Distinguer signe et signal.

La publicité : un exemple du béhaviorisme
Le 1er octobre 1968, il y a 50 ans, le premier spot de publicité est diffusé à la télévision. « Du Boursin ! Du Boursin ! Du Boursin », crie à 17 reprises le comédien Jacques Duby, qui compte soigner son insomnie avec le fameux fromage à l’ail et aux fines herbes.

« Avant 68, l’affiche était reine », se souvient le publicitaire Jacques Séguéla. « Les publicitaires devaient juste trouver des slogans comme Dubo, Dubon, Dubonnet ! Et d’un coup, la télévision est devenue incontournable. Car elle permettait de toucher 82 % des Français en quelques jours. On faisait un film par an, on attendait parfois 4 mois pour qu’il puisse passer, car les chaînes ne proposaient que quelques spots par jour, mais en quelques jours, on pouvait durablement changer l’image d’une marque », poursuit-il. (https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/en-1968-la-pub-revolutionne-la-tele-07-10-2018-7913121.php)

- En quoi la publicité relève-t-elle d’un « signal » ?

Films muet en noir et blanc, ayant pour ambition de démontrer la finesse de la vue, de l’ouïe et du goût chez les abeilles. Chaque sens est testé à l’aide d’expériences mises en scène par le docteur Karl Von Frisch de l’université de Munich et accompagnées par une série d’intertitres explicatifs. Champs de couleur, essence d’anis étoilée et eau sucrée sont au centre de ces expériences.
Producteur ou co-producteur
Ministère de l’Agriculture

« toutes les observations sérieuses pratiquées sur les communautés animales, toutes les tentatives mises en œuvre au moyen de techniques variées pour provoquer ou contrôler une forme quelconque de langage assimilable à celui des hommes ont échoué. Il ne semble pas que ceux des animaux qui émettent des cris variés manifestent, à l’occasion de ces émissions vocales, des comportements d’où nous puissions inférer qu’ils se transmettent des messages « parlés ». La question se pose autrement pour les abeilles, ou du moins on doit envisager qu’elle puisse se poser désormais. Tout porte à croire – et le fait est observé depuis longtemps – que les abeilles ont le moyen de communiquer entre elles.
Mais les différences sont considérables et elles aident à prendre conscience de ce qui caractérise en propre le langage humain. Celle-ci, d’abord, essentielle, que le message des abeilles consiste entièrement dans la danse (...) D’où une différence qui est d’ordre physique. N’étant pas vocale mais gestuelle, la communication chez les abeilles s’effectue nécessairement dans des conditions qui permettent une perception visuelle, sous l’éclairage du jour ; elle ne peut avoir lieu dans l’obscurité. Le langage humain ne connaît pas cette limitation. Une différence capitale apparaît dans la situation où la communication a lieu. Le message des abeilles n’appelle aucune réponse de l’entourage, sinon une certaine conduite, qui n’est pas une réponse. Cela signifie que les abeilles ne connaissent pas le dialogue, qui est la condition du langage humain. Nous parlons à d’autres, telle est la réalité humaine. Cela révèle un nouveau contraste. Parce qu’il n’y a pas de dialogue pour les abeilles, la communication se réfère seulement à une certaine donnée objective. Il ne peut y avoir de communication relative à une donnée linguistique ; déjà parce qu’il n’y a pas de réponse, la réponse étant une réaction linguistique à une manifestation linguistique ; mais aussi en ce sens que le message d’une abeille ne peut être reproduit par une autre qui n’aurait pas vu elle-même les choses que la première annonce. On n’a pas constaté qu’une abeille aille par exemple porter dans une autre ruche le message qu’elle a reçu dans la sienne, ce qui serait une manière de transmission ou de relais. On voit la différence avec le langage humain, où, dans le dialogue, la référence à l’expérience objective et la réaction à la manifestation linguistique s’entremêlent librement et à l’infini. L’abeille ne construit pas de message à partir d’un autre message. Chacune de celles qui, alertées par la danse de la butineuse, sortent et vont se nourrir à l’endroit indiqué, reproduit quand elle rentre la même information, non d’après le message premier, mais d’après la réalité qu’elle vient de constater. Or le caractère du langage est de procurer un substitut de l’expérience apte à être transmis sans fin dans le temps et l’espace, ce qui est le propre de notre symbolisme et le fondement de la tradition linguistique. Si nous considérons maintenant le contenu du message, il sera facile d’observer qu’il se rapporte toujours et seulement à une donnée, la nourriture, et que les seules variantes qu’il comporte sont relatives à des données spatiales. Le contraste est évident avec l’illimité des contenus du langage humain. BENVENISTE, Problèmes de linguistique

  • Quelle est la différence entre communiquer et dialoguer ?
  • Quelles sont les limites de la communication chez les abeilles ,
  • Peuvent-elles prendre l’initiative d’inventer de nouveaux signaux ?
  • Pourquoi la nuit rend-elle impossible la communication ?
  • Quel est le but du signal ? Se discute-t-il ? S’aider du texte suivant pour répondre.

Le rouge ne signifie pas à l’automobiliste qu’il serait bon, ici, de s’arrêter. Il est un stimulus qui tend à provoquer la réponse inconditionnée d’un réflexe conforme, un « stop » brutal qui vise à casser le mouvement par blocage immédiat. On ne discute pas avec les feux de signalisation. Le règlement est le règlement. Il est vrai que l’homme se résout mal à l’obéissance : le procès-verbal est l’objet d’une controverse, l’ordre signalétique vient buter contre les chicanes de la défense. Jacques Darriulat http://www.jdarriulat.net/Essais/PrincipesPhiloEsth/4-TheorieSignification.html

  • En quoi le signal est-il mécanique ?
  • Quelle conception de l’homme suppose un tel automatisme ?