Bergson, La pensée et le mouvant, par Dan Arbib.
mercredi
22
avril
2020
09h00 - 13h00
horaire ENS – 29 rue d’Ulm – 75005 Paris

Cours d’agrégation ouvert aux non-agrégatifs.

Ce cours prend la suite de celui de F. Worms au S1. Il prend pour objet le dernier recueil publié par Bergson, La pensée et le mouvant, au programme de l’agrégation – recueil important, qui propose une synthèse magistrale de plus d’un demi-siècle d’exploration philosophique. Sauf exception particulière, ce s’adresse exclusivement aux agrégatifs et vise à préparer l’épreuve orale d’histoire de la philosophie.

A noter : Ce cours obéissant au calendrier propre à la préparation d’agrégation, il ne suivra pas les dates du S2 communes à la plupart des autres enseignements de l’Ecole. Le cours commencera après les écrits d’agrégation, soit le 8 avril 2020 et se tiendra jusqu’à la fin du mois de mai. Le nombre d’heures demeure inchangé (24 h, soit 6 séances de 4h). Ce cours est validable dans le cadre du DENS et du Master PSL.

Philosopher en Amérique
mercredi
22
avril
2020
18h00 - 20h00
horaire Lieu : Centre Malher (9 rue Malher, 75004 Paris), Salle 107 (1er sous-sol)

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR8103)
Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo)

Philosopher en Amérique
Nouveaux lieux, nouvelles expériences, nouvelle tradition philosophique ?

Organisateurs : Léa Boman, Baptiste Cornardeau

Présentation

L’acte de recommencer fait partie du geste philosophique lui-même. Qu’il s’agisse de reprendre un questionnement, de reposer en d’autres termes un même problème, ou d’en déplacer les limites pour en éclairer de nouveaux enjeux. Pourtant le recommencement sur le sol américain prend une autre dimension en faisant fond sur une table rase volontaire des philosophies du vieux continent. Comme si la pensée du « nouveau monde » ne se posait plus contre une certaine tradition, mais contre la tradition en tant que telle. Cette revendication participe alors d’une histoire encore à écrire, d’une société à inventer, d’un pays s’étant donné pour tâche d’explorer et de peupler un continent, et pour qui l’Europe et le reste du monde sont loin. Elle participe aussi de la mise en place d’un nouveau système politique démocratique dans lequel l’accès non seulement à la politique mais dans une certaine mesure à la philosophie se désolidarisent d’un ensemble de privilèges, de traditions et du conservatisme qui marquent encore les conditions concrètes de la pensée en Europe à la même époque.

Emerson le premier désavoue la vieille culture européenne et tente de penser le propre d’une philosophie américaine qu’il invoque autant qu’il invente. William James, John Dewey et les autres pragmatistes revendiquent une philosophie originale et propre aux États-Unis, ayant su se détacher de ses tuteurs européens. Mais loin de s’arrêter aux premiers philosophes américains, cette question de la nouveauté ne cesse de ressurgir pour nourrir le questionnement philosophique. La pensée de philosophes immigrant aux États-Unis s’y heurtera sans doute plus frontalement que les autres : Hannah Arendt, Adorno pour ne parler que des plus critiques à l’égard d’une philosophie à laquelle ils vont néanmoins contribuer. Après Tocqueville, Wittgenstein s’interroge sur le problème de cette transmission culturelle et philosophique : « Que pouvons-nous donner aux Américains ? Notre culture à moitié décomposée ? Les Américains n’ont pour l’instant pas de culture. Mais de nous ils n’ont rien à apprendre. » Pourtant, peut-on philosopher sans rien hériter d’une culture philosophique ? Cela a-t-il encore du sens de poser le problème de la tradition pour une philosophie qui se pose avant tout par sa distance avec elle ? Le problème sera repris au sujet de l’éducation par Hannah Arendt, qui pointe le paradoxe, et à ses yeux les dangers, d’une tradition américaine naissante qui serait fondée sur la nouveauté elle-même. Pourtant, une exploration philosophique et américaine du monde se dessine, à partir d’un retour à une forme d’expérience autant qu’à une attention accrue au langage, qui sera déterminante pour la philosophie contemporaine dans son ensemble.

L’ordinaire, objet démocratique par excellence, abordé de différentes manières, reçoit une place philosophique audacieuse qui est la marque de ce refus des traditions. Après la vague du positivisme logique, qui propose une nouvelle langue philosophique, ses critiques, à commencer par W. V. O. Quine, font bientôt ressortir ses insuffisances et ouvrent la voie à une étude des discours ordinaires. Auparavant, les pragmatistes redonnent une place et un sens nouveaux à l’expérience, en en faisant le fondement d’une reconstruction de la philosophie. Plus généralement, de nouveaux lieux de la philosophie apparaissent. « Les arts qui ont aujourd’hui le plus de vitalité pour l’homme du commun, il ne les tient pas pour des arts : films, jazz, bande dessinée » notait déjà John Dewey. Dans la philosophie de Stanley Cavell, le cinéma en vient justement à occuper une place prépondérante, qui pose explicitement le problème d’une philosophie proprement américaine. Cette innovation en termes d’objets philosophiques s’illustre encore par l’essor de divers champs ou domaines spécifiques, qui peuvent être interprétés comme autant d’approfondissements démocratiques de la philosophie. Ainsi par exemple des études de genre, des études féministes ou écoféministes. Nous proposons dans ce séminaire un balayage de ces évolutions de la philosophie américaine sous l’angle de cette nouveauté radicale et de l’ambition démocratique qui la caractérisent.

Cette nouveauté, comme fait ou revendication intellectuelle et philosophique partagée par les divers courants philosophiques américains, n’empêche qu’ils ne se soient constitués en partie également les uns contre les autres – « sauter d’une poêle à frire dans le feu, puis du feu dans une autre poêle à frire », et ainsi de suite, comme le notait avec humour Hilary Putnam. La nouveauté ne serait-elle alors que sérielle et devrait-elle se nier toujours, laissant problématique la question de l’unité de la philosophie américaine ? En réalité, son hétérogénéité ne doit pas décourager de penser l’expérience d’une pensée philosophique américaine ayant une méthode et une langue philosophiques propres. Il semble en effet difficile de postuler une philosophie américaine en perpétuel recommencement sans perdre une dimension de la philosophie elle-même. L’enjeu de ce séminaire sera d’interroger, à l’aune de différentes philosophies, ce geste du recommencement qui laisse toujours une place précaire, parfois ouvertement problématisée, et souvent encore problématique à la tradition philosophique.

26 février 2020

  • Ivory Day, doctorante rattachée à l’Institut des Sciences Juridiques et Philosophiques de la Sorbonne (ISJPS).
    "W. V. O. Quine : du naturalisme et du pragmatisme à la modalité"

25 mars 2020

  • Magali Cecchet (Paris 1, ISJPS) : De l’« Amérique » à Abya Yala : les problématiques ouvertes par les écoféminismes d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord

22 avril 2020

  • Thomas Mercier-Bellevue (Paris-Sorbonne) : La dernière nouveauté : refondation et historicité dans la philosophie américaine de l’art (Greenberg, Danto, Shusterman)

27 mai 2020

  • Pauline Blisthène (Paris 1, ISJPS) : Le réalisme ordinaire des séries télévisées

Inscription préalable obligatoire à l’adresse : Philo-Recherche@univ-paris1.fr
Site : EXeCO
Facebook : Séminaire doctoral de philosophie américaine

Le sujet de la représentation. Philosophies de l’art moderne et contemporain
mercredi
22
avril
2020
18h30 - 20h30
horaire Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Marc GOLDSCHMIT
Inscription obligatoire sur ce lien
L’art et l’esthétique ont produit un événement et peut-être un tournant dans la philosophie moderne (de Kant à Nietzsche et au-delà) en participant à la destitution du sujet. La défiguration cubiste, la dérision dadaïste, l’humour noir surréaliste, « l’ironie affirmative » des ready-mades de Duchamp et l’abstraction non figurative ont porté atteinte au sujet de la représentation, et ont déclaré le deuil d’un monde révolu, celui du sujet souverain de la vision et de la theoria.
Obligé de prendre la représentation pour sujet et de devenir autonome (pour s’affranchir notamment de l’esthétisation de la politique), l’art s’est retourné contre soi, dans la négativité critique des avant-gardes ou la dénonciation postmoderne de son aliénation. Cette histoire de l’autonomie moderne a orienté la réflexion contemporaine vers les conditions et les limites de la représentation, vers sa dimension irréductible et hyperbolique. C’est alors qu’a surgi la nécessité de laisser s’inscrire dans la représentation une effraction, un excès, un imprésentable.
La pluralité des arts, des matières-formes, des surfaces, des plans et des gestes nous expose aujourd’hui à de nouvelles responsabilités, à un renouvellement de la réflexion éthique et esthétique, elle nous pousse à nous demander quelles transformations de la sensibilité, de la pensée, de la subjectivité s’attestent dans l’art, quels bouleversements du monde y laissent leurs traces.
Dans cette perspective nous interrogerons la réflexivité de l’art et le dissentiment critique qu’il suscite (au-delà de la dimension cognitive du concept et de celle consensuelle du goût). Nous chercherons le sujet de la représentation à la croisée de la théorie critique et de la critique de la théorie, afin de penser une interface antérieure au partage des arts visuels et
des arts du spectacle, une enfance de la représentation où le théâtre et la peinture, la scène et
l’image, sont immanents l’un à l’autre. Il s’agira de décomposer les pouvoirs de la représentation pour l’ouvrir à un écart où s’exposent la naissance du sujet et la nécessité de l’art.
Programme des séances et intervenants :

  • Vendredi 28 février : Sujet et représentation entre esthétique et politique. La querelle du
    sublime à partir de Lyotard et Rancière
  • Mercredi 18 mars : Le miroir de la représentation, Foucault/Merleau-Ponty
  • Mercredi 1er avril : L’inscription de la déchirure dans la photographie, Barthes et l’énigme du
    punctum
  • Mercredi 22 avril : Marianne Massin, professeur à l’université de Paris Sorbonne :
    Expérience esthétique et art contemporain
  • Mercredi 6 mai : Théâtralité et apostasie de l’art, la déconstruction de l’esthétisation de la politique par Walter Benjamin
  • Mercredi 27 mai : Jacinto Lageira, professeur à l’université de Paris PanthéonSorbonne (Se)Représenter dans une poétique de l’action
  • Mercredi 3 juin : Carole Talon-Hugon, professeur à l’université de Paris-Est Créteil : L’art sous contrôle, nouvel agenda sociétal et censures militantes
  • Mercredi 24 juin : Le figural, la couleur, la surface, le geste, la vibration dans la peinture moderne et contemporaine : vers une matérialité sans matérialisme