Esthétique et environnement – des normes aux arts (automne 2020)

lundi
23
novembre
2020
18h00 - 19h30
horaire Salle G607, 14 rue Cujas, 75005 Paris

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR8103)
Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo)
Séminaire du Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne/EXeCO Organisé par Pauline Nadrigny(Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8103 ISJPS, Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne/EXeCO)
Croiser les champs de l’esthétique et de l’écologie n’a rien d’évident : en l’occurrence, les attitudes de contemplation, voire de sublimation de la nature dans l’expérience esthétique ne sont certainement pas les meilleures voies pour l’aborder sous un angle éthique, voire dans la perspective d’une action politique, bien au contraire. Qu’elle soit perçue par le prisme de modèles artistiques, personnifiée, renvoyée aux processus réflexifs du sujet percevant, la nature est toujours perçue, dans le cadre de l’esthétique, en résonance avec les facultés intellectuelles, sensitives et poïétiques du seul sujet humain : difficile alors de concilier esthétique et préoccupation environnementale.
Depuis les années 1970, une branche importante de la pensée contemporaine, croisant réflexion sur l’environnement, écologie, éthique, philosophie des normes et esthétique, s’y emploie pourtant, tâchant de dénouer le rapport enchevêtré de l’homme au milieu – dit naturel – qui est aussi le sien, qu’il se donne pour charge de protéger et, d’abord, de considérer dans ses droits. Si les productions de l’esthétique environnementale sont stimulantes et trouvent en France un écho croissant, elles s’opèrent d’abord dans une certaine distance, si ce n’est une défiance, à l’égard des formes artistiques de représentation de la nature et tentent de penser une approche esthétique de l’environnement hors médiation artistique : en court-circuitant le concepts de paysage, ou en faisant appel à d’autres champs de la l’activité humaine, comme les sciences naturelles…
Pour autant, l’activité artistique ne s’est jamais autant intéressée à l’environnement dit naturel et à la place de l’homme au sein de ce dernier : des installations à l’audio naturalisme, de l’écopoétique au cinéma, force est de constater que la création artistique se sent encore pleinement légitime lorsqu’il s’agit d’aborder ces problèmes, sans en oblitérer les enjeux éthiques et politiques. Mais, elle le fait en conscience de mutations propres aux conditions de l’expérience artistique et du regard ou de l’écoute, qu’il s’agisse d’un décentrement jugé nécessaire à l’égard du sujet ou d’une pertinence renouvelée de l’engagement politique dans l’intervention artistique sur un milieu.
Ce séminaire se donne ainsi pour but de dresser une cartographie déployée sous deux axes : une exploration des grands problèmes de l’esthétique environnementale et une approche par champs de création, des arts sonores au cinéma, en passant par l’installation et la littérature… Il souhaite évaluer comment peuvent s’articuler le champ d’une réflexion contemporaine sur les normes des appréhensions esthétiques et éthiques de l’environnement et celui de la pratique artistique.

Compte tenu de la situation sanitaire les séances seront annoncées par semestre. Une partie des séances étant organisées en distantiel, merci de prendre contact avec l’organisateur (pauline.nadrigny@univ-paris1.fr) pour l’inscription.
19 Octobre 2020 Pauline Nadrigny (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8103 ISJPS, Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne/EXeCO) Tiny sounds : au principe d’une conscience esthétique de l’environnement sonore.
23 Novembre 2020 – 18h à 19h30 – Conférence en ligne Jean-Michel Durafour (Université Aix-Marseille, LESA EA 3274) Sur Tchernobyliana, Esthétique et cosmologie de l’âge radioactif

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