*
L’humanité en question. Chapitres. Bibliographie

L’Humanité en question

Le second semestre de la classe terminale achève les explorations proposées au cours des deux années du programme d’Humanités, littérature et philosophie. Il aborde, à partir de textes littéraires et philosophiques, les interrogations et les expériences caractéristiques du monde contemporain.
Un premier chapitre, « Création, continuités et ruptures », porte sur la conception même de l’activité créatrice et sur les relations entre art et société à travers les bouleversements intervenus depuis le début du XXe siècle.
Le deuxième chapitre, « Histoire et violence », part des grands conflits et traumatismes du XXe siècle, qui ont changé notre vision de l’Humanité et notre compréhension de l’histoire. Il propose d’étudier les diverses formes de la violence et leur représentation dans la littérature, ainsi que les questions philosophiques qui leur sont liées.
Le dernier chapitre, « L’humain et ses limites », s’articule plus directement aux avancées scientifiques et technologiques récentes qui modifient le rapport des hommes à l’environnement, à la société et à eux-mêmes.


1) Création, continuités, ruptures

Le XXe siècle a été, dans tous les domaines de la culture, une ère de ruptures et de transgressions. Dès avant la Première Guerre mondiale, le rejet de l’ordre « bourgeois » et la recherche de formes nouvelles s’affirment dans tous les domaines de l’art et de la littérature. L’expressionnisme, le futurisme, le mouvement Dada et, après la guerre, le surréalisme multiplient les manifestes à la fois esthétiques et politiques, et se placent à l’« avant-garde des évolutions artistiques.
En philosophie, la phénoménologie, l’empirisme logique, les courants marxistes représentent, chacun à leur manière, une même volonté de rupture avec des formes de pensée instituées. De la théorie des ensembles à celle de la relativité, de la physique quantique à l’anthropologie, tous les domaines du savoir connaissent de profonds bouleversements, d’où résulte en philosophie l’idée d’une crise de la rationalité.
Dans la première moitié du XXe siècle, les avancées techniques de toute nature, les nouveaux moyens de transport et de communication, le développement de la radio et du cinéma redessinent la physionomie du monde et transforment l’environnement culturel. L’idée que l’innovation ira toujours s’accélérant nourrit tout un imaginaire d’anticipation, entre nouveaux enthousiasmes et nouvelles peurs.
Le modernisme a paru un moment triompher dans tous les domaines, avant que les critiques à son endroit ne se multiplient. Dans l’ensemble des arts, son héritage est considérable : éclatement des formes narratives, métissage des traditions, expérimentations généralisées en poésie, en musique, dans les arts de la scène et dans les arts plastiques, utopies architecturales, travail sur les limites de la représentation…
Certaines propositions parmi les plus marquantes ont proclamé la « fin » de l’art et de la littérature. D’autres ont assumé leur lien avec les œuvres du passé qu’elles réinterprètent. C’est aussi le cas en philosophie. Y a-t-il des ruptures radicales en art, en littérature ou dans la pensée ? L’ancien – qui remplit les musées, les bibliothèques, les cinémathèques, et dont on célèbre la valeur patrimoniale – ne subsiste-t-il pas, en accord ou en tension, à côté du nouveau ou à travers lui ? L’histoire de la culture de l’époque contemporaine invite à réfléchir sur cette complexité et à se demander si d’autres époques ont connu des querelles et débats
comparables

Jarry, Ubu roi (1896).

Freud, L’Interprétation des rêves (1900).

Bergson,L’Évolution créatrice(1907).

Marinetti,Manifeste du futurisme (1908).

Apollinaire, Alcools(1913) ; L’Esprit nouveau et les poètes (1917).

Cendrars, « La Prose du Transsibérien » (1919) dans Du monde entier.

Breton et Soupault, Les Champs magnétiques (1920).

Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1922).

Breton, Manifeste du surréalisme (1924).

Woolf, Mrs Dalloway (1925).

  • Adaptation cinématographique 1997

Éluard, Capitale de la douleur (1926).

Dos Passos, Manhattan Transfer (1926).

Michaux, Qui je fus (1927).

Heidegger, Être et Temps (1927).

Breton, Nadja (1928).

Carnap, Le Dépassement de la métaphysique par l’analyse logique du
langage (1932).

Husserl, La Crise de l’humanité européenne et la philosophie(1935).

Artaud, Le Théâtre et son double (1938).

Césaire, Cahier du retour au pays natal (1947).
Ionesco, La Cantatrice chauve (1950). Yourcenar, Mémoires d’Hadrien (1951). RobbeGrillet, Les Gommes (1953). Alquié, Philosophie du surréalisme (1955). Senghor,
Éthiopiques (1956). Sarraute, L’Ère du soupçon (1956). Butor, La Modification (1957).
Beckett, Fin de partie (1957). Queneau, Cent mille milliards de poèmes (1961). Ionesco,
« Discours sur l’avant-garde », dans Notes et contre-notes (1962). Robbe-Grillet, Pour un
Nouveau roman (1963). Deleuze, Logique du sens (1969). Foucault, « Qu’est-ce qu’un
auteur ? » (1969), dans Dits et écrits. Sarraute, Pour un oui ou pour un non (1982).

2) Histoire et violence
Kant, Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique (1784). Hegel, La
Philosophie de l’histoire (1837). Proudhon, La Guerre et la Paix (1861). Engels, Le Rôle de
la violence dans l’histoire (1887). Conrad, Au cœur des ténèbres (1899). Weber, Le Savant
et le Politique (1919). Alain, Mars ou la guerre jugée (1921). Remarque, À l’Ouest, rien de
nouveau (1929). Hemingway, L’Adieu aux armes (1929). Giono, Le Grand Troupeau (1931).
Faulkner, Le Bruit et la Fureur (1931). Céline, Voyage au bout de la nuit (1932). Malraux, La
Condition humaine (1933). Giraudoux, La Guerre de Troie n’aura pas lieu (1935). Mitchell,
Autant en emporte le vent (1936). Martin du Gard, Les Thibault (1922-1940) : L’Été
1914 (1936). Malraux, L’Espoir (1937). Romains, Verdun (1938). Éluard, « La Victoire de
Guernica » (1938) dans Cours naturel. Nizan, La Conspiration (1938). S. Weil, L’Iliade ou le
poème de la force (1940). McCullers, Le cœur est un chasseur solitaire (1940). Éluard,
Poésie et Vérité (1942). Camus, La Peste (1947). Antelme, L’Espèce humaine (1947).
Klemperer, LTI, La langue du Troisième Reich (1947). Sartre, Les Mains sales (1948). D.
Lessing, Vaincue par la brousse (1950). Camus, L’Homme révolté (1951). D. Lessing, Les
enfants de la violence (1952-1989). Pasternak, Docteur Jivago (1957). Arendt, Les Origines
du totalitarisme (1961). Aron, Paix et guerre entre les nations (1962). Grossman, Vie et
Destin (1962). Chalamov, Récits de la Kolyma (1966). Arendt, « Sur la violence » (1970), in
Du mensonge à la violence. Gary, Chien blanc (1970). Tournier, Le Roi des Aulnes (1970).
N. Mandelstam, Contre tout espoir (1972). Soljenitsyne, L’Archipel du Goulag (1973).
Morante, La Storia (1974). Perec, W ou le souvenir d’enfance (1974). Levi, Le Système
périodique (1975). Lefort, Un Homme en trop. Réflexions sur L’Archipel du Goulag (1976).
Semprun, L’Écriture ou la vie (1996).

3) L’humain et ses limites
Valéry, « Le cimetière marin » (1920), dans Charmes. Ramuz, La Grande Peur dans la
montagne (1926). Huxley, Le Meilleur des mondes (1932). Watsuji, Fûdo, le milieu
humain (1935). Saint-Exupéry, Terre des hommes (1939). Ponge, Le Parti pris des
choses (1942). Barjavel, Ravage (1943). Cassirer, Essai sur l’homme (1944). Adorno et
Horkheimer, Dialectique de la raison (1944). Borges, Fictions (1944). Leopold, Almanach
d’un comté des sables (1949). Orwell, 1984 (1949). Vercors, Les Animaux dénaturés (1952).
Heidegger, La Question de la technique (1954), dans Essais et conférences. Lévi-Strauss,
Tristes tropiques (1955). Arendt, Condition de l’homme moderne (1958). Simondon, Du
mode d’existence des objets techniques (1958). Duras, Hiroshima mon amour (1960).
Asimov, Les Robots (1967). Barjavel, La Nuit des temps (1968). Dick, Les Androïdes rêventils de moutons électriques ? (1968). Levinas, Humanisme de l’autre homme (1972). Jonas,
Le Principe Responsabilité (1979). Maldiney, Penser l’homme et la folie (1991). Koltès, Quai
Ouest (1985). Bonnefoy, Les Planches courbes (1988). Murdoch, Le Chevalier vert (1993).
Serres, Petite Poucette (2012).