Aristote
(-384 av.J.C/ -322 av.J.C)

  Oeuvres numérisées

La traduction et les commentaires de Barthélemy-Saint-Hilaire sont consultables (mais non téléchargeables : on peut seulement effectuer des copies d’extraits) sur le site de Philippe Remacle

Le texte grec des oeuvres d’Aristote est consultable sur le site du Thesaurus linguae graecae

Sont consultables en grec ou en traduction anglaise sur Perseus, directement ou avec un moteur de recherche : la Métaphysique, les Economiques, la Constitution d’Athènes, l’Ethique à Nicomaque, l’Ethique à Eudème, la Politique, la Rhétorique et la Poétique.

ARISTOTE

 OEUVRE COMPLETE

 Textes et extraits d’oeuvres commentés ou expliqués

 La métaphysique
 Education
 Temps

Aristote - Physique, IV : le temps, nombre du mouvement.



  • Bernard SÈVESur la seconde cause naturelle de l’art poétique chez Aristote - PDF


 La nature
 La morale
  • Ethique à Nicomaque, traduction Voilquin pour les Livres I-III, Thurot pour les Livres IV-X, avec consultation du texte grec et du commentaire de Thomas d’Aquin (en traduction française).
  • Grande Morale, texte grec avec traduction et notes de Ch. Thurot, 1922.

Textes sur le plaisir

 L’Etat

 Aristote : la Cité comme réalisation de la nature humaine

La fin de l’Etat est l’accomplissement de l’homme dans sa nature

§ 9. Livre I Politique

Delà cette conclusion évidente, que l’État est un fait de nature, que naturellement l’homme est un être sociable, et que celui qui reste sauvage par organisation, et non par l’effet du hasard, est certainement, ou un être dégradé, ou un être supérieur à l’espèce humaine. C’est bien à lui qu’on pourrait adresser ce reproche d’Homère :

Sans famille, sans lois, sans foyer....

L’homme qui serait par nature tel que celui du poète ne respirerait que la guerre ; car il serait alors incapable de toute union, comme les oiseaux de proie.


La formation de l’Etat a comme point de départ originel l’association des individus... mais cette association n’est possible que si l’Etat la garantit. Point de départ l’individu est aussi le point d’arrivée.

Que devient l’individu qui n’adhère pas à la Cité selon Aristote ?

§ 10. Si l’homme est infiniment plus sociable que les abeilles et tous les autres animaux qui vivent en troupe, c’est évidemment, comme je l’ai dit souvent, que la nature ne fait rien en vain. Or, elle accorde la parole à l’homme exclusivement. La voix peut bien exprimer la joie et la douleur ; aussi ne manque-t-elle pas aux autres animaux, parce que leur organisation va jusqu’à ressentir ces deux affections et à se les communiquer. Mais la parole est faite pour exprimer le bien et le mal, et, par suite aussi, le juste et l’injuste ; et l’homme a ceci de spécial, parmi tous les animaux, que seul il conçoit le bien et le mal, le juste et l’injuste, et tous les sentiments de même ordre, qui en s’associant constituent précisément la famille et l’État.

§ 11. On ne peut douter que l’État ne soit naturellement au-dessus de la famille et de chaque individu ; car le tout l’emporte nécessairement sur la partie, puisque, le tout une fois détruit, il n’y a plus de parties, plus de pieds, plus de mains, si ce n’est par une pure analogie de mots, comme on dit une main de pierre ; car la main, séparée du corps, est tout aussi peu une main réelle. Les choses se définissent en général par les actes qu’elles accomplissent et ceux qu’elles peuvent accomplir ; dès que leur aptitude antérieure vient à cesser, on ne peut plus dire qu’elles sont les mêmes ; elles sont seulement comprises sous un même nom. § 12. Ce qui prouve bien la nécessité naturelle de l’État et sa supériorité sur l’individu, c’est que, si on ne l’admet pas, l’individu peut alors se suffire à lui-même dans l’isolement du tout, ainsi que du reste des parties ; or, celui qui ne peut vivre en société, et dont l’indépendance n’a pas de besoins, celui-là ne saurait jamais être membre de l’État. C’est une brute ou un dieu.

  • Que nous apprend une analogie ?
  • Clarifier le sens de cette analogie de la Cité et du corps ?

§ 13. La nature pousse donc instinctivement tous les hommes à l’association politique. Le premier qui l’institua rendit un immense service ; car, si l’homme, parvenu à toute sa perfection, est le premier des animaux, il en est bien aussi le dernier quand il vit sans lois et sans justice. Il n’est rien de plus monstrueux, en effet, que l’injustice armée. Mais l’homme a reçu de la nature les armes de la sagesse et de la vertu, qu’il doit surtout employer contre ses passions mauvaises. Sans la vertu, c’est l’être le plus pervers et le plus féroce ; il n’a que les emportements brutaux de l’amour et de la faim. La justice est une nécessité sociale ; car le droit est la règle de l’association politique, et la décision du juste est ce qui constitue le droit.

 Le bonheur

Textes d’Aristote : Ethique à Nicomaque Livre 1

Revenons maintenant en arrière. Puisque toute connaissance, tout choix délibéré aspire à quelque bien, voyons quel est selon nous le bien où tend la Politique, autrement dit quel est de tous les biens réalisables celui qui est le Bien suprême. Sur son nom, en tout cas, la plupart des hommes sont pratiquement d’accord : c’est le bonheur, au dire de la foule aussi bien que des gens cultivés ; tous assimilent le fait de bien vivre et de réussir au fait d’être heureux. Par contre, en ce qui concerne la nature du bonheur, on ne s’entend plus, et les réponses de la foule ne ressemblent pas à celles des sages. Les uns, en effet, identifient le bonheur à quelque chose d’apparent et de visible, comme le plaisir, la richesse ou l’honneur : pour les uns c’est une chose et pour les autres une autre chose ; souvent le même homme change d’avis à son sujet : malade, il place le bonheur dans la santé, et pauvre, dans la richesse ; à d’autres moments, quand on a conscience de sa propre ignorance, on admire ceux qui tiennent des discours élevés et dépassant notre portée. Certains, enfin, pensent qu’en dehors de tous ces biens multiples il y a un autre bien qui existe par soi et qui est pour tous ces biens-là cause de leur bonté. Passer en revue la totalité de ces opinions est sans doute assez vain ; il suffit de s’arrêter à celles qui sont le plus répandues ou qui paraissent avoir quelque fondement rationnel.

Questions

1. Sur son nom, en tout cas, la plupart des hommes sont pratiquement d’accord : c’est le bonheur, au dire de la foule aussi bien que des gens cultivés  : pourquoi l’accord de la plupart des hommes porte sur le nom ? Que ne prennent-ils pas en compte ?

2. Si on se méfie de l’opinion de la foule, on accorde plus de crédits aux gens cultivés. Cependant on a là un préjugé. Expliquez.

3. Aristote opère une distinction entre « bien vivre » et « réussir ». Cherchez des exemples.

4. Qu’est-ce qui motive les réponses multiples de la foule ? Où situe-t-elle le bonheur . Comment nommer cette variabilité et versatilité de la foule ?

5. Certains, enfin, pensent qu’en dehors de tous ces biens multiples il y a un autre bien qui existe par soi et qui est pour tous ces biens-là cause de leur bonté. Qui est ici désigné ?

6. En quoi les hommes cultivés ne valent-ils guère mieux ici que la foule ?

Texte 2 Aristote

Nous revenons au point d’où nous nous sommes écartés. Les hommes, et il ne faut pas s’en étonner, paraissent concevoir le bien et le bonheur d’après la vie qu’ils mènent. La foule et les gens les plus grossiers disent que c’est le plaisir : c’est la raison pour laquelle ils ont une préférence pour la vie de jouissance. C’est qu’en effet les principaux types de vie sont au nombre de trois : celle dont nous venons de parler, la vie politique, et en troisième lieu la vie contemplative. — La foule se montre véritablement d’une bassesse d’esclave en optant pour une vie bestiale, mais elle trouve son excuse dans le fait que beaucoup de ceux qui appartiennent à la classe dirigeante ont les mêmes goûts qu’un Sardanapale. — Les gens cultivés, et qui aiment la vie active, préfèrent l’honneur, car c’est là, à tout prendre, la fin de la vie politique. Mais l’honneur apparaît comme une chose trop superficielle pour être l’objet cherché, car, de l’avis général. il dépend plutôt de ceux qui honorent que de celui qui est honoré ; or nous savons d’instinct que le bien est quelque chose de personnel à chacun et qu’on peut difficilement nous ravir. En outre, il semble bien que l’on poursuit l’honneur en vue seulement de se persuader de son propre mérite ; en tout cas, on cherche à être honoré par les hommes sensés et auprès de ceux dont on est connu, et on veut l’être pour son excellence. Il est clair, dans ces conditions, que, tout au moins aux yeux de ceux qui agissent ainsi, la vertu l’emporte sur l’honneur. Peut-être pourrait-on aussi supposer que c’est la vertu plutôt que l’honneur qui est la fin de la vie politique. Mais la vertu [αρετη] apparaît bien, elle aussi, insuffisante, car il peut se faire, semble-t-il. que, possédant la vertu, on passe sa vie entière à dormir ou à ne rien faire, ou même, bien plus, à supporter les plus grands maux et les pires infortunes. Or nul ne saurait déclarer heureux l’homme vivant ainsi, à moins de vouloir maintenir à tout prix une thèse. Mais sur ce sujet en voilà assez (il a été
suffisamment traité, même dans les discussions courantes). Le troisième genre de vie, c’est la vie contemplative, dont nous entreprendrons l’examen par la suite. Quant à la vie de l’homme d’affaires, c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons : c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose. Aussi vaudrait-il encore mieux prendre pour fins celles dont nous avons parlé précédemment, puisqu’elles sont aimées pour elles-mêmes. Mais il est manifeste que ce ne sont pas non plus ces fins-là, en dépit de nombreux arguments qu’on a répandus en leur faveur.


 La science et la logique


 L’âme

  • Aristote, De Anima, Le sens commun
    Michel Nodé-Langlois Commentaire d’un texte d’Aristote : De l’Ame, III, 2, 426b 8 - 22 Traduction du passage dans le document joint : Michel Nodé-Langlois.

 Travail : L’esclavage

Aristote Les Politiques I, 2-7/13


 La justice

Lectures suivies (oral bac) - Aristote - Ethique à Nicomaque, V, 9