L’animal et l’homme

Formulaire élève :

Anxiété, incertitude et malheur dans le monde animal

I. Instincts et déterminations comportementales chez l’animal

Texte de HEGEL
De même que l’observation attentive de la nature avait conduit les naturalistes, et surtout lest naturalistes français, à la division des plantes en monocotylédones et on dicotylédones, ainsi l’anatomie comparée a saisi la différence la plus saillante des animaux dans l’absence ou la présence de la colonne vertébrale, et par là elle a ramené la division fondamentale des animaux à la division qui, en ce qu’elle a de plus essentiel, avait déjà été aperçue par Aristote.

Que permet à l’homme la position droite ?
Comment se manifeste sa liberté ?

Elle a, en outre, posé en principe que, dans les différents animaux, leur habitus est comme construit par la connexion déterminée de toutes leur parties, ce qui a fait dire à l’illustre fondateur de l’anatomie comparée, Cuvier, qu’avec un seul os il reconstruirait les parties essentielles de l’animal entier. De plus, elle a poursuivi le type général de l’animal A travers ses formes diverses et incomplètes, et elle l’a retrouvé dans les indices les plus obscurs ainsi que dans le mélange des organes et des fonctions, ramenant par là l’animal de sa forme particulière à sa forme générale.

En quoi l’animal peut-il être dit spécialisé à la différence de l’homme ?

Un autre point important que cette science a mis en lumière, c’est l’accord que la nature établit entre l’organisme animal et l’élément particulier où elle le place, c’est-à-dire le climat, la nourriture, le milieu, en un mot, où il naît, milieu qui peut être aussi une plante ou une autre espèce animale (V. §361, Zus.). Mais elles surtout été guidée par un instinct heureux lorsqu’elle a divisé les espèces d’après les dents, les griffes et d’autres déterminations semblables, c’est-à-dire d’après leurs armes. Car c’est par là que l’animal se pose et se conserve comme individualité distincte vis-à-vis et contre les autres animaux, c’est-à-dire se différencie lui-même.

Encyclopédie des sciences philosophiques, II, Philosophie de la nature, tr. fr. B. Bourgeois, Paris, Vrin, 2004, add § 368, p. 323-324.

Que ne permet pas l’adaptation à un milieu ?

II. Libération de l’homme à l’égard des mécanismes instinctifs animaux

- 1. L’homme se libère de la chaîne comportementale
La main se dé-specialise :

Texte d’Aristote sur la main.

- 2. L’homme ouvre son comportement à un désir d’explorer le monde.

- 3. la transformation du milieu par le travail : le monde est ouvert et imprévisibles

le monde animal est fermé : la tique. L’animal est enclos dans ses pulsions.
La psychologie de la forme montre que l’animal a un point de vue sélectif sur le monde

- 4. L’homme peut se décentrer

- 5. Le langage : dimension répétitive chez l’animal
exemple : l’abeille ne construit pas de message à partir d’un autre message : elle en reste au contexte et ne commente pas le monde dans la perspective d’une visée d’un monde commun
Ecouter la vidéo de Deleuze sur l’animal : https://youtu.be/SlNYVnCUvVg

Etude du texte de MERLEAU-PONTY

« !La parole n’est pas le « signe ! » de la pensée, si l’on entend par là un phénomène qui en annonce un autre comme la fumée annonce le feu. La parole et la pensée n’admettraient cette relation extérieure que si elles étaient l’une et l’autre thématiquement1 données ; en réalité elles sont enveloppées l’une dans l’autre, le sens est pris dans la parole et la parole dans l’existence extérieure du sens. Nous ne pourrons pas davantage admettre, comme on le fait d’ordinaire, que la parole soit un simple moyen de fixation, ou encore l’enveloppe et le vêtement de la pensée. Pourquoi serait-il plus aisé de se rappeler des mots ou des phrases que de se rappeler des pensées, si les prétendues images verbales ont besoin d’être reconstruites à chaque fois ? Et pourquoi la pensée chercherait-elle à se doubler ou à se revêtir d’une suite de vociférations, si elles ne portaient et ne contenaient en elles-mêmes leur sens ? Les mots ne peuvent être les "forteresses de la pensée" et la pensée ne peut chercher l’expression que si les paroles sont par elles-mêmes un texte compréhensible et si la parole possède une puissance de signification qui lui soit propre. Il faut que, d’une manière ou de l’autre, le mot et la parole cessent d’être une manière de désigner l’objet ou la pensée, pour devenir la présence de cette pensée dans le monde sensible, et, non pas son vêtement, mais son emblème ou son corps. (…) Des malades peuvent lire un texte en « mettant le ton ! » sans cependant le comprendre. C’est donc que la parole ou les mots portent une première couche de signification qui leur est adhérente et qui donne la pensée comme style, comme valeur affective, comme mimique existentielle, plutôt que comme énoncé conceptuel. Nous découvrons ici sous la signification conceptuelle des paroles une signification existentielle, qui n’est pas seulement traduite par elles, mais qui les habite et en est inséparable. Le plus grand bénéfice de l’expression n’est pas de consigner dans un écrit des pensées qui pourraient se perdre, un écrivain ne relit guère ses propres ouvrages, et les grandes oeuvres déposent en nous à la première lecture tout ce que nous en tirerons ensuite. L’opération d’expression, quand elle est réussie, ne laisse pas seulement au lecteur et à l’écrivain lui-même un aide-mémoire, elle fait exister la signification comme une chose au cœur même du texte, elle la fait vivre dans un organisme de mots, elle l’installe dans l’écrivain ou dans le lecteur comme un nouvel organe des sens, elle ouvre un nouveau champ ou une nouvelle dimension à notre expérience.! »

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.211-212.

note 1 : Qui peut être posé comme un objet distinct pour la pensée

Qu’est-ce qui distingue fondamentalement le langage humain du signifiant animal ? Expliquer cette phrase extraite du texte : Les mots ne peuvent être les « forteresses de la pensée » et la pensée ne peut chercher l’expression que si les paroles sont par elles-mêmes un texte compréhensible et si la parole possède une puissance de signification qui lui soit propre. Il faut que, d’une manière ou de l’autre, le mot et la parole cessent d’être une manière de désigner l’objet ou la pensée, pour devenir la présence de cette pensée dans le monde sensible, et, non pas son vêtement, mais son emblème ou son corps.
Quel est le sens de la métaphore du vêtement ? A quoi s’oppose un vêtement ?

Aller plus loin :

Laura Goudet, Marie-Anne Paveau et Catherine Ruchon, « Écouter les animaux parler. Présentation du numéro », Itinéraires [En ligne], 2020-2 | 2020, mis en ligne le 30 décembre 2020, consulté le 10 mars 2021. URL : http://journals.openedition.org/itineraires/8756 ; DOI : https://doi.org/10.4000/itineraires.8756