Emile Durkheim - Fonder une science : la sociologie

LA SOCIOLOGIE EST-ELLE UNE SCIENCE ?

  1. D’après cet extrait de la Préface à Le Suicide d’Emile Durkheim, quelles conditions faut-il réunir pour que la sociologie soit une science ?
  2. Comparer avec la définition d’Aristote : « il n’ y a de science que du général ».
  3. Doit-on parler de « sciences » au pluriel ?
La sociologie ne doit donc renoncer à aucune de ses ambitions mais d un autre côté si elle veut répondre aux espérances qu’on a mises en elle, il faut qu’elle aspire à devenir autre chose qu’une forme originale de la littérature philosophique. Que le sociologue au lieu de se complaire en méditations métaphysiques à propos des choses sociales prenne pour objets de ses recherches des groupes de faits nettement circonscrits, qui puissent être en quelque sorte montrés du doigt, dont on puisse dire où ils commencent et où ils finissent et qu’il s y attache fermement. Qu’il interroge avec soin les disciplines auxiliaires, histoire, ethnographie, statistique, sans lesquelles la sociologie ne peut rien. S’il a quelque chose à craindre, c’est que malgré tout ses informations ne soient jamais en rapport avec la matière qu’il essaie d’embrasser car quelque soin qu’ il mette à la délimiter elle est si riche et si diverse qu’ elle contient comme des réserves inépuisables d imprévu Mais il n importe. S’il procède ainsi alors même que ses inventaires de faits seront incomplets et ses formules trop étroites, il aura néanmoins fait un travail utile que l’avenir continuera. Car des conceptions qui ont quelque base objective ne tiennent pas étroitement à la personnalité de leur auteur. Elles ont quelque chose d impersonnel qui fait que d autres peuvent les reprendre et les poursuivre, elles sont susceptibles de transmission. Une certaine suite est ainsi rendue possible dans le travail scientifique et cette continuité est la condition du progrès.


Répondre aux questions suivantes en s’aidant de la vidéo :

Durkheim définit ainsi la sociologie :
La méthode sociologique telle que nous la pratiquons repose tout entière sur ce principe fondamental que les faits sociaux doivent être étudiés comme des choses c’est à dire comme des réalités extérieures à l’individu. Il n est pas de précepte qui nous ait été plus contesté, il n en est pas cependant de plus fondamental. Car, enfin, pour que la sociologie soit possible il faut avant tout qu’elle ait un objet et qui ne soit qu’à elle. Il faut qu’ elle ait à connaître une réalité et qui ne ressortisse pas à d autres sciences. Mais s’ il n’ y a rien de réel en dehors des consciences particulières, elle s’évanouit faute de matière qui lui soit propre. Le seul objet auquel puisse désormais s’appliquer l’observation ce sont les états mentaux de l individu puisqu’il n’existe rien d autre or c est affaire à la psychologie d en traiter.

Extrait de la Préface à Le Suicide, p.9, 1897

  1. Donnez des exemples de faits sociaux.
  2. L’étude des faits sociaux n’est pas une représentation d’un sujet. Expliquez ce rejet de la psychologie.
  3. Pour Durkheim, la cause efficiente d’un fait social doit être recherchée dans un fait social antécédent, et non dans les états de la conscience individuelle. Outre une cause, un fait social possède aussi une fonction, notion qu’il emprunte à la science biologique, dans l’état où elle se trouvait à son époque. Engendrées par la conscience collective, les consciences individuelles sont soumises à la contrainte des faits sociaux. Cette conception, toutefois, permet difficilement d’envisager le changement, car elle ne rend pas compte des processus d’innovation au sein d’une société donnée. Quel rapport l’individu entretient-il avec le groupe ? Quelles sont les limites de cette théorie ?
  4. Le réel est déterminé par les structures sociales. Cela empêche-t-il toute forme de liberté ?
  5. Quels sont les risques pour la liberté ? « Les hommes se trompent en ce qu’ils pensent être libres », affirmait Spinoza, qui attribuait cette illusion à l’ignorance qu’ils ont des causes qui expliquent leurs actions. Que permet la connaissance selon Spinoza ?
  6. En quoi consiste la distinction société et communauté selon Durkheim ?
  7. Pourquoi le temps et l’espace ne sont pas en sociologie des formes a priori ?
  8. Quelle différence y-a-t-il entre la sociologie selon Durkheim et l’esprit littéraire (E. Zola)
  9. Pourquoi la sociologie s’interroge-t-elle sur le langage ?