Le caractère de la jeunesse selon Aristote

Question : S’agit-il à partir de cette description que fait Aristote de la jeunesse de transformer celle-ci ?

  • Les émotions perturbent le jugement. Quelle est alors la conséquence d’un discours de persuasion sur les jeunes gens dont parle ici Aristote ?
  • A qui s’adresse l’orateur : à un individu singulier ou à une représentation ?
  • Comme, dans nos précédentes analyses, nous avons fait une description différentielle des prémisses, appliquons le même procédé aux passions et distinguons-les selon la méthode susdite. (Rhét., II. 1378)

  • La logique des passions intéresse Aristote au même titre que la logique de l’argumentation. Comment s’opère la persuasion ?

III. Sous le rapport des moeurs, les jeunes gens sont susceptibles de désirs ardents et capables d’accomplir ce qui fait l’objet de ces désirs. En fait de désirs corporels, ils sont surtout portés à écouter celui qui se rattache aux plaisirs de l’amour et ne peuvent le maîtriser.

  • la jeunesse est sous l’emprise de ses désirs. Est-elle libre ?
  • « Etre porté à » implique quel usage de la raison ?

IV. Ils sont changeants et promptement dégoûtés de ce qui les a passionnés. Leurs désirs sont violents, mais tombent vite. Leurs volontés sont intenses, mais sans grande force, comme la soif ou la faim chez les malades.

  • Quel est le paradoxe de la jeunesse ?
  • Il y a confusion du désir et du caprice, de la force et de la faiblesse, de la volonté et de la pathologie. Pourquoi ?
  • Pourquoi la raison est-elle impuissante ?

V. Ils sont enclins à la colère et à l’emportement, toujours prêts à suivre leurs entraînements et incapables de dominer leur fureur. Par amour-propre, ils ne supportent pas qu’on tienne peu de compte de leur personne, et se fâchent quand ils croient qu’on leur fait tort.

  • Quelle est la raison de leur colère ?

VI. Ils ont le goût des honneurs, ou, plutôt, de la victoire ; car la jeunesse est
avide de supériorité, et la victoire en est une. Ils tiennent plus à ces deux
avantages qu’à celui des richesses, ou, plutôt, ils n’ont aucunement l’amour
des richesses, n’en ayant pas encore éprouvé le besoin, comme l’exprime
l’apophtegme de Pittacus sur Amphiaraüs (56).
VII. Ils ne sont pas portés au mal ; ils ont plutôt un. bon naturel, n’ayant pas
encore eu sous les yeux beaucoup d’exemples de perversité. Ils sont confiants,
n’ayant pas encore été souvent abusés.
VIII. Ils sont enclins à l’espérance ; cela vient de ce que la nature donne de la
chaleur â la jeunesse, comme aux gens abreuvés de vin (57), et, en même
temps, de ce qu’ils n’ont pas encore été beaucoup éprouvés par la mauvaise
fortune. Ils vivent surtout d’espérance, car l’espérance a trait à l’avenir, et le
souvenir au passé ; or, pour les jeunes gens, le passé est encore peu de chose,
et l’avenir beaucoup. En effet, aux premier jours (de l’existence), ou trouve
que le souvenir n’est rien et que l’espérance est tout. Ils sont faciles à tromper,
pour la raison que nous avons donnée (58) ; en effet, ils espèrent volontiers. ,
IX. Ils sont plus braves (qu’on ne l’est à un autre âge). car ils sont prompts à
s’emporter et ont bon espoir ; le premier de ces traits de caractère fait que l’un
n’a pas peur, et le second donne de l’assurance. En effet, on n’a jamais peur
quand on est en colère, et l’espoir d’obtenir un bien rend téméraire.
X. Ils ont de la retenue, car ils ne supposent pas encore qu’il g a d’autres
choses belles en dehors de ce. qui leur a été enseigné par la loi (59).
XI. Ils ont l’âme élevée, parce qu’ils n’ont pas encore été rabaissés par la
pratique de la vie et qu’ils n’ont pas subi l’épreuve du besoin. De plus, rien
n’élève l’âme comme de se croire digne de grandes choses ; or cette opinion
est propre à celui quia bon espoir.
XII. Ils se déterminent plutôt par le beau côté d’une action que par son utilité.
Ils se conduisent plutôt d’après leur caractère moral (60) que d’après le calcul ;
or le calcul tient à l’intérêt, et la vertu à ce qui est beau.
XIII. Ils ont le goût de l’amitié et de la camaraderie plus que les autres âges,
parce qu’ils se plaisent à la vie commune et que rien n’est encore apprécié par
eux au point de vue de l’intérêt ; par conséquent, leurs amis non plus.
XIV. Leurs fautes proviennent toujours de ce qu’ils font plus et avec plus de
véhémence qu’il ne convient, en dépit du précepte de Chilon (61), car ils
exagèrent tout, l’amitié comme la haine, et tous les autres sentiments de
même. Ils croient tout savoir et tranchent sur toutes choses. De là vient leur
exagération en tout.
XV. Quand ils causent un préjudice, c’est par insolence, mais non par
méchanceté. Ils sont enclins à la pitié, parce qu’ils supposent toujours que l’on
est honnête et meilleur (62) ; car c’est à leur absence de méchanceté qu’ils
mesurent la conduite du prochain et, par suite, ils supposent que celui-ci ne
mérite pas le sort qu’il éprouve.
XVI. Ils aiment à rire, et c’est pour cela qu’ils plaisantent, car la plaisanterie
est une impertinence polie.Tel est le caractère des jeunes gens.
CHAPITRE XIII
Des moeurs de la vieillesse.
I. L