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Philosophie Académie de Créteil
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CRITIQUE DES ONTOLOGIES SOCIALES

samedi
29
janvier
2022
14h30 - 16h30
horaire Sorbonne salle Lalande

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
UMR 8103 ISJPS
PhiCo-EXeCO
LIA CRNR
IUF

CRITIQUE DES ONTOLOGIES SOCIALES :
Le réel comme ce qui doit être interprété et le réel comme ce qui doit être changé

Séminaire de recherche coordonné par Jocelyn Benoist et Ronan de Calan (Paris 1, ISJPS, PhiCo-EXeCO), une fois par mois le samedi de 14h30 à 16h30 en Sorbonne, salle Lalande

A la fin du XXe siècle, un certain nombre d’« ontologies sociales » se sont fait fort d’établir que le social, dans son genre, était réel. La supposée rigueur analytique des moyens déployés ne doit pas masquer l’énormité de la question. Le point de vue réaliste consisterait, en fait, probablement plutôt à s’interroger sur les conditions réelles qui peuvent expliquer qu’une telle question ait pu être posée, et entendue comme sensée. Cette question, en tant que symptôme, ne doit bien sûr pas en cacher une autre : celle du sens du concept de « réel », en tant qu’ancré lui-même dans la réalité sociale, et de la difficulté qu’il y a vivre, expérimenter, subir et prendre en charge l’intrinsèque mais en elle-même problématique socialité de la réalité.

Programme 2021-2022 : les institutions et leurs limites

Les ontologies sociales inspirées de l’ouvrage fondateur de Searle ne conçoivent le monde social que comme un ensemble de faits d’institution – les faits d’institution étant, si l’on en croit le philosophe, placés « un cran au-dessus » des faits bruts. Mais si tout dans le social est institué, qu’est-ce qui distingue alors une institution proprement dite, avec ses effets d’homologation, son inscription spatio-temporelle, sa force propre, sa permanence, du social comme tel ? N’est-il pas nécessaire de reconnaître aux faits d’institution une certaine autonomie dans le social, ne serait-ce par exemple que pour éviter de confondre un acte social avec un acte juridique ? Le droit n’a certainement pas plus que la philosophie le monopole de l’interprétation de ces faits. Il n’y a en réalité pas une science sociale qui n’ait une voire plusieurs théories des institutions. Il en va ainsi de l’économie, de l’anthropologie, de la sociologie, pour ne citer qu’elles. Conformément à la méthode suivie les années précédentes, on voudrait partir de ces positivités pour retrouver à travers elle le social comme tel, la chose même et non la chose imaginée.

25 septembre 2021, Sorbonne, Salle Lalande 14h30-16h30 :
Petar Bojanic (Université de Belgrade) :
L’institution comme sujet et comme objet social

Les institutions construisent ou instaurent le réel et, simultanément, transforment le réel ainsi qu’elles-mêmes. Bien que le mot ou la figure de l’« institution » fonctionne dans plusieurs langues et que ce concept soit polysémique, j’essaierai d’expliquer quelques paradoxes typiques au sein de la tradition française de l’institutionnalisme et de l’analyse institutionnelle qui se répètent de Rousseau à Lourau et au-delà : « les chefs des républiques qui font l’institution, l’institution qui forme les chefs » ; « l’institution qui forme les hommes, les hommes qui font l’institution » ; « l’instituant contre l’institué » (l’objet) ; la « corrélation de l’objectif et du subjectif » (Hauriou) ; etc.

23 octobre 2021 :
Régis Ponsard (Université de Reims - LIER) :
’’Faire abstraction de’’ (dimensions, aspects, parallaxes...) : la normativité cognitive de l’analyse juridique pluridimensionnelle du droit aux prises avec la réalité et les déréalisations

27 novembre 2021 :
Etienne Balibar (Paris) :
Savoir situé ou point de vue des victimes ? le cas du racisme

29 janvier 2022 :
Marie Gren (Paris 1 ISJPS) / Marie-Caroline Arreto (Institut Catholique de Paris) :
La prison est-elle une institution ?

26 février 2022 :
Mélanie Plouviez (Université de Nice) :
L’institution chez les durkheimiens : le pré-établi et le symbolique

26 mars 2022 :
Elodie Bertrand (Paris 1 ISJPS) :
TBA

23 avril 2022 :
Gregory Delaplace (Paris Nanterre) :
TBA
Les inhabitudes domestiques – anthropologie du poltergeist

Dans les maisons qu’ils hantent, les poltergeists se manifestent par un grand chamboulement des intérieurs et par une série d’agressions de leurs occupants. Des meubles sont renversés, des objets sont brisés, des projectiles visent sans cesse les membres épuisés de la maisonnée. Est-il question de morts dans ces récits de hantise ? C’est encore moins clair que dans d’autres cas d’apparitions, où des silhouettes ambiguës se présentent dans les couloirs sombres face à des résidents mis en demeure (littéralement) de revisiter l’histoire insoupçonnée de leur maison. Qui est responsable des affaires de poltergeists ? C’est la question qui obsède les habitants des maisons où ils surviennent. S’agit-il d’un esprit à l’ontologie obscure ? de réseaux souterrains hydrauliques ou électriques dont l’action invisible affecte la maison ? ou des agissements irrépressibles d’une jeune personne instable et perturbée, comme on le suspecte souvent ? On ne sait décider, et la réponse reste suspendue entre les événements plurivoques qui agitent le foyer. Il s’agira lors de cette séance de revenir sur quelques enquêtes menées en Angleterre, dans les années 1920, par une représentante de la Society for Psychical Research – Eve Brackenbury – sur des cas de poltergeist. En examinant ce que ces événements font aux habitudes domestiques, je proposerai d’envisager ces « affaires » à partir des situations de querelle dont elles semblent émerger, ou auxquelles elles paraissent donner corps.
 
INSCRIPTION OBLIGATOIRE : cliquer ici

[si « l’Evento est clos » s’affiche cela signifie que la séance est complète

21 mai 2022 :
Virgile Chassagnon (Université Grenoble Alpes) :
TBA

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