésie6, et le poursuivit vivement : il s’agissait de savoir si la forme substantielle des puces de Sirius était de même nature que celle des colimaçons. Micromégas se défendit avec esprit ; il mit les femmes de son côté ; le procès dura deux cent vingt ans. Enfin le muphti fit condamner le livre par des jurisconsultes qui ne l’avaient pas lu, et l’auteur eut ordre de ne paraître à la cour de huit cents années. Il ne fut que médiocrement affligé d’être banni d’une cour qui n’était remplie que de tracasseries et de 25 petitesses. Il fit une chanson fort plaisante contre le muphti, dont celui-ci ne s’embarrassa guère ; et il se mit à
voyager de planète en planète, pour achever de se former l’esprit et le coeur, comme l’on dit. Ceux qui ne voyagent qu’en chaise de poste7 ou en berline7 seront sans doute étonnés des équipages7 de là-haut : car nous autres, sur notre petit tas de boue, nous ne concevons rien au-delà de nos usages. Notre voyageur connaissait merveilleusement les lois de la gravitation et toutes les forces attractives et répulsives8. Il s’en servait si à propos que, tantôt à l’aide d’un rayon du soleil, tantôt par la commodité d’une comète, il allait de globe en globe, lui et les siens, comme un oiseau voltige de branche en branche. Il parcourut la voie lactée en peu de temps, et je suis obligé d’avouer qu’il ne vit jamais à travers les étoiles dont elle est semée ce beau ciel empyrée que l’illustre vicaire Derham9 se vante d’avoir vu au bout de sa lunette. Ce n’est pas que10 je prétende que Monsieur Derham ait mal vu, à Dieu ne plaise11 mais Micromégas était sur les lieux, c’est un bon observateur et je ne veux contredire personne. Micromégas, après avoir bien tourné, arriva dans le globe de Saturne. Quelque accoutumé qu’il fût à voir des choses nouvelles, il ne put d’abord, en voyant la petitesse du globe et de ses habitants, se défendre de ce sourire de supériorité qui échappe quelquefois aux plus sages. Car enfin Saturne n’est guère que neuf cents fois plus gros que la terre, et les citoyens de ce pays-là sont des nains qui n’ont que mille toises1 de haut ou environ. Il s’en moqua un peu d’abord avec ses gens, à peu près comme un musicien italien se met à rire de la musique de Lulli12 quand il vient en France. Mais comme le Sirien avait un bon esprit, il comprit bien vite qu’un être pensant peut fort bien n’être pas ridicule pour
n’avoir que six mille pieds de haut.

1. Anciennes mesures : un pas vaut cinq pieds (un pied valant 32,4 cm), soit environ 1,62 m ; une lieue compte entre quatre et cinq kilomètres ; une toise mesure presque 2 mètres.
2. Congrégation chrétienne qui a éduqué et instruit beaucoup de jeunes gens.
3. Théorèmes d’Euclide.
4. Chef religieux, chargé de régler des controverses.
5. Uniquement préoccupé de vétilles, c’est-à-dire des choses sans aucune importance.
6. L’hérésie concerne tout ce qui est jugé contraire aux dogmes (aux
principes) de la religion.
7. Eléments permettant le transport au XVIIIe siècle.
8. Les lois régissant les mouvement des astres
établies par Newton.
9. Le savant Derham voulait prouver l’existence de Dieu en la situant dans un lieu très haut (la plus élevée des quatre sphères célestes où les Grecs situaient les dieux de leur mythologie).
10. Cela ne veut pas dire que...
11. Interjection figée.
12. Les musiciens se disputent à l’époque de Voltaire pour savoir quelle musique, de l’italienne (ave Lulli) ou de la française, est supérieure.

  • Lire les auteurs anciens : Descartes Règle III, Règles pour la direction de l’esprit
  • Marc FOGLIA, L’enfant chez Montaigne, un philosophe naturel ? - PDF

Eduquer et instruire

Les métamorphoses du moi

Terminale, semestre 2

 L'humanité en question.

Présentation des chapitres. Bibliographie Académie de Créteil
L’approche de ces questions s’effectue, pour chaque semestre, en relation privilégiée avec une période distincte dans l’histoire de la culture. Pour la classe terminale, ces périodes sont définies comme suit :
1) du romantisme au XXe siècle ;
2) période contemporaine (XXe-XXIe siècles).

Chapitres

  • Création, continuités, ruptures
  • Histoire et violence
  • L’humain et ses limites
DOSSIER 5 : Histoire et idéologie Académie de Créteil

 L'humain et ses limites

 La grande Guerre

Film : Léon Poirier 1928, Verdun, visions d’Histoire Dossier Cinémathèque de Toulouse

Dossier pédagogique Cinémathèque de Toulouse. Les sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, 1957

 Les grands hommes et leurs passions

- Hegel La philosophie de l’histoire

 <span style="color:#008000;"><span class="caps">DOSSIER</span> 7 Le récit de soi : des Confessions aux antimémoires</span>

- Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe (1849) « Récapitulation de ma vie »

Les mémoires d’Outretombe

Texte 1. Le début de deux histoires

25 septembre 1841.
J’ai commencé à écrire ces Mémoires à la Vallée-aux-Loups le 4 octobre 1811 ; j’achève de les relire en les corrigeant à Paris ce 25 septembre 1841 : voilà donc trente ans, onze mois, vingt-un jours, que je tiens secrètement la plume en composant mes livres publics, au milieu de toutes les révolutions et de toutes les vicissitudes de mon existence. Ma main est lassée : puisse-t-elle ne pas avoir pesé sur mes idées, qui n’ont point fléchi et que je sens vives comme au départ de la course ! À mon travail de trente années j’avais le dessein d’ajouter une conclusion générale : je comptais dire, ainsi que je l’ai souvent mentionné, quel était le monde quand j’y entrai, quel il est quand je le quitte. Mais le sablier est devant moi, j’aperçois la main que les marins croyaient voir jadis sortir des flots à l’heure du naufrage : cette main me fait signe d’abréger ; je vais donc resserrer l’échelle du tableau sans omettre rien d’essentiel.

Louis XIV mourut. Le duc d’Orléans fut régent pendant la minorité de Louis XV. Une guerre avec l’Espagne, suite de la conspiration de Cellamare, éclata : la paix fut rétablie par la chute d’Alberoni. Louis XV atteignit sa majorité le 15 février 1723. Le Régent succomba dix mois après. Il avait communiqué sa gangrène à la France ; il avait assis Dubois dans la chaire de Fénelon, et élevé Law. Le duc de Bourbon devint premier ministre de Louis XV, et il eut pour successeur le cardinal de Fleury dont le génie consistait dans les années[2]. En 1734 éclata la guerre

 André Malraux

[Radioscopie Jacques Chancel s'entretient avec André Malraux ->https://www.youtube.com/watch?v=KlotHkckOsE">où mon père fut blessé devant Dantzig. En 1745 se donna la bataille de Fontenoy ; un des moins belliqueux de nos rois nous a fait triompher dans la seule grande bataille rangée que ayons gagnée sur les Anglais, et le vainqueur du monde a ajouté à Waterloo un désastre aux désastres de Crécy, de Poitiers et d’Azincourt. L’église de Waterloo est décorée du nom des officiers anglais tombés en 1815 ; on ne retrouve dans l’église de Fontenoy qu’une pierre avec ces mots : « Ci-devant repose le corps de messire Philippe de Vitry, lequel, âgé de vingt-sept ans, fut tué à la bataille de Fontenoy le 11 de mai 1745. » Aucune marque n’indique le lieu de l’action ; mais on retire de la terre des squelettes avec des balles aplaties dans le crâne. Les Français portent leurs victoires écrites sur leur front.

Plus tard le comte de Gisors, fils du maréchal de Belle-Isle, tomba à Crevelt. En lui s’éteignit le nom et la descendance directe de Fouquet. On était passé de mademoiselle de La Vallière à madame de Châteauroux. Il y a quelque chose de triste à voir des noms arriver à leur fin, de siècles en siècles, de beautés en beautés, de gloire en gloire.

Au mois de juin 1745, le second prétendant des Stuarts avait commencé ses aventures : infortunes dont je fus bercé en attendant que Henri V remplaçât dans l’exil le prétendant anglais.

La fin de ces guerres annonça nos désastres dans nos colonies. La Bourdonnais vengea le pavillon français en Asie ; ses dissensions avec Dupleix depuis la prise de Madras gâtèrent tout. La paix de 1748 suspendit ces malheurs ; en 1755 recommencèrent les hostilités ; elles s’ouvrirent par le tremblement de terre de Lisbonne, où périt le petit-fils de Racine. Sous prétexte de quelques terrains en litige sur la frontière de l’Acadie, l’Angleterre s’empara sans déclaration de guerre de trois cents de nos vaisseaux marchands ; nous perdîmes le Canada : faits immenses par leurs conséquences, sur lesquels surnage la mort de Wolfe et de Montcalm. Dépouillés de nos possessions dans l’Afrique et dans l’Inde, lord Clive entama la conquête du Bengale. Or, pendant ces jours, les querelles du jansénisme avaient lieu ; Damiens avait frappé Louis XV ; La Pologne était partagée, l’expulsion des jésuites exécutée, la cour descendue au Parc-aux-Cerfs. L’auteur du pacte de famille[5] se retire à Chanteloup, tandis que la révolution intellectuelle s’achevait sous Voltaire. La cour plénière de Maupeou fut installée : Louis XV laissa l’échafaud à la favorite qui l’avait dégradé, après avoir envoyé Garat[6] et Sanson à Louis XVI, l’un pour lire, et l’autre pour exécuter la sentence.

Ce dernier monarque s’était marié le 16 mai 1770 à la fille de Marie-Thérèse d’Autriche : on sait ce qu’elle est devenue. Passèrent les ministres Machault, le vieux Maurepas, Turgot l’économiste, Malesherbes aux vertus antiques et aux opinions nouvelles, Saint-Germain qui détruisit la maison du roi et donna une ordonnance funeste ; Calonne et Necker enfin.

Louis XVI rappela les parlements, abolit la corvée, abrogea la torture avant le prononcé du jugement, rendit les droits civils aux protestants, en reconnaissant leur mariage légal. La guerre d’Amérique, en 1779, impolitique pour la France toujours dupe de sa générosité, fut utile à l’espèce humaine ; elle rétablit dans le monde entier l’estime de nos armes et l’honneur de notre pavillon.

La révolution se leva, prête à mettre au jour la génération guerrière que huit siècles d’héroïsme avaient déposée dans ses flancs. Les mérites de Louis XVI ne rachetèrent pas les fautes que ses aïeux lui avaient laissées à expier ; mais c’est sur le mal que tombent les coups de la Providence, jamais sur l’homme : Dieu n’abrège les jours de la vertu sur la terre que pour les allonger dans le ciel. Sous l’astre de 1793, les sources du grand abîme furent rompues ; toutes nos gloires d’autrefois se réunirent ensuite et firent leur dernière explosion dans Bonaparte : il nous les renvoie dans son cercueil.

J’étais né pendant l’accomplissement de ces faits. Deux nouveaux empires, la Prusse et la Russie, m’ont à peine devancé d’un demi-siècle sur la terre ; la Corse est devenue française à l’instant où j’ai paru ; je suis arrivé au monde vingt jours après Bonaparte. Il m’amenait avec lui. J’allais entrer dans la marine en 1783 quand la flotte de Louis XVI surgit à Brest : elle apportait les actes de l’état civil d’une nation éclose sous les ailes de la France. Ma naissance se rattache à la naissance d’un homme et d’un peuple : pâle reflet que j’étais d’une immense lumière.

Mémoire et souvenir

Ici, j’ai écrit les Martyrs, les Abencerages, l’Itinéraire et Moïse ; que ferai-je maintenant dans les soirées de cet automne ? Ce 4 octobre 1811, anniversaire de ma fête et de mon entrée à Jérusalem[4], me tente à commencer l’histoire de ma vie. L’homme qui ne donne aujourd’hui l’empire du monde à la France que pour la fouler à ses pieds, cet homme, dont j’admire le génie et dont j’abhorre le despotisme, cet homme m’enveloppe de sa tyrannie comme d’une autre solitude ; mais s’il écrase le présent, le passé le brave, et je reste libre dans tout ce qui a précédé sa gloire.

La plupart de mes sentiments sont demeurés au fond de mon âme, ou ne se sont montrés dans mes ouvrages que comme appliqués à des êtres imaginaires. Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs[5].

Extrait

Jean-Pierre LANGEVINLabyrinthes de la mémoire : s’y perdre, souffrir, s’y retrouver 
VIDÉO – Dailymotion >VIDÉO – Dossier – PDF
Morgane AVELLANEDA, La littérature comme fil d’Ariane : tracer son chemin dans la mémoire –
VIDÉO – Dailymotion >VIDÉO – Dossier – PDF

<!— /wp:paragraph - 1974
L’art et l’histoire : Entretiens avec André Malraux
- Le défaut de véracité et d’exactitude dans ces mémoires n’a de pertinence « qu’autant que l’on tient les Antimémoires pour des Mémoires et le « je » qui s’y exprime pour un je autobiographique », ce qui n’est pas évident dans la mesure où l’auteur s’est inscrit en faux aussi bien contre la tradition de l’autobiographie-confession, à la manière de saint Augustin ou de Rousseau, que contre celle des Mémoires à la manière de Saint-Simon ou du général de Gaulle. Le discours autobiographique de Malraux se situe ailleurs, nous semble-t-il, dans cette zone intermédiaire et que l’on appelle aujourd’hui l’autofiction et qui se caractérise par un discours bivalent, mi-enraciné dans la réalité référentielle et mi-tourné vers la fiction. En assemblant deux discours traditionnellement incompatibles, l’autofiction rend inopérante l’antithèse « vérité / fiction. »

Dès l’avant-propos des Antimémoires, Malraux établit une ligne de partage extrêmement nette entre deux grands modèles de récits de soi : [1]
L’individu a pris dans les Mémoires la place que l’on sait, lorsqu’ils sont devenus des Confessions. Celles de saint Augustin ne sont nullement des confessions, et s’achèvent en un traité de métaphysique. Nul ne songerait à nommer confessions les Mémoires de Saint-Simon : quand il parlait de lui, c’est pour être admiré.

 Des mémoires à la propagande

- Dossier BNF Les représentations artistiques de la Grande Guerre – 1 – Du témoignage à la propagande

 La guerre de masse
  •  La violence de la Grande guerre

     DOSSIER 7 De la nation au nationalisme

    Le patriotisme

    L’image héroïque des soldats en France pendant la guerre de 14x18


     Auschwitz

     
  •  Le totalitarisme

    Rhétoriques du pouvoir en Allemagne au XXe siècle

  • Le fascisme : une jeunesse fasciste face au choix du mysticisme

  • Les masses et la psychologie des foules

  • Paroles totalitaires

  • Notes :

    [1André Malraux, Le Miroir des limbes, éd. Marius-François Guyard, Œuvres complètes, t. III


    Enseignement Humanités, littérature et philosophie en classe de Première

    Recommandations conjointes des groupes Lettres et Philosophie de l’IGEN
    (Février 2019)
    Destinataires : Inspecteurs d’académie - inspecteurs pédagogiques régionaux de Lettres et de Philosophie – Professeurs de Lettres et de Philosophie.

    Les listes de ressources constituent des suggestions et n’ont aucun caractère prescriptif. Elles donnent un exemple de l’éventail des textes.

    Les sujets d’Humanités, littérature et philosophie de la Banque Nationale de Sujets Les sujets d’Humanités, littérature et philosophie de la Banque Nationale de Sujets sont désormais accessibles librement à l’adresse suivante : http://quandjepasselebac.education.fr/revisions-la-banque-nationale-de-sujets/ Les élèves et les professeurs y ont donc directement accès. Chacun peut librement s’exercer à partir de ces sujets, toutefois, il est recommandé aux enseignants de ne pas proposer de corrigés de ces exercices et de ne pas s’en servir pour des évaluations en classe. Ces sujets sont en effet réservés à l’examen de fin d’année. Propositions de textes pour s’exercer Exercices d’entraînement à l’oral à partir du Ménon de Platon.


    - Programme Humanités, littérature et philosophie classes de premières
    - Chapitres
    - Premières semestre 1
    - Les pouvoirs de la parolePériode de référence : De l’Antiquité à l’Âge classique
      • L’art de la parole
      • L’autorité de la parole
      • Les séductions de la parole
        - Premières, semestre 2
        - Les représentations du mondePériode de référence : Renaissance, Âge classique, Lumières
      • Découverte du monde et pluralité des cultures
      • Décrire, figurer, imaginer
      • L’homme et l’animal

    .

     Introduction générale

    - Corpus de textes proposé par l’Académie de Grenoble

    - Humanismes, humanités, post et transhumanisme. Bibliographie. Académie de Créteil

    - Barbara Cassin Présence du sophisme

     Les pouvoirs de la parole

     EXERCICES

    LEFERME-JOUARY Catherine, Les pouvoirs de la parole - Propositions d’exercices Site Philosophie de l’Académie de Paris


    - Parcours et textes sur le pouvoir de la rhétorique ac-Bordeaux

    Lire Gorgias Académie de Créteil
    - Lecture du Gorgias Gorgias ou la rhétorique 1 La rhétorique est-elle un art ? (Gorgias 2) Gorgias ou la rhétorique 3

     Lectures d’oeuvres

    De Oratore de Cicéron : Rhétorique et philosophie PAF 2019-2020 Académie de Créteil
    par Catherine Rezaei Professeure de philosophie au Lycée Christophe Colomb à Sucy-en-Brie.

    MACE Arnaud,Gorgias, le Gorgias et l’ordre de l’âme
    Site Philosophie de l’académie de Paris

     Poésie et philosophie

    La parole de l’origine : le mythe

    DARDONVILLE Laure, LAYET Clément, Philosophie et poésie d’hier à aujourd’hui Académie de Versailles

    Les pouvoirs de la parole. Groupement de textes autour du Ion de Platon Académie de Lille.

     
    Vérité et vraisemblable

    - Prouver Peut-on tout prouver ?
    Persuader, convaincre, démontrer, débattre
    Les différentes preuves selon Aristote
    - La métaphore
    - Le vraisemblable

     
    Les pouvoirs de la parole

    HLP 1re

    Les pouvoirs de la parole. Bibliographie Site Philosophie de l’académie de Créteil.
    - L’art de la parole Lectures conseillées. Académie de Créteil.

    Académie de Dijon. Un premier axe de travail : comment la parole est constitutive d’une identité.
    Un deuxième axe de travail : comment les formes essentielles de la parole (chant, rhétorique, dialogue) correspondent au conflit entre séduction et réflexion, entre désir et raison.

    PASQUALI Sylvain, Les pouvoirs de la parole - Essai de problématisation
    Sylvain Pasquali, professeur de philosophie dans l’académie de Strasbourg. Académie de Nancy-Metz

    DURAIN Céline,Trame de parcours 1 - Les pouvoirs de la parole
    Deux trames de parcours pour les semestres 1 et 2 de la spécialité Humanités, littérature et philosophie, ainsi qu’un choix de textes philosophiques. Ce travail a été réalisé par Céline Durain, professeure de philosophie et responsable de la formation dans l’académie de Nancy-Metz.

    MOREAU Isabelle, BERAT-ESQUIER Fanny, Les pouvoirs de la parole Académie de Versailles

    ESTORC Romain, professeur de lettres , SAINT MAURICE De Thibaut, professeur de philosophie, Accords et désaccords : à quelle condition la parole peut-elle créer du lien ? Ebauche d’une séquence pour la spécialité Humanités, Littérature et Philosophie - Les pouvoirs de la parole. Académie de Versailles

     Séduction et autorité de la parole

    Séduction de la parole Bibliographie conseillée. Site académie de Créteil

    - L’art de la conversation à l’âge classique. Dossier ac-Strasbourg. Corpus de textes

    Les Grecs et la guerre : du héros aux hoplites. Discours mythique et récit historique Académie de Créteil

    Périclès, Thucydide, Platon, Le courage à partir du Lachès de Platon Académie de Créteil

    Discours sur la guerre Académie de Créteil

    TUEURS DE FEMMES Le citoyen-soldat athénien au théâtre face à ses futures victimes :
    Atossa (Eschyle), Électre (Sophocle), Hécube (Euripide)

    Séductions et autorité de la parole, un parcours
    Agnès HUGENELL, IA-IPR de Lettres de l’académie de Strasbourg, Claire KOPDA, professeure de Lettres, et Yann MARTIN, IA-IPR de Philosophie Académie de Nancy-Metz

    VICCTORI Cécile, CARLIER-SIRAT Maud, Entre Ulysse et Shéhérazade : la parole et le pouvoir Site Philosophie de l’académie de Versailles

    RIGHI Nicolas, La figure de la ruse : textes. Académie de Lille

    RIGHI Nicolas, Groupement de textes autour de l’Odyssée Académie de Lille

     Parole et démocratie

    CHARUAU Benoît, La parole en démocratie - Corpus de textes pour de possibles itinéraires Site Philosophie de l’académie de Paris

    BENAMOU Florence, AL SALEH Olivier, L’exercice de la parole en démocratie Académie de Versailles

     La justice et la rhétorique

    Rhétorique, I 1 Aristote

    - L’orateur ( De Oratore) selon Cicéron
    - Etude d’une plaidoirie de Cicéron

    - Débat sur la peine de mort
    Le premier débat parlementaire connu sur la peine de mort s’est déroulé en 427 avant J. -C., date à laquelle Diodote, faisant valoir que ce châtiment n’avait pas d’effet dissuasif, a réussi à persuader l’Assemblée athénienne en Grèce de revenir sur sa décision d’exécuter tous les adultes mâles de la ville rebelle de Mytilène (Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre III, par. 25-50).

    Les passions : Indignation et colère selon Aristote
    La fureur d’Achille et le procès d’Oreste
    Passions et caractères
    Médecine et Discours

    - Histoire de la rhétorique
    Lysias
    Théophraste (370-287 av. J.-C.)

     
    Métaphysique et rhétorique

    Mythe final du Gorgias


     Les représentations du monde

    Les représentations du monde Bibliographie. Académie de Créteil


    - Les représentations du monde Groupement de textes et de documents Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil 1578 Textes images et questions.

     Lectures suivies

    - DUCHANGE Bérengère, Lecture suivie du Micromégas de Voltaire Académie de Lille

    - Parcours : Voyages sur la lune

    1. Lucien, Histoires vraies, voyage sur la Lune I, 22-23 (IIe siècle av. J.-C. ; traduction E. Talbot, 1866). 2. Cyrano de Bergerac, Histoire comique des États et Empires de la Lune et du Soleil, (éd. posthume, 1657-62). 3. Jules Verne, De la Terre à la Lune, fin du chapitre II – le discours de Barbicane (1868). 4. Le Voyage dans la Lune, de Georges Méliès – Affiche du film (1902). 5. A. Ayroles et J.-L. Masbou, De Cape et de Crocs (BD), Tome 6 Luna incognita, Delcourt, 2004.

    BEZIN Yannick, Jean de Léry et le cannibalisme, diaporama Académie de Lille

    BEZIN Yannick, Jean de Léry, textes, images et questions Académie de Lille

    NICODEME Florian, Analyse anthropologique d’un cas extrême de « diversité culturelle » : l’anthropophagie Site Philosophie de l’académie de Paris

    NICODEME Florian, Analyse anthropologique d’un cas extrême de « diversité culturelle » : l’anthropophagie - Questionnaire Site Philosophie de l’Académie de Paris

    Parcours BNF autour de Christophe Colomb

    Académie de Créteil

     La représentation

    Académie de Créteil

    DURAIN Cécile, Trame de parcours 2 - Les représentations du monde
    Deux trames de parcours pour les semestres 1 et 2 de la spécialité Humanités, littérature et philosophie, ainsi qu’un choix de textes philosophiques. Ce travail a été réalisé par Céline Durain, professeure de philosophie et responsable de la formation dans l’académie de Nancy-Metz.

    VALENSI Margaux, PAIN Benoît, GONY-PAIN Claire, En quoi les représentations du monde ont-elles évolué du XVe au XVIIIe siècle ? Académie de Poitiers

    LAFONT-THOMAS R., Les représentations du monde : le rôle de la science. Le cas de la révolution astronomique. Site Philosophie de l’Académie de Paris

    Dossier Les représentations du monde Ac Strasbourg
    De la Renaissance aux Lumières Documents présentés par Claire Habig lors des formations académiques mars 2019

     Organiser le savoir. Classer

    - L’« arbre des sciences »
    - Le labyrinthe
    - Encyclopédies ou le temps du savoir

     Monde et univers. Cosmologie et sciences physiques

    - Du monde clos à l’univers infini

    - Géocentrisme, héliocentrisme
    Les enjeux d’une pensée de l’infini
    Le récit originaire du mythe
    Exercices sur le mythe
    Les Présocratiques
    Le système de Ptolémée
    La révolution copernicienne
    - Article sur Copernic de d’Alembert (Encyclopédie) Quelle est l’hypothèse de Copernic ?
    - Que bouscule l’héliocentrisme ? La science nous libère-t-elle de la superstition ?

     Représentation du monde et religion

    - GONY Claire, Les représentations du monde : la crise religieuse au XVIe siècle - Textes choisis->http://ww2.ac-poitiers.fr/hlp/sites/hlp/IMG/pdf/hlp_-_la_crise_religieuse_au_xvieme_-_textes_-_claire_gony.pdf] Académie de Poitiers

    - Luther et Calvin Académie de Créteil

     Technique et savoir. Inventer et découvrir

    - Histoire des sciences et des techniques
    - Histoire de la perspective
    - La technique et l’invention
    - Progrès des techniques et des sciences
    - L’imprimerie
    - Une proposition de parcours autour de la querelle de « l’animal-machine » à partir de la fable de La Fontaine, « Le Discours à Mme de la Sablière » Académie de Lille

     LE MERVEILLEUX et les sciences

    - Merveilleux et mécanique. Les mécaniciens de l’antiquité Académie de Créteil
    - Le merveilleux au Moyen-Age Académie de Créteil

     Géographie et savoir. Se repérer

    SILVAN Astrid, De la cartographie et du pouvoir de la parole Académie de Poitiers

    Les réseaux routiersAcadémie de Créteil

    L’horloge

     Représentation de soi et de l’autre

     Le miroir

    Les « apparitions » du miroir. Image et ressemblance
    Représentation et miroir Académie de Créteil

     Décrire, figurer, imaginer

    - 

    « Imagination et pensée au XVIIe siècle » Ac Strasbourg

    - Dossier Pédagogique sur l’enfant sauvage

     UTOPIES

    - ROUX Tommy,Bergerac, Les Etats et Empires de la Lune
    Un cours sur l’œuvre de Cyrano de Bergerac, Les États et Empires de la Lune, réalisé par Tommy ROUX. Ce cours aborde de façon transversale tous les points du deuxième semestre de HLP, sur les représentations du monde. Académie Nancy-Metz
    - Utopies. Quelques analyses
    - Oeuvres autour de l’utopie
    Benoît, Navigation de Saint Brendan à la recherche du paradis
    Bacon (Francis), La Nouvelle Atlantide
    Condorcet (Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de) Fragment sur l’Atlantide
    Cyrano de Bergerac (Savinien de), Histoire comique contenant les états et empires de la Lune
    Denis Vairasse, L’Histoire des Sevarambes, peuples qui habitent une partie du troisième continent appelé [sic] la Terre australe
    Rabelais Abbaye de Thélème

    - L’utopie et l’histoire

     L'homme et l'animal

    - 

    Académie de Créteil

    Analyses philosophiques : l’homme et l’Animal

      Problématiques autour de l’animal

    - Les animaux ont aussi leur histoire par M. Pastoureau
    - Les animaux ont-ils des droits
    - Dossier Darwin
    - Article « Bêtes » Voltaire Dictionnaire Philosophique
    - LA ROCHEFOUCAULD Du rapport des hommes avec les animaux
    - http://www4.ac-nancy-metz.fr/philosophie/spip.php?article167DUCHANGE Bérengère,Lecture suivie d’une fable de La Fontaine sur la querelle des animaux-machines
    Académie de Lille
    - GONY-PAIN C., L’homme et l’animal
    Académie de Poitiers
    - MAEL Bernard L’homme et l’animal - Corpus de textes Académie de Poitiers


    A CONSULTER :
    LA BIBLIOTHEQUE DES AUTEURS Vous y trouverez les textes numérisés des auteurs au programme.


      Les confusions à propos de la laïcité.

    - La laïcité et la tolérance. Expliquer en quoi la culture des différences culturelles peut conduire à une forme de séparatisme culturel.

    • Faire cet exercice d’interprétation : Malika DORBANI-BOUABDELLAH, « L’avènement de la souveraineté nationale », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 07 novembre 2020. URL : http://histoire-image.org/fr/etudes/avenement-souverainete-nationale. Montrer le lien entre la laïcité et l’apparition de la nation et de la Souveraineté populaire.
    • Texte 2 Expliquer ce texte de Locke extrait de La Lettre sur la tolérance, 1690.
      L’Etat doit assurer un exercice libre et égal de tous les cultes. Tout comportement admis dans la sphère publique doit aussi l’être le cadre de la pratique d’un culte. Les projets ou les actions hostiles à la loi ou à l’intérêt général qui pourraient être fomentés ou commis dans un cadre religieux n’ont pas à être traités différemment que lorsqu’ils le sont dans un cadre civil.
      Il n’y a pas lieu de tenir rigueur à toute une communauté des exactions de quelques-uns de ses membres.
      « Ajoutons, pour conclure, que tout consiste à accorder les mêmes droits à tous les citoyens d’un État. Est-il permis aux uns de servir Dieu selon les rites de l’Église romaine, qu’il soit permis aux autres de l’adorer à la manière de celle de Genève. L’usage de la langue latine est-il reçu en public, qu’on le permette aussi dans les temples. Peut-on se mettre à genoux chez soi, se tenir debout, demeurer assis ou tenir quelque autre posture, faire tels ou tels gestes, porter un habit blanc ou noir, une robe longue ou une courte : qu’on souffre tout cela dans les Églises, pourvu qu’on ne choque point les règles de la bienséance. Qu’il soit permis d’y manger du pain, d’y boire du vin, d’y faire des ablutions, si quelqu’une de leurs cérémonies le demande ; en un mot, que l’on puisse faire, dans l’exercice de sa religion, tout ce qui est légitime dans l’usage ordinaire de la vie ; que, pour toutes ces choses, ou d’autres semblables, on ne fasse souffrir à personne aucun tort, ni dans sa liberté, ni dans ses biens.
      Vous est-il permis de suivre la discipline presbytérienne dans votre Église, pourquoi ne voudriez vous pas que les autres eussent la liberté de recevoir l’épiscopale ; Le gouvernement ecclésiastique, qu’il soit administré par un seul ou par plusieurs, est partout le même ; il n’a nul droit sur les affaires civiles, ni le pouvoir de contraindre ; et il n’a pas besoin, pour se soutenir, de gros revenus annuels. La coutume autorise les assemblées religieuses ; et si vous les accordez à une Église ou à une secte, pourquoi les défendriez-vous aux autres ? Si l’on conspire dans quelqu’une de ces assemblées contre le bien de l’État, ou que l’on y tienne des discours séditieux, il faut punir cette action de la même manière, et non autrement, que si elle s’était passée dans un lieu public. Les églises ne doivent pas servir d’asile aux rebelles et aux criminels ; mais le concours des hommes doit y être aussi libre que dans une foire ou dans un marché, et je ne vois pas pour quelle raison l’un serait plus blâmable que l’autre. Chacun doit être responsable de ses propres actions, et l’on ne doit pas rendre un homme odieux ni suspect pour la faute qu’un autre a commise. Qu’on châtie rigoureusement les séditieux, les meurtriers, les brigands, les voleurs, les adultères, les injustes, les calomniateurs, en un mot, toute sorte de criminels, de quelque religion qu’ils soient ; mais qu’on épargne, et qu’on traite avec la même douceur que les autres citoyens, ceux dont la doctrine est pacifique, et dont les mœurs sont pures et innocentes. Si l’on permet aux uns de célébrer des assemblées solennelles et certains jours de fête, de prêcher en public et d’observer d’autres cérémonies religieuses, on ne peut refuser la même liberté aux presbytériens, aux indépendants aux arminiens, aux quakers, aux anabaptistes et autres ; et même, pour dire franchement la vérité, comme les hommes se la doivent les uns aux autres, l’on ne doit exclure des droits de la société civile ni les païens, ni les mahométans, ni les Juifs, à cause de la religion qu’ils professent. Du moins, l’Eglise, qui ne juge point ceux qui sont dehors, comme dit l’apôtre (Cor., V, 12, 13), n’en a pas besoin ; et l’État, qui embrasse et reçoit les hommes, pourvu qu’ils soient honnêtes, paisibles et industrieux, ne l’exige pas.
      Quoi ! vous permettriez à un païen de négocier chez vous, et vous l’empêcheriez de prier Dieu et de l’honorer à sa manière ! Les juifs peuvent séjourner au milieu de nous, et habiter vos maisons ; pourquoi donc leur refuserait-on des synagogues ? Leur doctrine est-elle plus fausse, leur culte est-il plus abominable et leur union est-elle plus dangereuse en publi qu’en particulier ? Mais si l’on doit accorder toutes ces choses aux infidèles, la condition de quelques chrétiens sera-t-elle pire que la leur, dans un État qui professe l’Évangile de JésusChrist ? »(P31)

    - Pourquoi la tolérance est-elle source d’inégalité ?

    - Autre confusion : la laïcité serait radicalement opposée à la religion

    Texte 3 : Décret du 2 avril 1871

     La laïcité négation du religieux ?

    .

    N’y-a-t-il d’opinion que religieuse ? En quoi ce décret qui émane de La Commune de Paris porte-t-il à confusion au sujet de la laïcité ?


    La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la Liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté, Décrète :

    Article Ier : L’Église est séparée de l’État.

    Article II : Le budget des cultes est supprimé.

    Article III : Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales.

    Article IV : Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation.

    - Troisième confusion - La sécularisation
    La laïcité, un principe de délimitation profonde entre le temporel et le spirituel, dans un procès de sécularisation des institutions de l’Etat.

     Texte 4

    Ce mot est nouveau, et, quoique correctement formé, il n’est pas encore d’un usage général. Cependant le néologisme est nécessaire, aucun autre terme ne permettant d’exprimer sans périphrase la même idée dans son ampleur. (…)

    La laïcité ou la neutralité de l’école à tous les degrés n’est autre chose que l’application à l’école du régime qui a prévalu dans toutes nos institutions sociales. Nous sommes partis, comme la plupart des peuples, d’un état de choses qui consistait essentiellement dans la confusion de tous les pouvoirs et de tous les domaines, dans la subordination de toutes les autorités à une autorité unique, celle de la religion. Ce n’est que par le lent travail des siècles que peu à peu les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église. La force des choses a de très bonne heure amené la sécularisation de l’armée, puis celle des fonctions administratives et civiles, puis celle de la justice. Toute société qui ne veut pas rester à l’état de théocratie pure est bientôt obligée de constituer comme forces distinctes de l’Église, sinon indépendantes et souveraines, les trois pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire. Mais la sécularisation n’est pas complète quand sur chacun de ces pouvoirs et sur tout l’ensemble de la vie publique et privée le clergé conserve un droit d’immixtion, de surveillance, de contrôle et de veto. Telle était précisément la situation de notre société jusqu’à la Déclaration des droits de l’homme. La Révolution française fit apparaître pour la première fois dans sa netteté entière l’idée de l’État laïque, de l’État neutre entre tous les cultes, indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique. L’égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les citoyens, la constitution de l’état civil et du mariage civil, et en général l’exercice de tous les droits civils désormais assuré en dehors de toute condition religieuse, telles furent les mesures décisives qui consommèrent l’œuvre de sécularisation. Malgré les réactions, malgré tant de retours directs ou indirects à l’ancien régime, malgré près d’un siècle d’oscillations et d’hésitations politiques, le principe a survécu : la grande idée, la notion fondamentale de l’État laïque, c’est-à-dire la délimitation profonde entre le temporel et le spirituel, est entrée dans nos mœurs de manière à n’en plus sortir. Les inconséquences dans la pratique, les concessions de détail, les hypocrisies masquées sous le nom de respect des traditions, rien n’a pu empêcher la société française de devenir, à tout prendre, la plus séculière, la plus laïque de l’Europe.

    Un seul domaine avait échappé jusqu’à ces dernières années à cette transformation : c’était l’instruction publique, ou plus exactement l’instruction primaire, car l’enseignement supérieur n’était plus tenu depuis longtemps à aucune sujétion ; et, quant à l’enseignement secondaire, il n’y était astreint que pour ses élèves internes, c’est-à-dire en tant que l’État se substituant aux familles est tenu d’assurer aux enfants, dans les murs des collèges où ils sont enfermés, les moyens d’instruction religieuse qu’ils ne peuvent aller chercher au dehors. L’enseignement primaire public, au contraire, restait essentiellement confessionnel : non seulement l’école devait donner un enseignement dogmatique formel, mais encore, et par une conséquence facile à prévoir, tout dans l’école, maîtres et élèves, programmes et méthodes, livres, règlements, était placé sous l’inspection ou sous la direction des autorités religieuses.
    L’histoire même de notre enseignement primaire expliquait ce régime.

    Par des motifs divers, tous les gouvernements qui se sont succédé chez nous depuis le Consulat avaient répudié les projets de la Convention et mis tous leurs soins à reconstituer ou à maintenir le système ancien de l’école confessionnelle. Un système qui a pour lui une existence de plusieurs siècles, tout un ensemble d’écoles formées et de maîtres en possession d’état, qui a de plus l’approbation du clergé, celle de tous les partis sauf un seul, et qui a enfin en sa faveur des considérations économiques toujours puissantes même auprès des municipalités théoriquement opposées à l’enseignement clérical, ce système ne pouvait être aisément abandonné. Et pour qu’un gouvernement résolût d’y substituer hardiment le régime de la laïcité, il fallait que d’une part l’opinion publique fût revenue aux traditions de 1789 et de 1792 et vît d’une vue bien claire la nécessité d’accomplir dans l’instruction publique la même révolution que dans tout le reste de nos institutions, et il fallait d’autre part que le gouvernement fût en mesure de lever les nombreux obstacles préalables qui empêchaient de songer à cette transformation, c’est-à-dire qu’il fût maître de l’enseignement public, qu’il en tînt le budget dans sa main, qu’il l’eût rendu gratuit et obligatoire, qu’il l’eût dégagé de la tutelle des communes et de celle des bienfaiteurs de toute sorte qui, sous prétexte de le doter plus ou moins richement, se réservaient le droit de le faire diriger à leur gré.

    Ferdinand BUISSON, « Laïcité » (1882), Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire

     Texte 5 : La laïcité républicaine et la démocratie, une fausse opposition

    Parmi les oppositions trompeuses concernant la laïcité, on trouve aujourd’hui encore celle de la laïcité républicaine et de la démocratie. Avant la loi de séparation de 1905, une telle opposition était déjà apparue artificielle à Jaurès.

    Si la démocratie fonde en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social, famille, patrie, propriété, souveraineté, si elle ne s’appuie que sur l’égale dignité des personnes humaines appelées aux mêmes droits et invitées à un respect réciproque, si elle se dirige sans aucune intervention dogmatique et surnaturelle, par les seules lumières de la conscience et de la science, si elle n’attend le progrès que du progrès de la conscience et de la science, c’est-à-dire d’une interprétation plus hardie du droit des personnes et d’une plus efficace domination de l’esprit sur la nature, j’ai bien le droit de dire qu’elle est foncièrement laïque, laïque dans son essence comme dans ses formes, dans son principe comme dans ses institutions, et dans sa morale comme dans son économie. Ou plutôt, j’ai le droit de répéter que démocratie et laïcité sont identiques.

    Jean JAURÈS, « L’enseignement laïque » (1904),>Laïcité et République sociale, Le cherche midi, 2005, p. 70.