L’« arbre des sciences »

- Au XIIIe siècle, « l’arbre des sciences » (Arbor scientae, exposé rédigé en 1295) l du franciscain Raymond Lulle (v. 1232-1315) illustrait déjà métaphoriquement une conception (unitaire et hiérarchisée) du savoir profane et religieux. Elle répondait à un idéal d’universalité de l’accès à la connaissance par une combinaison d’un nombre de principes limités. L’arbre était composé de dix-huit racines - neuf pour les principes divins et neuf pour les principes logiques -, et de branches, qui symbolisaient les grands domaines de la connaissance ; ces derniers apparaissant comme autant d’arbres secondaires. L’image de l’arbre, ouvert et dont les branches portent des bourgeons, évoquait déjà un savoir évolutif et en constante augmentation, dont on ne pouvait voir la fin. Cette conception s’opposait au savoir fini attaché au cercle - la métaphore du cercle des sciences se trouve à l’origine du mot « encyclopédie » forgé à partir de enkuklios, cercle, cycle, et paideia, éducation -, totalisé justement jusqu’aux limites de ce cercle et en fin de compte fermé, ce qui excluait par là même toute idée d’évolution et de progrès.

Exercice : Dégager avec les élèves les présupposés de ce type de représentation du savoir. Examiner le sens du terme de "représentation".


- Au XVIIe siècle, lors de l’élaboration d’une distribution des sciences (1605), Francis Bacon reprit aussi l’image de l’arbre pour décrire les liens entre les domaines de savoir et compara la croissance des sciences à un arbre qui porterait davantage de fruits

De la dignité et de l’accroissement des sciences par Francis Bacon