La démocratie

- Qu’est-ce que la théorie pure du droit ? Hans Kelsen
Droit et société Année 1992 Volume 22 Numéro 1 pp. 551-568
Fait partie d’un numéro thématique : Transformations de l’État et changements juridiques : l’exemple de l’Amérique Latine

Réalité intuitive mais aussi donnée objective, patiemment et savamment mesurée, la pauvreté s’inscrit pleinement dans le champ d’investigation ouvert par les sciences sociales : les sociétés engagées dans la révolution industrielle et bouleversées par l’universalisation de l’économie capitaliste ont été confrontées à un « paupérisme » persistant, et contraintes d’inventer ou de réinventer les modes de gouvernement de la pauvreté issus de l’Ancien Régime. Plusieurs histoires se croisent ici : celle des représentations collectives de la pauvreté, celle des politiques sociales menées par les autorités publiques, et celle des sciences sociales elles-mêmes, aux prises avec leurs conflits d’objets, de méthodes et peut-être d’intérêts. L’évidence immédiate, parfois spectaculaire, de la pauvreté, se complique ainsi d’une pluralité d’interprétations qui orientent les ­constats et les jugements, au rebours de certaines certitudes pourtant bien pesées.

La question traditionnelle de l’exploitation du travail salarié et celle des mécanismes générateurs de la pauvreté semblent ­s’être dissociées dans les dernières décennies. Cet article, dont nous publions ici la première partie, cherche à réfléchir sur les raisons de cette désarticulation, à en mesurer la pertinence, à en sonder les limites en demandant de quelle façon il serait possible de ­tisser un nouveau lien. Cette réflexion concerne à la fois l’état du marxisme et de sa reconstruction « analytique », les thèses d’Amartya Sen, et le déplacement des fondateurs du marxisme analytique vers une théorie exclusivement concernée par la question de ­l’inégalité, qui tend à se passer de la notion d’exploitation.

Tocqueville

- Mémoire sur le paupérisme