La philosophie dans l’Académie de Créteil
Enseignement, formation, ressources, informations et réunions des professeurs de philosophie de l’Académie de Créteil.

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Humanismes
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  • Université de tous les savoirs

    Quels humanismes pour quelle humanité aujourd’hui ?

     Quel nouvel humanisme aujourd’hui ? - Jean-Hugues Barthélemy
     Un humanisme est-il encore possible ? - Rémi Brague
     Les humanités réactionnaires - Thierry Ménissier
     Les humanités aujourd’hui - Marc Fumaroli
     Humanités pour le post-humain - Yves Michaud
     Pourquoi défendre les humanités ? - Agnes Joste
     La moraline et les moralistes - Jean-Charles Darmon
     Du Rwanda à Homère et Virgile, récit d’une expérience personnelle - Ginette Vagenheim
     Actualités de Cicéron - Clara Auvray-Assayas

     

  • Rémy Brague : La légitimité de l’humain
    Une communication à l’Académie des sciences morales et politiques
    De tous temps, on s’est accordé à penser l’homme comme espèce supérieure aux autres... L’idée contestable est aujourd’hui contestée ! La planète exige-t-elle la présence de l’humain ? Sur quoi se fonde sa légitimité, s’il en a une ? Ecoutez le philosophe Rémy Brague retracer l’évolution de cette idée humaniste et les critiques qu’elle suscite, dans cette communication prononcée devant ses confrères de l’académie des sciences morales et politiques le lundi 10 janvier 2011.Référence : ES596
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    Date de mise en ligne : 23 janvier 2011
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Loin d’être né avec la Renaissance et d’être l’apanage de la seule Europe, l’humanisme, saisi dans sa double dimension de savoir philologique et de posture philosophique, traverse toutes les cultures de l’espace méditerranéen, depuis ses origines dans l’Antiquité grecque jusqu’à ses efflorescences dans l’Italie du Quattrocento, et au-delà. Ce postulat – explicité dans l’introduction générale – est à l’origine de l’Encyclopédie de l’humanisme méditerranéen. Celle-ci a pour ambition de décliner les diverses modalités qu’a revêtues cet humanisme en contexte grec, chrétien tant patristique que oriental et latin, arabo-islamique, juif, etc. Elle offre, sous la responsabilité d’un comité de rédaction, un ensemble d’articles conséquents, traitant des notions, thèmes, représentations, concepts qui irriguent les textes produits par ces différentes cultures. Elle n’est donc pas un simple dictionnaire encyclopédique avec des entrées onomastiques multiples, comme il s’en présente en grand nombre, mais une véritable somme qui donne toute sa signification et sa cohérence à l’humanisme méditerranéen, en l’inscrivant dans l’histoire, en soulignant les convergences, sans pour autant taire les divergences.

Encyclopédie Pour un humanisme méditerranéen
Directeur de publication : Houari Touati

Comité éditorial :

Françoise Micheau, professeur émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne
Filippo Ronconi, maître de conférences à l’EHESS (Paris)
John Tolan, professeur à l’université de Nantes
Houari Touati, directeur d’études à l’EHESS (Paris)
Emilie Villey, chargée de recherche au CNRS (Paris)

Pour l’humanisme, l’humanité a une valeur intrinsèque et tous les êtres humains ont une valeur égale. Mais sur quoi peuvent se fonder ces deux étranges idées ? Non pas sur une idée théiste. Si Dieu existe, c’est lui qui est la source de toute valeur. Et il a peut-être « fait tous les hommes égaux » mais peut-être non : ils ne valent que s’ils le reconnaissent ou s’ils respectent ses commandements.
Non pas sur une idée naturaliste. A l’échelle de la nature, l’espèce humaine n’a pas plus de valeur que toute autre espèce de mammifères ou de moucherons ; ou peut-être même en a-t-elle moins, si l’espèce humaine est la prédatrice suprême. Et il serait contre-intuitif de soutenir que la « Nature a fait tous les hommes égaux ».
On s’efforcera de montrer que les deux thèses humanistes se fondent sur la définition même de l’être humain comme « animal rationnel », à condition d’entendre « rationnel » non pas au sens d’une quelconque aptitude intellectuelle mais au sens de « logos », faculté de dialoguer. Plus ambitieusement, on proposera une déduction rationnelle de l’altruisme et on s’efforcera de réconcilier les deux sens opposés du « bien » : « être bien » et « faire du bien » (« bonheur » aristotélicien et « moralité » kantienne)

Pour l’humanisme, l’humanité n’est pas seulement une espèce d’êtres vivants, homo sapiens, mais elle est une communauté morale et une valeur. Plus précisément, l’humanisme, au sens où je l’entends, implique trois thèses : l’humanité a une valeur intrinsèque ; l’existence des êtres humains a une valeur absolue ; l’humanité est source unique de valeurs. Ces idées ne vont pas de soi. « Avant l’homme » il y eut (et il y a encore, d’une certaine manière), le Dieu de la révélation ; et « après l’homme », pointe aujourd’hui la Nature. Selon ses deux rivales, l’humanité a certes une valeur, mais extrinsèque et relative, parce qu’il y a une source de valeurs supérieure dont dépend celle de l’humanité.

Concernant la première rivalité, j’évoquerai ce qu’on a appelé la « sécularisation des Temps modernes », c’est-à-dire le processus par lequel la religion cesse, en Occident, d’être le repère central de la vie sociale (théocentrisme) pour gagner progressivement la sphère privée. Concernant la seconde rivalité, j’évoquerai les débats philosophiques actuels autour de la valeur intrinsèque de « la nature » sous ses différentes formes (biocentrisme, écocentrisme, zoocentrisme) et l’actuelle position médiane du christianisme (« la vie humaine »). J’en conclurai que l’humanisme est sans doute problématique, mais que tout le reste est pire.

"La Voix d’un texte"
Cycle de lectures commentées à l’Ecole normale supérieure, 2011-2012
La Voix d’un texte, est la rencontre, une fois par mois, d’un comédien et d’un professeur autour des textes d’un grand auteur de la littérature française : cette lecture commentée se propose de mettre en lumière l’attitude et la voix qui portent le texte.

Toute définition de l’homme parait aujourd’hui condamnée pour diverses raisons : logique, métaphysique, épistémologique, morale. Le projet définitionnel serait prisonnier d’une métaphysique essentialiste. L’idée que l’espèce humaine est clairement délimitée serait réfutée par les théories évolutionnistes. Il n’y aurait aucun propre humain qui puisse être tenu pour cause de tous les autres ni même aucune propriété dont l’homme puisse se prévaloir. La croyance que l’humanité formerait une communauté morale (« humanisme ») est contestée tant par ceux qui la considèrent trop large (au-delà du politique) que par ceux qui la considèrent comme trop étroite (et les animaux ?). Pour ces raisons, et pour beaucoup d’autres motifs, les thèses épistémologiques dominantes aujourd’hui concernant le rapport homme-animal sont continuistes plutôt que discontinuistes.


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