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Philosophie Académie de Créteil
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La métaphore

La métaphore


Question : la métaphore n’est-elle qu’un trope, une figure de style ?

  • La querelle de la métaphore, Jean Rousset, in L’intérieur et l’extérieur, Corti, 1968

Pernot Laurent. Lieu et lieu commun dans la rhétorique antique. In : Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n°3, octobre 1986. pp. 253-284 ;
doi : https://doi.org/10.3406/bude.1986.1308

Sciences et métaphore

La place de la métaphore dans le discours philosophique est une question aussi vieille que la philosophie. Cet article fait l’examen et le relais de réflexions menées à ce propos par Paul Ricoeur et Jacques Derrida. Il aborde la relation intime de la philosophie à la métaphore en ayant le souci de ne pas assimiler les deux, ce qui aurait pour conséquence d’enlever à la philosophie tout critère de distinction. Sa proposition de base est de considérer les métaphores comme un élément qui s’articule à la « scène de pensée » du texte philosophique. De cette façon, leur relation à la philosophie se discerne : elles donnent à penser, ou pas, en fonction de ce qu’elles font sentir au lecteur qui regarde la scène, en vertu des sensations de tension qu’elles lui laissent. Ces tensions poussent à s’interroger, activent la pensée. Considérées sous cet angle, les métaphores de la construction, centrales dans le Discours de la méthode de René Descartes, montrent toute leur force. Elles font vivre les tensions intenables du maître-constructeur ; ne laissent pas tranquille ; imprègnent le lecteur des ambiguïtés du projet cartésien ; et font penser

Cet article compare le traitement d’Aristote de la métaphore dans sa Poétique et sa Rhétorique afin de montrer que le type de discours dans lequel s’insère une figure de style influence sa grammaire d’utilisation.
Dans le cas de la tragédie, la métaphore participe au but de katharsis en procurant un plaisir d’apprentissage, et à la mimèsis en favorisant l’élévation du sujet. Dans le cadre d’un discours rhétorique, la métaphore est subordonnée à la persuasion en tirant la signification du langage vers le point revendiqué par l’auteur. Ce travail doit demeurer caché à l’auditeur pour ne pas susciter sa méfiance.

Lionel DUPUY, Dire et écrire le monde par la métaphore : les « Voyages extraordinaires » de Jules Verne

Les « Voyages extraordinaires » (VE) de Jules Verne sont des romans géographiques qui articulent le passage d’une géographie réelle vers une géographie plus imaginaire. Or l’imaginaire géographique développé par l’auteur repose très souvent sur l’emploi de multiples métaphores qui assurent à ce dernier la description et la mise en extraordinaire de territoires jusqu’alors inconnus par le lecteur. Dès lors, le biais de la métaphore permet ainsi à Jules Verne de transmettre autrement un savoir géographique et de rendre plus attrayantes les descriptions qu’il propose. Le récit vernien constitue finalement un objet géolittéraire dont l’analyse géographique permet de mieux cerner les contours du roman géographique, tel qu’il se constitue dans la deuxième moitié du XIXᵉ siècle. Dans cette perspective, l’article s’intéresse plus spécifiquement aux multiples métaphores (géographiques, organicistes et métonymiques) qu’utilise le romancier pour écrire et transmettre une géographie littéralement « extra »ordinaire.