La plainte de Calimero : c’est trop injuste

Etonnante voix que celle de Caliméro, faible devant le monde des adultes. Poussin encore sous sa coquille.


Calimero est le nom d’une plainte, le nom de la personne même, du sujet vivant en tant que nous qui nous plaignons qu’on ne fasse pas suffisamment attention à nous, qu’on nous oublie. C’est cette plainte qui désigne aujourd’hui l’homme moderne et a quelque chose d’inimitable : « Alors ça, c’est injuste, c’est vraiment trop injuste ». On nous oublie, on ne tient pas compte de nous. La société serait-elle minée par cette plainte si surprenante et aurait-elle quelque chose d’absurde, quelque chose du caprice d’un enfant gâté face à la violence du monde ?

La thèse qu’il faudrait peut-être défendre face à cette image de Calimero qui se grave en nous, c’est aussi l’image d’une certaine légitimité, de ce petit moi caché au fond de nous, de cet enfant dans l’adulte, comme dit le psychanalyste, Sandor Ferenczi qui, toujours, a besoin de l’attention d’autrui pour exister. Bien sûr, Calimero, c’est aussi une pathologie, quelque chose qu’il faut éviter de reproduire - il doit bien y avoir un moyen d’échapper à cette plainte permanente…

C’est peut-être finalement l’enfance démocratique, l’enfance de celui dont il faut prendre soin qui s’incarne aussi dans Calimero
Ces petits-enfants qui vont peut-être donner des adultes équilibrés parce qu’ils ont admis leur faiblesse, et à condition que quelqu’un soit venu à leur secours de ce profond sentiment d’injustice.