La subjectivité

I. Existe-t-il un discours « neutre » ?

- Définir le mot « neutralité » à partir de ce texte de Fénelon :

Lettre à M Docier sur les occupations de l’Académie française, VIII, Projet d’un Traité sur l’histoire (1714), Edit. F. Didot, p. 524.

Le bon historien n’est d’aucun temps ni d’aucun pays : quoiqu’il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien. L’historien français doit se rendre neutre entre la France et l’Angleterre : il doit louer aussi volontiers Talbot que Duguesclin ; il rend autant de justice aux talents militaires du prince de Galles, qu’à la sagesse de Charles V.
Il évite également le panégyrique et les satires : il ne mérite d’être cru qu’autant qu’il se borne à dire, sans flatterie et sans malignité, le bien et le mal. Il n’omet aucun fait qui puisse servir à peindre les hommes principaux, et à découvrir les causes des événements ; mais il retranche toute dissertation où l’érudition d’un savant veut être étalée. Toute sa critique se borne à donner comme douteux ce qui l’est, et à en laisser la décision au lecteur, après lui avoir donné ce que l’histoire lui fournit.
  • La neutralité est définie comme ce qui ne relève ni d’un temps ni d’un pays. Un individu qui se proclame neutre est quelqu’un qui se place hors de... l’histoire. Quel est le paradoxe ?
  • Etre neutre dans un conflit, c’est ne pas s’engager, éviter les risques de la liberté. c’est ne se prononcer pour personne. C’est s’abstenir de tout jugement en faveur de ou contre. Or une telle potion est-elle tenable ?
  • A quelle difficulté du discours de l’historien se heurte Fénelon ?

    II. Exemple de « parti-pris » d’un photographe.

    Trois jours de fêtes, le peuple, l’armée, la France. Robert CAPA (Andrei Friedmann) (1913 - 1954) Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil
    TROIS JOURS DETES, LE PEUPLE, L’ARMÉE, LA FRANCE.
    CAPA (Andrei Friedmann) Robert (1913 - 1954)
    © Musée de l’histoire vivante de Montreuil

  1. Procéder à l’analyse rédigée de cette affiche
  1. Regardez cet extrait de Lettres de Sibérie, film du réalisateur français Chris Marker réalisé en 1957. Sur la même séquence d’images, trois discours se succèdent.
  2. En vous appuyant sur un relevé des champs lexicaux, précisez le point de vue de chacun d’eux. Alors en pleine guerre froide, le monde s’oppose en deux camps. Quelles positions politiques reflètent les points de vue défendus dans le film ?
  3. Pensez-vous que ces trois versions reflètent la réalité de la situation à Yakoutsk ? Pourriez-vous en définir une des trois comme « vraie » ? Que vous manque-t-il pour comprendre davantage ce que le film nous montre ?


IV. Quelle est la fonction du spectateur ?