La force de l’imagination.
Spinoza

D’après le texte précédent, nous sommes conscients de ce qui nous est propre. Nous nous mesurons à ceux qui nous ont inférieurs, comme le montre l’exemple de l’enfant. L’homme se croit libre, ignorant des causes qui le déterminent. Il a conscience de lui à l’instant présent, oublieux de son passé. Ainsi oublie-t-il qu’il a été enfant avant que d’être homme. La conscience de soi est incapable de penser le temps dans sa continuité.
La conscience de soi est éloignée de la connaissance de soi par un saut qualitatif. C’est en elle que s’originent nos préjugés.

Ce texte réfute la thèse de Descartes qui voit en l’enfance la source de nos préjugés.

Ecouter : Quelles sont les causes des préjugés selon DESCARTES ?

« Que pour examiner la vérité il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut.
 
Comme nous avons été enfant avant que d’être homme, et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui nous sont présentées à nos sens lorsque nous n’avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités (1) nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité et (2) nous préviennent de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer si nous n’entreprenons pas de douter une fois dans notre vie de toutes les choses où nous trouverons le moindre soupçon d’incertitude. »

Descartes et l’enfance. ANTOINE-MAHUT Delphine Professeure d’histoire de la philosophie moderne à l’ENS de Lyon. 2016