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Fiche de recensions de l’Oeil de Minerve sur La rhétorique

 

Table des matières

LA RHETORIQUE

Barbara Cassin, L’archipel des idées, lu par Maryse EMEL

Alain Seguy-Duclot, Platon, Belin 2014, lu par Sidonie Dastillung

Jean-François Mattéi, Pythagore et les pythagoriciens, P.U.F. 2017, lu par Julien Barbei

Santiago Espinosa, L’Impensé, Belles Lettres 2019, lu par Jordan l’Hostis le Hir

Régis Courtray (dir.), Regard et représentation dans l’Antiquité, P.U.M. 2013, lu par Catherine Rezaei

Dimitri El Murr (dir.), La Mesure du savoir, Vrin 2013, lu par Catherine Rezaei

Barbara Cassin, L’archipel des idées, lu par Maryse Emel

Barbara Cassin, L’archipel des idées, Revues / Collections : L’archipel des idées Editions de la Maison des sciences de l’homme. 

A lire Barbara Cassin, il est clair que l’héritage
des sophistes, c’est la performance créatrice des mots, qu’elle ne cesse de mettre en œuvre dans ce livre. Il ne s’agit pas pour elle de penser dans le cadre des Catégories d’Aristote, mais plutôt à partir du Traité du non-être de Gorgias. Le langage n’est pas là pour parler de ou parler à…il s’agit de parler pour parler, et ainsi créer des performances discursives au sens austinien, redevable on le voit à la sophistique. Philosophe ? Elle se réclame plutôt de l’antiphilosophie. Cette négation, est désir de décloisonnement.

 « Mais quand on me dira : « tu parles en tant que philosophe », je répondrai : « non, je parle en tant que femme ». [….] C’est ma manière de refuser une assignation d’essence : je n’accepte qu’une assignation de résistance. » 

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Alain Seguy-Duclot, Platon, Belin 2014, lu par Sidonie Dastillung

Alain Seguy-Duclot, Platon. L’Invention de la philosophie, collection Le Chemin des philosophes, Belin, octobre 2014 (288 pages). Lu par Sidonie Dastillung.

Déjà reconnu pour ces travaux portant sur la philosophie platonicienne, notamment pour les commentaires qu’il a produits de deux dialogues, le Parménide, Le Parménide ou le Jeu des hypothèses (1998), et celui du ThéétèteDialogue sur le Théétète de Platon (2008), Alain Séguy-Duclot, professeur chercheur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, propose cette fois dans Platon, l’Invention de la Philosophie une appréciation beaucoup plus globale de l’œuvre de Platon.

Même si l’ouvrage propose dans sa troisième partie un commentaire détaillé du Gorgias, il s’agit de comprendre la philosophie platonicienne dans sa logique de constitution, dans l’objectif de déterminer sa portée pour l’avenir de la philosophie. N’adoptant pas une approche purement historique, Alain Séguy-Duclot nomme « invention » de la philosophie par Platon, non pas la naissance du discours philosophique mais son désir de confrontation permanente à ce qui s’oppose à lui.

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Jean-François Mattéi, Pythagore et les pythagoriciens, P.U.F. 2017, lu par Julien Barbei

 

Jean-François Mattéi, Pythagore et les pythagoriciens, Presses Universitaires de France / Humensis, Que sais-je ?, Paris, 2017, 5e édition - la 1re datant de 1993 (127 p.), lu par Julien Barbei.


Le livre est fidèle à la vocation de la collection qui l’accueille (Que sais-je ?), dont la ligne éditoriale est de recourir aux meilleurs spécialistes sur les sujets les plus divers et offrir ainsi au (grand) public cultivé des synthèses à la fois érudites et abordables. En l’espèce, c’est Jean François Mattéi, spécialiste de philosophie grecque et ancien élève de Pierre Aubenque, qui couche son érudition sur le papier.

 

 
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Santiago Espinosa, L’Impensé, Belles Lettres 2019, lu par Jordan l’Hostis le Hir

Santiago Espinosa, L’Impensé. Inactualité de Parménide, « Encre marine », Les Belles Lettres, avril 2019 (123 pages). Lu par Jordan l’Hostis le Hir.

 

J’ouvre les yeux et des choses apparaissent, voilà tout.

L’Impensé est l’ouvrage récemment publié par Santiago Espinosa. À l’appui de fragments connus du Poème de Parménide, il y soutient l’idée que l’être est tout ce qui existe, jamais ce qui fait que les choses sont, et que le non-être n’existe pas.

Comment comprendre alors que l’on soit porté à considérer le réel comme insuffisant, et incapable de nous satisfaire ? Qu’est-ce qui nous conduit à penser que ce qui est n’est pas tout ce qui est ? Et pourquoi cette autre réalité aurait-elle plus de valeur que ce qui existe ? La position défendue est que le problème de la vérité nous détourne de la réalité immédiate. C’est en cherchant la vérité que la philosophie s’est – depuis Platon, et jusque dans son histoire récente – interrogée sur ce qui est vraiment réel, plutôt que sur ce qui existe. Et ce premier refus du réel au nom de la vérité s’est accompagné d’un deuxième refus, plus grave : le non-être, ne pouvant pas n’être rien, est. L’impensé, qui donne son titre à l’ouvrage, est ce néant déguisé en être, en pensée de quelque chose, là où il n’y a rien. De même que ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas. Le non-être n’est pas seulement faux ni mal pensé, mais il est impensé.

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Régis Courtray (dir.), Regard et représentation dans l’Antiquité, P.U.M. 2013, lu par Catherine Rezaei

Regard et représentation dans l’Antiquité, sous la direction de Régis Courtray, Pallas, N° 92, 2013 (329 pages).

Ce volume de la revue d’études antiques Pallas présente des textes réunis par Régis Courtray, suite à une journée d’étude et un séminaire organisés à l’Université Toulouse II-Le Mirail. L’ambition du recueil est de rendre compte de la manière dont les Anciens définissent le phénomène de la vision puis, sur ce fondement, d’interroger les représentations du regard, du monde, de l’intelligible, de l’intelligence en quête de savoir qu’ils formulent.

Les axes de recherche sont très variés, intégrant des perspectives philosophiques, littéraires, anthropologiques, historiques et esthétiques. Le cadre temporel et géographique très large, de l’Egypte et la Grèce archaïque aux débuts de l’ère chrétienne, nous permet d’accéder à une compréhension nuancée des enjeux soulevés par la question de la représentation pour les Anciens et des manifestations de leur perception de la réalité.

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Dimitri El Murr (dir.), La Mesure du savoir, Vrin 2013, lu par Catherine Rezaei

Dimitri El Murr (dir.), La Mesure du savoir : études sur le Théétète de Platon, collection Tradition de la Pensée Classique, Vrin, août 2013 (432 pages). Lu par Catherine Rezaei.

 Un ouvrage riche et stimulant, qui invite à une relecture personnelle et active du Théétète.

 Le Théétète de Platon traite à première vue la question : « Qu’est-ce que la connaissance ? » ; il examine successivement trois définitions que propose le jeune Théétète, avant que Socrate ne conclue sur un constat d’échec. L’ouvrage dirigé par Dimitri El Murr bat en brèche cette apparente simplicité. La première partie, intitulée « Commentaires », propose des lectures analytiques des différents épisodes du dialogue, mais surtout en interroge la dimension aporétique, pour l’expliquer ou la relativiser, selon des perspectives variées, voire contradictoires. La deuxième partie, nommée « Prolongements », traite de manière historique et comparative des interprétations et retentissements de la lecture du Théétète, depuis l’Antiquité jusqu’à Montaigne.

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