| |
Philosophie Académie de Créteil
Slogan du site
Anthropologie historique de la signification
vendredi
03
février
2023
04h12 - 05h12
horaire Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 5e - salle Cavaillès (esc. C, 1er étage, droite)

Dans le cadre du séminaire "philosophie de l’art"
Organisé par Bruno Haas

Selon Hegel, la philosophie de l’art traite de la production de sens par l’être du signe même. Dans son Esthétique il a fourni une typologie des modes de la signification et de leurs produits ; on la trouve dans la partie consacrée aux « formes de l’art », appelées par Hegel symbolique, classique et romantique. Or, une analyse plus poussée de l’assise logique et sémiotique de ces formes de l’art montre qu’il s’agit, en fait, d’une forme en effet « symbolique », puis d’une forme « iconique », et enfin d’une forme que la sémiologie contemporaine n’a pas encore su dénommer, ni formaliser et que nous allons nommer « fonctionnelle » particulièrement présent en musique. La thèse hégélienne consiste à dire non seulement que l’art se réalise à travers les symboles, les images et les « fonctions », mais plutôt que l’art consiste à élaborer les effets de sens qui se produisent par l’être même du symbole, de l’image et de la « fonction ».

Par une anthropologie historique de la signification, nous entendons une approche scientifique des modalités de production de sens par l’être même des « signes ». Il nous semble que cette approche pourra renouveler notamment l’étude de ce que l’on appelle, aujourd’hui, l’art. L’étude de la production de sens par l’être même des signes s’inscrit dans l’anthropologie fondamentale et philosophique dans la mesure où il s’agit d’une production de l’homme dans un double sens. (1) l’art est produit par l’homme. (2) Mais l’homme est aussi un produit de l’art. Il se produit et se façonne à travers les dimensions de sens générées par l’être même des signes qu’il utilise. Ce renversement de la perspective est l’une des conséquences les plus spectaculaires de l’approche hégélienne, conséquence reprise par toute une série de philosophies et d’approches scientifiques, que ce soit la psychanalyse lacanienne, l’Esthétique adornienne, l’histoire de l’être selon Heidegger ou la déconstruction. Dans les études les plus avancées de l’art médiéval, cette dimension anthropologique de la production de sens est de plus en plus étudiée, notamment dans les travaux de Jean Wirth et d’autres.
Si la sémiologie a fait des progrès importants dans l’étude du symbole et de l’image, elle reste dépourvue d’une étude de ce que nous appelons ici une fonctionnalité, voire une « fonctionnalité déictique ». Pourtant, l’étude des fonctionnalités ou des « systèmes fonctionnels » reste certainement primordiale pour une science de l’art capable d’aborder les œuvres et d’en extraire. Qu’est-ce qu’un « système fonctionnel » ? Comment aborde-t-on l’analyse d’un tel système ? La méthode d’analyse d’un système fonctionnel s’appelle la déixis fonctionnelle. Notre séminaire d’anthropologie historique de la signification débutera donc par une année consacrée entièrement à la technique d’analyse déictico-fonctionnelle. L’intérêt de la déixis fonctionnelle consiste dans le fait qu’elle rend possible une approche scientifique et formalisable des objets singuliers (par exemple d’une peinture singulière dans ses effets les plus impondérables). Elle constitue dans ce sens une école du regard tout en produisant des résultats formalisables et par conséquent utilisables dans d’autres domaines. La déixis fonctionnelle a connu des applications particulièrement poussées en musicologie, et ceci probablement parce que l’analyse symbolique et iconique y promet particulièrement peu de résultats. Elle est en train de se développer actuellement dans le domaine des arts plastiques, et surtout dans celui de la peinture. L’introduction à la déixis fonctionnelle comportera donc en même temps une introduction dans les champs de son application.

I. 2022/23
La déixis fonctionnelle. Théorie et applications
Dans ce séminaire, on introduira à la théorie de la déixis fonctionnelle et à son application dans différents domaines, dont la musique, la peinture et la poésie. Certaines des séances auront lieu au musée. D’autres seront accompagnées de performances musicales, voire de lectures poétiques.

Dates prévues : le vendredi 18h-20h, salle Cavaillès

  • 28 octobre 2022
    Bruno Haas : "La deixis fonctionnelle. Concepts fondamentaux"
  • 18 novembre 2022
    Vladimir Safatle : "Formes sous tension dans Lulu (A. Berg) : L’insoumission et sexuation des corps aux années 30"
    Le public est invité à se familiariser par avance avec l’opéra de Alban Berg Lulu dont on peut trouver des enregistrements sur l’internet
  • 9 décembre 2022
    Bruno Haas : "Deixis fonctionnelle, suite. Introduction à la formalisation d’effets picturaux"
    Il sera question notamment de la description des systèmes chromatiques, étudiée d’abord dans un tableau de Nicolas Poussin au Louvre (Eliézer et Rébecca, 1658)

3 février 2023
24 février 2023
31 mars 2023
Les dates des séances supplémentaires au Louvre seront communiquées par la suite.
INSCRIPTION

Séminaire « Race et Culture : Questionnements philosophiques »
vendredi
03
février
2023
16h00 - 18h00

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103, CNRS-Paris 1)

Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne

La première séance du séminaire « Race et Culture : Questionnements philosophiques » aura lieu le vendredi 25 novembre, de 16h à 18h, en ligne.

Jean-Godefroy Bidima (Tulane University) donnera une conférence intitulée « Itinéraires d’un philosophe allemand en temps d’Apartheid : les critiques de Gerhard A. Rauche (1920-2003) ».

Le séminaire est ouvert à tous, après inscription préalable à l’adresse suivante :
https://evento.univ-paris1.fr/survey/seminaire-race-et-cu...-rajbc4lh

Le programme annuel et l’argument du séminaire sont disponibles sur la page web du séminaire : : https://nosophi.hypotheses.org/vie-scientifique/seminaire-race-et-culture-questionnements-philosophiques

https://philosophie.pantheonsorbonne.fr/evenements/race-et-culture-questionnements-philosophiques-1


Programme

Organisatrices : Magali BESSONE (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Sophie GUÉRARD DE LATOUR (ENS Lyon) et Jamila MASCAT (Utrecht Univ.)

En 2022-2023, les séances se tiendront le vendredi de 16h à 18h essentiellement à distance sauf indication contraire.

L’inscription est obligatoire selon les indications précisées pour chaque séance.

  • 25 novembre
    Jean-Godefroy Bidima (Tulane University) :
    « Itinéraires d’un philosophe allemand en temps d’Apartheid : les critiques de Gerhard A. Rauche (1920-2003) »
  • 9 décembre
    Elsa Dorlin (Université de Toulouse) :
    « Race contre classe »
  • 27 janvier - séance hybride
    En présence, salle de la BIS, Centre Sorbonne 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
    Léora Auslander (Chicago University) :
    « Une nouvelle conceptualisation des études de race : le Département de “Race, Diaspora, and Indigeneity” à l’Université de Chicago »
  • 3 février
    Ernest-Marie Mbonda (Université catholique d’Afrique centrale) :
    « L’afrocentricité est-elle un “racisme antiraciste” ? »
  • 24 mars
    Mickaella Perina (University of Massachusetts) :
    TBA
  • 7 avril
    Mickaelle Provost (Dalhousie University) :
    « Anna Julia Cooper, W. E. B Du Bois et l’existentialisme noir »
  • 26 mai - séance hybride
    En présence, salle 13 Centre Lourcine, 1 rue de la Glacière 75013 Paris
    Souleymane Bachir Diagne (Columbia University) :
    « Tribus, races, humanisme »

23 juin - séance hybride
Ens, Lyon
« Empires et impérialismes »

Yann Allard-Tremblay (McGill University) : « Consolation et Réconciliation : une voie depuis la blanchité vers l’humanité »

Mohamed Amer Meziane (Brown University) : « La race, le ciel et la terre. L’impérialité coloniale entre spectralité et dissémination »

Ann Stoler (New School) : « Le travail de la philosophie : sur le terrain impérial »